La ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique et le secrétaire d’Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche ont présenté une communication relative à la France logistique 2025.
 
Il s’agit d’une mobilisation nationale en faveur d’une logistique durable et compétitive.
 
Depuis l’adoption de la loi du 28 mai 2013 portant diverses dispositions en matière de transport, le Gouvernement travaille à l’amélioration de la performance de la chaîne logistique au service du développement économique et de la transition énergétique. Dans le cadre des travaux de la Conférence nationale sur la logistique du 8 juillet 2015, qui avait été préparée lors de la conférence environnementale de 2014, l’ensemble des parties prenantes ont identifié les enjeux et les mesures concrètes à mettre en œuvre, autour d’une stratégie nationale « France logistique 2025 ».
 
Le conseil stratégique de l’attractivité présidé par le Président de la République, le 22 mars, y a fait largement référence.
 
1. Climat et transition énergétique 

Selon l'Agence internationale de l'énergie, le secteur du transport contribue pour plus de 20 %, aux émissions mondiales de CO².
 
Soutenu par 50 gouvernements avec la société civile et les entreprises, le Plan d'action mondial pour un fret respectueux de l'environnement a été annoncé au sommet de l'Organisation des nations unies sur le climat en septembre 2014. Lors de la COP 21, il a été inscrit dans l’agenda des solutions. Il vise à harmoniser des programmes de fret respectueux de l'environnement et à en améliorer l'efficacité en carburant, pour protéger la santé publique et stimuler l'innovation dans la chaîne d'approvisionnement mondiale du transport de fret. Il est coordonné par la Coalition pour le climat et la qualité de l'air.
 
Pour réussir en France la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat et réaliser les objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte en matière de transport, la modernisation de la chaîne logistique, du producteur au consommateur, constitue  un levier important. Il s’agit de diminuer l’empreinte carbone des activités de transport de marchandises et leurs émissions polluantes, de promouvoir de nouveaux modèles économiques comme l’économie circulaire et les circuits courts d’approvisionnement.

Pour répondre à ces défis, le Gouvernement se place au côté des entreprises :
 
- le programme d’investissement d’avenir a permis de lancer un premier appel à projet en 2015 en faveur de l'innovation dans la logistique et l'intermodalité ;
- une seconde consultation sera lancée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) avant la fin du mois de mars, en lien avec la fédération nationale des transporteurs routiers, pour la mise en place de stations et de flottes de poids lourds fonctionnant au gaz naturel véhicules (GNV) ;
- un dispositif de soutien visant à aider les transporteurs à réduire leur impact environnemental est mis en place, financé par les certificats d’économie d’énergie ;
- le transport combiné, qui limite les kilomètres parcourus par la route au bénéfice du fer, est soutenu depuis l’an dernier par le fonds de financement de la transition énergétique ;
- la loi de transition énergétique pour la croissance verte a introduit la stratégie de développement de la mobilité propre, annexée à la programmation pluriannuelle de l’énergie : elle prévoit le déploiement d’infrastructures de carburants alternatifs sur l’ensemble du territoire national, notamment dans les ports (points de charge électriques, bornes GNV, hydrogène, biocarburants). 

2. Numérique 

La logistique doit profiter des avancées introduites par les nouvelles technologies. Dans un contexte de forte concurrence entre les entreprises et avec les pays voisins, et face aux mutations engendrées par la révolution numérique dans la gestion des flux, la France dispose d’atouts importants : des entreprises innovantes, des infrastructures de qualité, une façade maritime conséquente, un savoir-faire et des compétences solides.
 
3. France logistique 2025 

Le Gouvernement se fixe l’ambition de faire de la logistique française une référence dans le concert mondial des échanges et du commerce, et retient quatre objectifs :
 
1. faire de la France l’un des cinq leaders mondiaux de la logistique ;
2. favoriser la transition énergétique et les nouveaux modèles économiques pour promouvoir une chaine logistique durable et exemplaire ;
3. valoriser les atouts humains, physiques et immatériels de la France ;
4. préparer l’avenir de la logistique dans le cadre de la transition numérique.
 
Pour y répondre, le Gouvernement lance la stratégie « France Logistique 2025 », avec notamment pour objectifs :
 
- le renforcement de la communication auprès des investisseurs étrangers et des entreprises françaises exportatrices ;
- la fluidification des portes d’entrée portuaires et aéroportuaires du territoire ;
- le renforcement des réseaux d’infrastructures européens. 

La stratégie a également pour objectifs de favoriser les bonnes pratiques avec la mise en place d’un référentiel « Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) » commun et partagé, d’améliorer la lisibilité des formations pour les adapter aux besoins des entreprises, enfin de proposer un programme de simplification dans le cadre du programme gouvernemental de simplification.
 
4. Développement économique 

La dynamique collective initiée par la Conférence nationale du 8 juillet 2015 sera poursuivie avec l’ensemble des acteurs économiques, sociaux et des territoires en faveur d’une logistique performante et durable. Elle a pour ambition de construire, avec ces acteurs, les partenariats nécessaires à la mise en œuvre d’actions communes, au vu des pistes de progrès identifiés dans le cadre de la stratégie « France Logistique 2025 ».
 
La logistique est un facteur déterminant de la compétitivité de l’économie française, qui représente 10 % du produit intérieur brut national, 200 milliards de chiffres d’affaires annuel et un secteur qui compte 1,8 millions d’emplois (en comptant les emplois supports). Sa performance est vitale pour le fonctionnement de la société française et de l’économie nationale à l’échelle des territoires et au-delà de ses frontières.
 
Une instance de concertation dédiée, comprenant des représentants du Parlement, de l’Etat, des exécutifs territoriaux et des acteurs socio-économiques, s’appuyant sur un observatoire de la logistique et sur un nouveau comité de filière, constituera le cadre de dialogue de « France Logistique 2025 ». La mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur, chacun à son échelle, permettra de relever ensemble le défi d’une organisation de la logistique à la fois plus vertueuse et plus compétitive.