La ministre de la culture et de la communication a présenté une communication relative aux festivals.
 
La France est riche de plus de trois mille festivals qui se tiennent chaque année, dans tous les domaines (qu'il s'agisse de spectacle vivant, de littérature, de cinéma, etc.), et témoignent de la vitalité et de sa diversité artistique et culturelle. Si certains de ces festivals sont pluridisciplinaires, la plus grande partie d’entre eux est spécialisée dans une discipline artistique (théâtre, danse, musique, etc.), une esthétique ou une expression artistique particulière (jazz, hip-hop, marionnettes, arts de la rue, nouveau cirque, jeune public). Aujourd’hui, la musique est en tête de l’activité festivalière en nombre de manifestations et en montants de financement.
 
Les festivals sont des vitrines inestimables pour la création. Vecteur de diffusion de la culture et de découvertes, ils permettent au public d’accéder à des artistes confirmés tout autant qu'à de jeunes artistes, ou créateurs en devenir, qui y trouvent une opportunité de se faire connaître et des conditions de diffusion plus souples que dans les programmations annuelles.
 
Mais les festivals sont par ailleurs des lieux de démocratisation culturelle, de participation et d’appropriation de la culture par le plus grand nombre, objectifs majeurs de la politique culturelle du Gouvernement.
 
Ils sont enfin à l’origine de retombées économiques directes (engagées par le festival sur le territoire) et indirectes (résultant des dépenses des visiteurs à l’occasion des représentations). Au total, pour 1 € investi dans un festival, les retombées économiques pour le territoire sont comprises entre 3 € et 10 €. Avec une fréquentation globale de 2,5 à 3 millions de personnes, en progression entre 2013 et 2014, ils sont aussi un puissant facteur d’attraction touristique, avec une saisonnalité marquée pendant les mois d’été.
 
Si les festivals sont financés par des fonds privés et publics, ce sont majoritairement les collectivités territoriales, depuis le développement des politiques culturelles locales des trente dernières années, qui les soutiennent.
 
De son côté, l’État apporte son concours à quelque 160 manifestations de spectacle vivant et à 400 manifestations littéraires pour un montant total de 23 millions d’euros. Compte tenu de la maturité des politiques culturelles des collectivités, l’État a poursuivi depuis 10 ans un objectif de concentration de sa présence financière dans les seuls festivals à dimension nationale et internationale, ou dans ceux qui développent une politique d'éducation artistique et culturelle de long terme.

Certains festivals ont récemment rencontré des difficultés financières. Ce constat de fragilisation mérite néanmoins d’être nuancé : en 2014, si le Centre national de la chanson, de la variété et du jazz a recensé la disparition de 51 festivals de musiques actuelles, il a également enregistré, dans le même temps, la création de 44 nouvelles manifestations. On observe par ailleurs un moindre désengagement financier des collectivités s’agissant des manifestations littéraires.
 
Les raisons de disparitions des festivals sont multiples. Certaines sont liées à des choix de politique locale assumés, d’autres sont le fait de difficultés propres aux festivals, à leur niveau de structuration, leur programmation, leur billetterie.
 
Dans ce contexte, M. Pierre Cohen s’est vu confier une mission visant à établir la réalité des problèmes rencontrés et à éclairer les pouvoirs publics sur les solutions qui peuvent être apportées. Il rendra ses conclusions en septembre prochain.