La compétitivité du secteur agroalimentaire

Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt a présenté une communication relative à la compétitivité du secteur agroalimentaire.
 
Le secteur agroalimentaire français est le premier secteur manufacturier en termes d’emplois, avec 426 000 salariés, et de chiffre d’affaire, avec 165 milliards d’euros. Il est un vecteur de promotion à l’international des modèles agricole et alimentaire français, comme le démontre le succès du Salon international de l’alimentation (SIAL), qui se tient cette semaine et qui rassemble 6 300 exposants de 150 pays.
 
S’il a été moins touché que d’autres par la crise de 2008, le secteur souffre cependant, face à une vive concurrence internationale, d’un déficit de compétitivité. Les mesures du Pacte de responsabilité et de solidarité apportent une réponse adaptée à la diversité du secteur. En effet, celui-ci comprend tant des « champions » internationaux, que des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises (PME), et recouvre une gamme de produits très variés, qui doivent suivre de près l’évolution des modes de consommation. Ainsi, les allègements de charges peuvent permettre, selon les cas, les stratégies de croissance et de création d’emplois, d’investissement, de modernisation ou d’innovation, de conquête de parts de marché à l’export, ou de résistance face à la concurrence.
 
78 % de la masse salariale du secteur est concernée par le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, ce qui place l’agroalimentaire juste derrière la restauration, la construction et le transport. Au total, l’impact des différentes mesures se traduit par un allégement supplémentaire de charges de 431 millions d’euros en 2014 par rapport à 2012. En 2017, les allègements de charges représenteront 1,1 milliards d’euros de plus qu’en 2012. Dans le contexte du Pacte de responsabilité et de solidarité, le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social ont mis en place le 14 octobre un comité de suivi de l’emploi dans les secteurs agricole et agroalimentaire, pour suivre la mise en œuvre des engagements réciproques et la concrétisation des accords signés dans ces secteurs depuis 2012. Parmi eux, le chantier en cours de finalisation sur la qualité de vie au travail est considéré, par la filière alimentaire, comme un important levier de compétitivité.
 
Le secteur agroalimentaire français, qui transforme 70  % de la production agricole française, bénéficiera de l'amélioration des performances de l'amont agricole. Par exemple, la mobilisation des crédits communautaires, de l’État et des collectivités dans le cadre du plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles, doté de 200 millions d’euros par an à partir de 2015, ou les mesures d’accélération des procédures de création d’installations classées dans le domaine de l’élevage engagées depuis un an, renforceront la compétitivité des exploitants agricoles.
 
En outre, sur la période 2015-2017, le secteur agricole et agroalimentaire bénéficiera d’une enveloppe dédiée de 120 millions d’euros de subventions pour accompagner les innovations technologiques et les investissements s’inscrivant dans les stratégies d’avenir des filières. En parallèle, sera lancé début 2015 un appel à projets doté de 20 millions d’euros pour concevoir de nouveaux aliments adaptés aux régimes alimentaires spécifiques (seniors, enfants, sportifs…). C’est l’une des 5 priorités du plan industriel agroalimentaire, dans le cadre des 34 plans de la Nouvelle France industrielle.
 
La compétitivité passe aussi par la simplification. Au-delà des mesures transversales qui bénéficieront au secteur (démarche « dites-le nous en une fois » ; simplification de la feuille de paye), le Gouvernement a tenu compte des préoccupations de la filière agroalimentaire sur la mise en œuvre du dispositif signalétique informant le consommateur des consignes de tri (TRIMAN).
 
La mise en œuvre de la loi relative à la consommation du 17 mars 2014, avec la publication des décrets relatifs au  dispositif de sanction et à la mise en œuvre d’une clause obligeant les acteurs à prendre en compte la volatilité des prix des matières premières agricoles et alimentaires, permettra un meilleur encadrement  et une plus grande transparence des relations avec la grande distribution, ce qui contribue également à la compétitivité du secteur.
 
Enfin, le Gouvernement continuera à accompagner le secteur à l’export, via la finalisation de la dématérialisation des procédures de certification à l’export, et par la rationalisation de l’accompagnement à l’export effectué par SOPEXA et UBIFRANCE. Ainsi un « fédérateur » pour l’export agro-alimentaire, qui assure l’interface entre les entreprises et les opérateurs, a été désigné début octobre. Le Gouvernement a également mis en place depuis un an un dispositif spécifique d’appui personnalisé à l’export dans la durée des PME de l’agroalimentaire, avec des prêts de développement export à des conditions très avantageuses, des soutiens en garantie du développement export via la COFACE, et un dispositif d’accompagnement personnalisé assuré par Bpifrance. Ce dispositif, qui visait l’accompagnement de 250 entreprises, a déjà touché 120 PME. Le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt renforcera ce dispositif d’accompagnement personnalisé en s’appuyant sur les conseillers du commerce extérieur de la France et Ubifrance.
 
L’ensemble de ces dispositifs est mis en œuvre dans le cadre du contrat filière signé en juin 2013 par tous les acteurs de la filière alimentaire et les pouvoirs publics.