Climat, environnement : les défis de l’année 2021

Transition Écologique
Publié le : 12/02/2021
Une voiture "verte"
Illustration : Service d'information du Gouvernement
Mieux consommer, se loger, se déplacer, mais aussi mieux protéger la planète et les plus modestes : passage en revue des grandes mesures en faveur du climat cette année.

Économie et transition écologique ne sont pas antinomiques, bien au contraire. Les faire évoluer de concert est même un défi en France, comme sur la scène internationale. Un enjeu de taille qui s’inscrit de manière concrète dans la politique gouvernementale depuis 2017.

En dépit de la pandémie mondiale de Covid-19, 2021 ne déroge pas à la règle et s’inscrit dans la continuité de cette verte ambition. L’année est à la fois ponctuée de défis, et marquée par l’entrée en vigueur de nombreuses mesures en faveur de la cause écologique.

 

Mieux produire, consommer et gérer ses déchets

L'action contre le réchauffement climatique passe notamment par une meilleur production et gestion des déchets. La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire légifère en ce sens. Elle programme ainsi l’interdiction progressive, année après année, des différents objets plastiques jetables du quotidien, avec l’objectif d’atteindre zéro plastique à usage unique d’ici 2040.   

Pailles, couverts, touillettes, boites à sandwich, couvercles de boissons, tiges pour ballons, confettis et piques à steak : depuis le 1er janvier, ces produits en plastique à usage unique sont interdits. Les distributeurs ont dès lors six mois pour écouler leurs stocks.

Une bouteille d'eau "écologique"

Cette ambition écologique se poursuivra au-delà de 2021. Ainsi, les entreprises et les établissements publics ne pourront plus distribuer de bouteilles en plastique à partir de 2022. Cette même année, le tri sera facilité par un logo unique, des modalités de tri différentes et une harmonisation de la couleur des poubelles. D’ici à 2023, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire prévoit également la fin de l’élimination des invendus.

Qui dit mieux produire et gérer ses déchets dit aussi consommer autrement. 2021 entérine le déploiement de l'indice de réparabilité, aussi bien dans les rayons qu’en vente à distance. Il s’agit d’une note sur 10 apposée sur le produit, sur son emballage ou à proximité du prix, permettant au consommateur de savoir si son produit est « réparable », « difficilement réparable » ou « non réparable ». Le consommateur pourra alors faire du caractère réparable d’un produit un critère de choix d’achat. L’objectif est d’atteindre 60 % de taux de réparation des produits électriques et électroniques d’ici à cinq ans.

Mieux se loger

Dans le cadre de France Relance, plan massif et inédit de 100 milliards d’euros, 30 milliards sont entièrement alloués à la transition écologique. Dans cette enveloppe, 200 millions sont consacrés à MaPrimeRénov. En 2021, cette aide de l’État pour rénover énergétiquement son logement devient accessible à tous les propriétaires à condition de recourir à un professionnel reconnu garant de l’État (RGE). Cette qualification « RGE» évolue aussi pour plus de clarté et de sûreté.  

Ces travaux de rénovation - tout comme les factures d’énergie et certaines charges de chauffage - peuvent en partie être financés par le chèque énergie dont les ménages les plus modestes continuent à bénéficier en 2021.

Par ailleurs, et dans un même souci d’habitat écoresponsable, dès cette année, les propriétaires de logements mal isolés, dits « passoires », ne pourront pas augmenter le loyer entre deux locataires sans les avoir rénovés. L’objectif final étant, à terme, de rénover toutes les « passoires thermiques » d’ici dix ans.

La même échéance est laissée aux chaudières à fioul, vouées à disparaître. Le « Coup de pouce chauffage » prévoit d’aider financièrement les ménages à les remplacer progressivement par des équipements à énergie renouvelable, plus respectueux de l’environnement.

Mieux se déplacer

Le plan de relance finance également la nécessaire mutation des transports avec, en 2021 :

  • l’amélioration de l’offre ferroviaire existante et la création de nouvelles lignes de transports collectifs (Paris-Nice en 2021 par exemple) ;
  • le verdissement du parc automobile (prime à la conversion, bonus malus, bornes et voitures électriques) ;
  • la rénovation des canaux et voies navigables ;
  • le déploiement du plan vélo.

Dans l’optique d’améliorer la qualité de l’air et protéger les habitants des villes et métropoles où la pollution est importante, sept nouvelles zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) doivent voir le jour en 2021, portant leur nombre à onze en France.

Dans le périmètre d’une ZFE-m, seuls les véhicules les moins polluants (en fonction de leur certificat Crit’Air) ont le droit d’y circuler. Ce sont les communes qui fixent les périodes où la circulation est restreinte, les types de véhicules concernés (voitures, poids lourds, etc.) ainsi que le niveau Crit’Air minimum pour pouvoir circuler.

L’objectif d’ici à 2035 est d’atteindre 35 périmètres de ce type dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants.  

Mieux préserver la planète

Les aires protégées constituent un maillon essentiel de l’écosystème des territoires dans la transition écologique. Leur objectif : préserver la biodiversité, c’est-à-dire les espèces et les espaces.

À horizon 2022, 30% des écosystèmes terrestres et marins seront classés en aires protégées, dont 10% sous protection forte (contre 1,8% aujourd’hui). Cette stratégie à la française vise à retrouver les équilibres entre nature préservée et activité humaine.

Échéances législatives et diplomatiques

À l’échelle nationale

Dans l’Hexagone, l’année 2021 est donc hautement placée sous le signe de la transition écologique, transition qui se poursuit également sur le terrain législatif.

Ainsi, le projet de loi climat, issu de la Convention citoyenne pour le climat (dont 146 propositions sur les 149 présentées ont été retenues), sera examiné au printemps.  

À l’international

De grands rendez-vous internationaux sont aussi à l’agenda de cette année. Autant d’« échéances vertes » pour mesurer les avancées effectuées, et définir les prochaines.

2021 a commencé avec le One Planet Summit qui a réuni des décideurs du monde entier pour accélérer l’action internationale en faveur de la nature. Elle se poursuivra avec le congrès de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille en septembre, la COP26 climat à Glasgow en novembre, la COP sur la désertification. La COP15 sur la biodiversité annoncée pour mai 2021, pourrait être décalée à l'automne, en fonction de la situation sanitaire.

Enfin, la présidence française du Conseil de l’Union européenne au premier semestre 2022 sera également un levier important pour faire de la transition écologique un moteur de la relance économique en Europe.