Le ministre des affaires étrangères et du développement international, le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique, la ministre de la culture et de la communication, le secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger et la secrétaire d’Etat chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire ont présenté une communication relative au tourisme.
 
1/ L’attentat de Nice met en péril la fragile reprise constatée après les attaques de 2015 en Ile-de-France, avec un recul de la fréquentation qui s’estompait progressivement depuis le début de l’année à l’échelle du pays, et un effet positif de l’Euro 2016. Outre les attentats, plusieurs facteurs tels que les intempéries, les inondations, l’incertitude sur les effets du « Brexit » ou encore les mouvements sociaux du printemps ont affecté la fréquentation touristique en France au printemps.
 
2/ Après l’attentat de Nice, le Gouvernement a immédiatement mobilisé les outils existants. Ainsi la cellule de continuité économique a été réunie à Paris puis à Nice. Des mesures de soutien similaires à celles prises en novembre 2015 ont aussi été annoncées : dispositifs relatifs à l’activité partielle, l’étalement des cotisations fiscales et sociales et interventions de Bpifrance en matière de trésorerie et de financement.
 
Le réseau de correspondants tourisme dans les ambassades a été immédiatement mobilisé pour relayer des informations précises sur la réalité des conditions de séjour touristique en France et faire corriger les indications parfois exagérément alarmistes sur les sites de conseils aux voyageurs.
 
Atout France a élargi le champ de son action de relance à toutes les régions désormais concernées, au-delà de la seule Ile-de-France, et mobilisé 500 000 euros à cette fin. Cette action complète le plan de relance de 1 million d’euros confié par l’Etat à Atout France après les attentats de 2015 et ciblant 16 marchés prioritaires représentant 83 % de la fréquentation internationale avec des actions de « e-réputation ». Une campagne de communication sur les grandes expositions et les manifestations « phares » qui se dérouleront à Paris et en Ile-de-France, de janvier à juin 2017, sera aussi conduite.    
 
S’agissant des événements culturels, la sécurité des festivals a été réexaminée par les préfets au cas par cas postérieurement à l’attentat de Nice. A l’exception de certains évènements dans les Alpes-Maritimes, aucun festival d’été n’a été annulé en France, et certains ont même augmenté leur fréquentation. Les acteurs culturels, publics comme privés, sont pleinement mobilisés pour assurer la sécurité de lieux et événements culturels. Des mesures spécifiques ont été prises par le Gouvernement, à travers la nomination du préfet Hubert Weigel en charge de la sécurité des manifestations culturelles, la création d’emplois afin de renforcer la sécurité des principaux sites touristiques et enfin l’avance de 7 M€ supplémentaires au profit du fonds d’urgence pour aider les entreprises du spectacle vivant. En 2017, le fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) prendra en charge une partie des investissements de sécurité, notamment pour les établissements publics culturels accueillant majoritairement des touristes français et étrangers.
 
3/ Ces mesures seront complétées dans les mois qui viennent. Seul un effort massif et visible consacré à la sécurisation des principaux sites touristiques, principalement dans le domaine des transports et de la culture, permettra de rétablir la perception que les touristes ont de la France. Cette politique aura un coût qui ne pourra pas être assumé par les seuls opérateurs économiques, qui ont déjà consenti des efforts significatifs. Dans ce contexte, le Gouvernement a fait des propositions dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA III) pour équiper les sites de dispositifs à la fois très innovants et permettant d’optimiser le parcours touristique.
 
4/ Au-delà de ces enjeux de court terme, la France conserve des atouts inestimables qui en font la première destination mondiale avec 85 millions de visiteurs en 2015. L’objectif du Gouvernement est de conforter cette position et d’atteindre la cible de 100 millions de touristes étrangers par an en 2020. Le travail de fond très ambitieux entrepris depuis deux ans pour rehausser la qualité de l’offre touristique et promouvoir l’attractivité touristique de la France sera ainsi amplifiée.
 
A cette fin, le comité interministériel du tourisme qui se tiendra en octobre et la conférence annuelle du tourisme qui sera organisée en novembre afin de réunir les professionnels du tourisme et les collectivités territoriales concernées devront accélérer les chantiers lancés en 2015 sur les thèmes suivants :
 
- structuration de l’offre touristique autour d’un nombre limité de destinations et de filières d’excellence ;
- travail sur l’amélioration de l’accueil, avec un effort particulier sur les transports et la détaxe ;
- prise en compte systématique des enjeux du numérique par la profession avec l’aide de l’Etat dont l’opérateur, Atout France, met en place une stratégie numérique dédiée ;
- travail sur l’offre de formation dans tous les métiers du tourisme ;
- actions relatives aux investissements dans les infrastructures touristiques et le parc hôtelier, sur tout le territoire.
 
Un premier colloque sur le tourisme culturel sera organisé, en décembre 2016, au cours duquel la stratégie ministérielle en faveur du tourisme culturel sera présentée. La mobilisation de tous les acteurs sera un élément essentiel, notamment les régions dont les vice-présidents chargés du tourisme ont été réunis le 5 juillet par le Gouvernement.
 
En dépit des difficultés actuelles, l’ambition touristique de la France demeure intacte, et les actions destinées à atteindre les objectifs seront renforcées. Le Gouvernement restera, dans les semaines à venir, entièrement mobilisé sur tous les chantiers de promotion de l’attractivité touristique de la France, aux côtés des professionnels du tourisme.