Mounir Mahjoubi
23 mai 2018

VivaTech : "la France a besoin des start-up mais les start-up ont aussi besoin de la France"

Le salon VivaTechnology ouvre ses portes aujourd’hui à Paris, Porte de Versailles, pour une durée de trois jours. Le secrétaire d’État du Numérique, Mounir Mahjoubi, a répondu à nos questions sur le rendez-vous Tech de l’année qui réunit 8 000 start-up du monde entier, des grands groupes et des délégations étrangères autour d’un thème d’avenir : l’innovation.
 

Gouv.fr : Pendant les trois jours de VivaTech, vous avez décidé de délocaliser votre secrétariat d’Etat au salon. Pourquoi cette délocalisation ?


M. M. : VivaTech est le seul évènement dans l’année où il y a autant de monde venu d’horizons différents pour parler d’innovation notamment liée au numérique. Il va y avoir de très nombreux innovateurs français, près de 8 000 start-up, des grandes entreprises, des politiques intéressés par le sujet, des membres du Gouvernement, et une vingtaine de délégations étrangères dont une dizaine d’africains présents sur AfricaTech… C’est naturel pour moi d’être présent sur place. Pendant ces trois jours, je serai avec tous les grands interlocuteurs habituels mais aussi avec ceux que j’ai moins l’habitude de voir. C’est une opportunité incroyable.
 

Le salon VivaTech est-il uniquement un terrain de négociations pour les différents acteurs de la Tech et pour le Gouvernement ?


VivaTech, c’est le moment de la célébration - "Viva" - et aussi de la projection dans l’avenir. On ne vient pas à VivaTech pour faire une grande séquence de négociation mais on vient parce qu’on a travaillé avant et qu’on a des choses à annoncer qui nous projettent loin. C’est ce que je vais faire en fin de semaine, en rebond du discours du Président de la République sur l’avenir de la French Tech, sur le rapport de la France à ses start-up et des start-up à la France. C’est le résultat de mon parcours personnel et de l’expérience que nous avons mené depuis 9 mois avec le tour de France des start-up.
 

Vous parlez du rapport de la France à ses start-up et des start-up à la France. Pourquoi la France a besoin des start-up et inversement ?


La France a besoin de faire émerger des start-up chez elle et que ses champions partent à l’international. Ce qui est en train de se passer avec les grandes transformations apportées par le numérique, c’est la redéfinition même de notre société, de notre économie, de notre modèle politique, productif, culturel… Dans un tel contexte, on ne peut pas juste subir face aux grands acteurs économiques qui viennent de l’étranger alors que notre pays a toutes les conditions pour faire émerger en son sein ceux qui vont transformer le monde de demain. La France a besoin des start-up car ces start-up, ces entreprises du numérique à très forte croissance, celles qui vont créer les emplois et l’innovation de demain, ce sont elles qui vont transformer notre société et notre économie. On a envie et on a besoin qu’elles soient françaises, européennes. Les start-up ont aussi besoin de la France. Elles ont besoin de l’Etat pour simplifier leur vie, pour être fier d’elles et pour les accompagner à l’international. C’est pour ça que les grandes priorités cette année sont, premièrement, d’accompagner la croissance et l’hypercroissance des plus grandes d’entre elles et, deuxièmement, de les accompagner, de les financer et de les amener à l’international.
 
"On ne peut pas juste subir face aux grands acteurs économiques qui viennent de l’étranger"
Mounir Mahjoubi
Secrétaire d'Etat du Numérique
 

On parle aussi de VivaTech comme étant une "vitrine" pour les start-up française. Quel est l’enjeu d’un tel salon pour la France ?


VivaTech est important en France pour stimuler à la fois les écosystèmes de start-up et aussi les autres entreprises de l’économie. D’un côté, ce salon permet aux start-up de s’exposer à l’international et, d’un autre côté, il offre l’opportunité de s’exposer à l’innovation et aux nouvelles technologies. VivaTech est aussi important pour la France pour le signal que l’on envoie au monde puisque des représentants du monde entier, d’une centaine de nationalités différentes, vont venir voir ce que nous sommes et ce que nous valons. Le numérique à la Française c’est une technologie de très haut niveau, avec du sens et des valeurs.
 
"Le numérique à la Française c’est une technologie de très haut niveau, avec du sens et des valeurs."
Mounir Mahjoubi
Secrétaire d'Etat du Numérique