Photo des forces d'intervention de la police et de la gendarmerie réunies place Beauvau pour écouter la présentation du SNI par Bernard Cazeneuve le 19 avril 2016
20 avril 2016

Schéma national d'intervention : une nouvelle doctrine d'intervention des forces spéciales

Pour répondre aux besoins d’urgence et d’efficacité engendrés par une menace terroriste protéiforme, Bernard Cazeneuve, a demandé la mise au point d’un schéma national d’intervention (SNI) qu'il a présenté le 19 avril.

Contenu publié sous le Gouvernement Valls III du 11 Février 2016 au 06 Décembre 2016
 
Pour limiter au maximum le nombre des victimes en cas d’attaque terroriste, le facteur temps est devenu l’élément déterminant.
Les forces d’intervention doivent pouvoir faire face, avec leurs moyens propres, à tous les types d’actions terroristes et disposer à cet effet d’un haut niveau de préparation et de coordination pour intervenir.
Interrompre le plus rapidement possible une attaque est une exigence de sûreté décisive, que doit garantir l’État en tous points du territoire national, en métropole et outre-mer, même en cas d’actions simultanées.
Pour répondre aux besoins de réactivité et d’efficacité engendrés par une menace protéiforme, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a demandé à l’Unité de coordination des forces d’intervention (UCoFI) d’établir, en lien avec les directions générales et les principales unités d’intervention spécialisée (le GIGN pour la gendarmerie nationale, le RAID pour la police nationale et la BRI pour la préfecture de police de Paris), la mise au point d’un schéma national d’intervention. Sa mise en oeuvre est immédiate.
 
Il a pour objectif de :
  • garantir la cohérence et l’unité des forces : l'heure est « à l'unité, à la mutualisation et à la coopération, mobilisées pour l'intérêt général. (...) Nous avons besoin de forces performantes [...] qui travaillent les unes avec les autres et qui poursuivent les mêmes objectifs », a expliqué le ministre de l'Intérieur ;
  • anticiper et permettre une intervention plus rapide. Ces unités d’élite doivent pouvoir réagir « à un attentat de masse ». Le groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et les policiers du RAID doivent pouvoir « intervenir sans délai »
Ce qu'il faut retenir du schéma national d’intervention :
  • 22 unités d’intervention spécialisée, renforcées prochainement par la création de 7 nouvelles antennes pour assurer une couverture optimale de l’ensemble du territoire : création de quatre nouvelles antennes du GIGN (Nantes, Reims, Tours et Mayotte) et de trois nouvelles antennes du RAID (Toulouse, Montpellier et Nancy). Les effectifs de la BRI de la préfecture de police de Paris seront quant à eux doublés ;
  • la création d’une procédure « d’urgence absolue » : pour permettre aux unités d’interventions spécialisées et aux unités d’intervention intermédiaires d’intervenir sur le lieu très rapidement ;
  • l'élargissement de la coopération entre police et gendarmerie : en cas de crise grave ou d'attaque d'envergure, les traditionnelles zones de compétences qui créent des frontières dans l'intervention des gendarmes et des policiers seront suspendues ;
  • la rationalisation des prises de décisions, avec la création de la fonction de commandant et de coordinateur des opérations d’intervention spécialisée au moment d’une crise terroriste, notamment en cas de pluralité de forces d’intervention ;
  • l’organisation, le partage et la mutualisation des unités d’interventions à travers notamment le déclenchement de la procédure dite du « concours  capacitaire ». Soit la mise à disposition d’une unité spécifique, soit le renforcement d’une unité par une autre ;
  • le renforcement du positionnement central de l’Unité de Coordination des Forces d’Interventions (UCOFI).
Dans la nuit du 19 au 20 avril, un exercice grandeur nature simulant un attentat terroriste a eu lieu gare Montparnasse. Il a permis de mettre en application les principes communs aux unités d’intervention spécialisées (GIGN, BRI et RAID).