Le ministre des solidarités et de la santé a présenté une communication relative au COVID-19.

Au plan international, 106 pays recensent désormais des patients infectés par le COVID-19. Seulement 70 % des cas se trouvent aujourd’hui en Chine, en raison d’un ralentissement très fort de l’épidémie dans ce pays et d’une émergence rapide de cas positifs dans le reste du monde.

Avec plus de 9 000 cas recensés, l’Italie a dépassé la Corée du Sud et l’Iran, et affiche non seulement le plus grand nombre de patients atteints après le Chine, mais aussi la plus forte incidence mondiale, devant la Chine.

Le taux de décès liés à l’infection au coronavirus s’élève, dans l’état des données actuellement disponibles, à 3,5 % dans le monde, et même à 5 % en Italie. La préservation de la capacité du système de santé à bien prendre en charge les patients est un objectif majeur de la gestion de crise, d’où la mise en oeuvre dans l’ensemble des pays touchés de mesures de freinage de la propagation du virus.

Au plan national, la France comptait au 10 mars, 1 784 cas de COVID-19 sur son territoire, en hausse de 374 cas en 24 h. 33 patients sont décédés de cette infection à ce jour.

De nombreux cas sont groupés et localisés dans 9 regroupements : Oise, Haut-Rhin, Haute-Savoie (deux regroupements), Morbihan, Corse, Aude, Calvados et retour d’un voyage collectif en Egypte. Pour les trois quarts des cas confirmés, les chaines de transmission ont été identifiées.

Le stade 2 est déclaré depuis le 28 février 2020, ce qui signifie que le virus circule activement dans certaines zones de notre territoire, de manière différenciée, et qu’il est encore temps de freiner sa propagation par des mesures ciblées et générales de réduction de la vie sociale, dans le but d’atténuer l’impact sanitaire sur la population, de préparer la médecine de ville à la gestion de l’épidémie et de prévenir la saturation des capacités des hôpitaux.

C’est dans l’objectif de freiner l’épidémie que les mesures de gestion ont été graduellement renforcées par le Président de la République et le Gouvernement. Sur le territoire national, tous les rassemblements de plus de 1 000 personnes, en milieu ouvert comme en milieu confiné, sont interdits à l’exception des évènements indispensables à la continuité de la vie de la Nation comme les élections municipales à venir.

De manière localisée, dans les territoires où le virus circule activement, des mesures complémentaires peuvent être prises par l’État, comme la fermeture temporaire des écoles et des crèches ou l’interdiction renforcée des rassemblements. Dans l’Oise et le Haut-Rhin, où des cas sont observés en grand nombre, ces mesures concernent l’ensemble du département. Enfin, toute la population est régulièrement invitée à observer, à l’échelle de chaque individu, les mesures barrières, qui sont efficaces et protègent, en particulier le lavage régulier des mains et le fait d’éviter de se serrer la main.

Un conseil scientifique sera réuni jeudi 12 mars par le Président de la République et le ministre des solidarités et de la santé pour éclairer les scénarios de propagation du virus à venir et proposer des préconisations sur les mesures de freinage et de gestion. Le Président de la République et le Gouvernement ont par ailleurs échangé sur la préparation active du système de santé à un passage en phase épidémique. Les 138 hôpitaux de la filière COVID-19 et les centres 15 sont aujourd’hui en première ligne. Ils sont d’ores et déjà renforcés en personnel pour gérer la hausse des prises en charge et des appels, et ont actionné leurs plans de mobilisation interne pour libérer des lits.

Les professionnels de santé libéraux sont également en phase de préparation active, et assurent déjà directement la gestion des malades dans certains territoires. Des travaux sont en cours dans l’ensemble des régions avec les représentants des acteurs de ville pour arrêter l’organisation des filières de prise en charge COVID-19, en s’appuyant notamment sur l’outil de la télémédecine dont les conditions de remboursement viennent d’être assouplies. De même, les acteurs du domicile et du médico-social sont régulièrement réunis en vue d’anticiper la phase épidémique. Des fiches de conduite à tenir seront prochainement diffusées.

En ce qui concerne les entreprises, l’éducation et les transports : une foire aux questions et des mesures spécifiques ont été rédigées pour les salariés, les employeurs, les familles et les citoyens, pour que chacun sache quand et comment adapter son activité professionnelle et son mode de vie à cette nouvelle dimension de l’épidémie.

Au regard de l’impact prévisible du COVID-19 sur l’activité économique et de la déstabilisation des places financières observée, le Président de la République et le Gouvernement ont détaillé la batterie de mesures destinée à soutenir les entreprises et les salariés : report de charges sociales, dégrèvements d'impôts, renfort de la BPI pour soutenir la trésorerie, renforcement du recours au chômage partiel et solidarité économique dans l’exercice de la commande publique.

Le ministère des solidarités et de la santé est appelé à poursuivre, avec la même transparence, la tenue d’un point presse quotidien sur l’évolution de la propagation du coronavirus. Les Français peuvent se référer régulièrement au site du Gouvernement dédié au coronavirus, où ils peuvent disposer en continu d’une information fiable, mise à jour et vérifiée.

Un échange entre les chefs d’État et de Gouvernement a eu lieu hier après-midi en visioconférence. Cet échange a permis d’acter plusieurs points : la tenue d’un appel quotidien entre les ministres de la santé pour coordonner les informations et les mesures sanitaires, la mise en place d’un comité scientifique composé des meilleurs épidémiologistes et placé auprès de la Commission européenne pour que toutes les décisions soient fondées sur des avis scientifiques, un état des lieux précis des besoins et capacités de production européens sur les équipements essentiels (masques, respirateurs) afin de renforcer les moyens et d’organiser la solidarité européenne, un renforcement de l’effort de recherche sur un vaccin européen (plus de100 M€ annoncés par la Commission) et la mise en place de flexibilités sur les règles budgétaires, en matière d’aides d’État et de régulation bancaire, ainsi qu’un engagement à mettre en place dans la durée toutes les mesures nécessaires pour soutenir nos économies. La Commission renforcera et précisera les mesures de flexibilité lundi prochain.

Une définition de la doctrine d’utilisation des masques est en cours de finalisation permettant d’assurer une mobilisation des différents professionnels de santé de concernés en leur assurant une protection adéquate.