Déclaration du Premier ministre Jean Castex - Mesures contre la Covid-19

Ce contenu a été publié sous le gouvernement du Premier ministre, Jean Castex.

Publié 17/12/2021

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Mes chers concitoyens, Mesdames et Messieurs,
À la suite du conseil de Défense sanitaire qui vient de s’achever sous l’autorité du président de la République, je veux ce soir partager avec vous un point de situation sur l’évolution de la 5ème vague qui frappe notre pays, sur l’arrivée du variant Omicron qui nous menace à brève échéance, sur la campagne de vaccination qui se déploie massivement et doit encore s’amplifier, sur les mesures enfin que cette situation appelle tant pour les fêtes de fin d’année que dans la perspective du début de l’année prochaine.
La cinquième vague Delta est là et bien là, en France comme dans l’ensemble de l’Europe. Elle continue de fortement nous toucher, avec plus de 50 000 cas par jour même si elle semble se rapprocher de son point culminant. Pour autant, elle se traduit déjà par des tensions fortes sur nos structures hospitalières qui ont quasiment toutes déclenché leur plan blanc, à un moment où d’autres pathologies sont très présentes et où nos équipes soignantes sont éprouvées et fatiguées. Je me rends auprès d’elles très régulièrement pour leur manifester le soutien inconditionnel de la Nation.
A cette situation s’ajoute l’arrivée du variant Omicron. Il se diffuse à une vitesse fulgurante autour de nous en Europe, avec un nombre de cas qui double tous les deux à trois jours. Si nous recensons déjà en France plusieurs centaines de cas, nous pensons que ce variant va se diffuser très rapidement au point de devenir dominant dès le début de l’année 2022, comme il l’est déjà au Royaume-Uni avec plus de 90 000 cas recensés aujourd’hui.
C’est pour cette raison que précisément nous avons décidé de nouvelles mesures de restrictions et de contrôles pour les personnes qui arriveront sur notre territoire en provenance de Grande-Bretagne, à compter de demain.
Nous ne connaissons encore pas tout de ce variant. Si sa vitesse de propagation apparaît beaucoup plus élevée, il ne semble pas plus dangereux que le Delta et les données dont nous disposons indiquent qu’une couverture vaccinale complète avec la dose de rappel nous protège bien contre les formes graves de la maladie.
Il n’empêche qu’une nouvelle vague de contaminations arrive alors même que nous sommes déjà à un niveau très haut et que, je l’ai dit, nos hôpitaux sont déjà sous très forte pression et le resteront dans les semaines à venir.
Pour mieux nous préparer et nous protéger, nous devons donc prendre de nouvelles dispositions.
D’abord pour limiter au maximum les risques de contamination à l’occasion des fêtes de fin d’année.
Car cette vague survient au moment de Noël, un moment de retrouvailles en famille tant attendu par nos concitoyens, après une année une nouvelle fois éprouvante.
Après 20 mois de vie avec le virus, les Français en connaissent les modes de transmission et savent donc comment s’en protéger.
Cela passe bien entendu par le respect strict des gestes barrières que les Français connaissent par cœur : porter le masque, éviter les embrassades, aérer régulièrement les lieux clos car plus vous aérez, plus vous chassez le virus.
Cela passe par une recommandation simple que notre Conseil scientifique rappellera dans un avis publié demain : plutôt qu’un nombre précis – 6, 8 ou 10 –, appuyons-nous sur un principe de bon sens : moins on est nombreux, moins on prend de risque.
Que ce soit à la maison, dans un restaurant, une salle des fêtes ou un bar : évitons les grandes fêtes, les grands rassemblements ou les grands dîners dont on a vu ces derniers jours en Norvège et au Danemark à quel point ils pouvaient créer des clusters incontrôlables de diffusion virale.
Nous faisons confiance à la prudence et à l’esprit de responsabilité des Français. Il s’était déjà manifesté à Noël et au nouvel an derniers et avait déjoué les pronostics.
Par ailleurs, et c’est un élément fondamental pour limiter les risques, j’invite chacune et chacun, vaccinés ou pas, à se tester dans les heures précédents ces moments de fête. Il peut s’agir d’un test PCR, d’un test antigénique mais aussi tout simplement d’un autotest, très faciles d’utilisation.
Pour ce qui concerne les grands rassemblements et événements en extérieur, notamment le soir du 31 décembre, les préfets interdiront les regroupements sauvages, la consommation d’alcool sur la voie publique et inviteront les municipalités à renoncer à l’organisation de grands rassemblements sur la voie publique, notamment les feux d’artifice ou les concerts, particulièrement quand ils se traduisent par de fortes concentrations et ne permettent ni distanciation ni respect des gestes barrières.
Dans cet esprit, car nul n’ignore que le mois de janvier est celui consacré aux vœux, j’en appelle à la responsabilité de tous, pour trouver d’autres modalités que de grands rassemblements et d’éviter en tout état de cause les moments de convivialité qui y sont traditionnellement attachés.
Ces mesures viennent compléter la fermeture des discothèques et l’interdiction des soirées dansantes dans les bars et restaurants : elles sont dures et je comprends la frustration de devoir se limiter dans ces moments festifs, mais elles sont indispensables et nous les devons à nos soignants.
Depuis près de 2 ans, nos soignants se battent pied à pied contre le virus, contre ces vagues successives et ce sentiment d’un combat sans fin. Ils sont nos héros, et nous leur devons beaucoup. Nous leur devons d’abord notre reconnaissance pour leur engagement pendant les fêtes, puisqu’ils continueront sans relâche d’être sur le pont. A cet égard, la rémunération des heures supplémentaires réalisées à l’hôpital sera multipliée par deux à compter de lundi prochain, et nous avons demandé aux professionnels de ville de se mobiliser pour assurer la permanence des soins pendant cette période. Des mesures seront également déployées pour les services d’urgence.
Mais ce que nos soignants attendent de nous, c’est que nous soyons prudents et surtout, surtout, que nous nous vaccinions, car aujourd’hui encore près de 6 millions de personnes ne sont toujours pas vaccinés.
Ce n’est plus possible. Pour faire face au virus Delta comme au variant Omicron, notre meilleure arme, notre seule arme, en réalité, c’est la vaccination, et la vaccination avec 3 doses désormais.
Les premières données scientifiques dont nous disposons sont très claires. Avec deux doses, le vaccin semble efficace à 70% contre les formes graves d’Omicron, ce qui est déjà très important. Avec trois doses, cette barrière de protection augmente fortement et dépasse de nouveau les 90%.
Aussi, pour gagner cette course de vitesse contre le variant, nous allons encore accélérer la campagne de vaccination. Nous avons déjà franchi ces derniers jours des records, avec plus de 950 000 vaccins réalisés aujourd’hui – un record ; plus de 17 millions de Français déjà pleinement protégés et 25 millions le seront d’ici la fin d’année. Nous nous fixons un objectif plus volontariste encore pour les semaines à venir. Nous avons les doses. J’ai demandé au ministre des solidarités et de la santé, en lien avec tous ceux qui font cette campagne depuis de longs mois – élus, professionnels de santé, bénévoles, étudiants –, d’organiser ces prochains jours les conditions de cette mobilisation exceptionnelle, et l’Etat mobilisera des militaires formés à cet effet.
L’accès au rappel sera en outre facilité. Les autorités scientifiques nationales et européennes nous recommandent d’anticiper encore la possibilité de recevoir sa dose de rappel. Dès le 3 janvier, ce rappel sera possible dès que l’on aura passé le délai de 4 mois et non plus de 5 mois, pour faire son rappel.
Alors que nous avons laissé du temps, beaucoup de temps, à ces Français qui avaient des hésitations et des doutes, nous renforcerons en janvier l’incitation à la vaccination. Parce qu’il n’est pas admissible que le refus de quelques millions de Français de se faire vacciner mette en risque la vie de tout un pays et entame le quotidien d’une immense majorité de Français qui a joué le jeu depuis le début de cette crise, nous avons décidé avec le Président de la République qu’un projet de loi sera soumis au Parlement début janvier, notamment pour transformer le pass sanitaire en pass « vaccinal » et durcir les conditions de contrôles et de sanction contre les faux pass.
Désormais, seul la vaccination sera le valable dans le pass.
Je procéderai en début de semaine prochaine aux concertations préalables sur ce projet, ainsi que sur toute autre disposition utile pour étendre au maximum la vaccination. Nous assumons de faire peser la contrainte sur les non vaccinés, car les services de soins critiques et de réanimation sont remplis pour l’essentiel de personnes non vaccinées.
Parallèlement, nous amplifierons les démarches dites « d’aller vers » en direction des populations non vaccinées et qui ont pu passer à côté de la vaccination par méconnaissance ou parce qu’elles sont les plus éloignées du système de soins.
Vous l’avez compris : même si nous sommes face encore à une part d’inconnu sur les effets de ce variant Omicron, le devoir du Gouvernement est d’anticiper et de préparer le pays à cette nouvelle menace. Ralentir et lisser la vague épidémique Omicron, que les scientifiques nous prédisent comme exponentielle, sont deux objectifs que nous devons nous fixer pour limiter son impact.
Mes chers concitoyens, Mesdames et Messieurs, je partage avec vous une situation que nous aurions souhaitée différente. Je partage avec vous qu’elle peut créer de la lassitude. Mais je partage aussi avec vous que la vaccination nous permet de nous armer face à cette nouvelle menace, sous réserve que nous soyons ensemble le plus vigilant possible ces prochaines semaines.
Par rapport à d’autres pays, nous avons pris de l’avance dans la lutte contre le virus ; nous devons la conserver et nous adapter, comme nous avons toujours su le faire, à l’évolution des variants. Nous devons tout faire pour éviter le recours aux mesures contraignantes que nous avons connues lors des phases antérieures.
Je sais combien cette pandémie peut paraitre sans fin. Pourtant, grâce à la vaccination massive, grâce à notre mobilisation collective, grâce au sens des responsabilités de chacune et chacun, nous avons progressé et appris à mieux vivre avec le virus. On va y arriver, tous ensemble.
Je vous souhaite du fond du cœur, malgré ce contexte difficile mais que nous saurons surmonter, d’excellentes fêtes de fin d’année. Merci beaucoup.