Algues Sargasses au large de la Guadeloupe
13 juin 2018

Sargasses : des mesures financées à hauteur de 10 millions d’euros

Depuis 4 mois, les îles des Antilles sont confrontées à des échouages réguliers de sargasses, des algues toxiques dont la prolifération entraîne des risques sanitaires et des dommages économiques. En visite officielle en Guadeloupe, les 10 et 11 juin, Nicolas Hulot et Annick Girardin ont annoncé une série de mesures, notamment la mise en place d' une collecte des algues en moins de 48h.
 
L’échouage de sargasses a été beaucoup plus massif cette année que les années précédente. "Nous sommes face à un phénomène exceptionnel par son ampleur", a déclaré Nicolas Hulot, le 12 juin, "des échouages massifs que personne n’avait encore jamais vus", a complété Annick Girardin.

 
  • Face à cette situation, le Gouvernement a proposé un plan d’une ampleur inédite, à hauteur de 10 millions d’euros, comprenant des mesures d’urgence et des mesures de prévention, car le phénomène "pourra être amené à se répéter avec le changement climatique", a expliqué Nicolas Hulot.

Les mesures sont structurées autour de 4 objectifs

1. Mettre en place des solutions de collectes permettant d’intervenir en moins de 48h pour éviter la décomposition des algues. Pour y parvenir 4 axes sont privilégiés : 
  • la poursuite du soutien exceptionnel aux collectivités pour les aider à faire face aux algues déjà échouées. 3 millions d'euros ont été engagés depuis 2 mois, et 3 milllions d'euros supplémentaires seront apportés pour faire face à l’urgence.
  • le Grand plan d’investissement de 8 à 10 milllions d'euros sur 2018-2019, financé à moitié par dotation de l’Etat, le reste venant en cofinancement de l’Union Européenne et des collectivités.
  •  le nouvel appel à projets ADEME sur les technologies de ramassage, doté de 1 million d'euros.
2. Améliorer la détection et le suivi sanitaire des sargasses, en renforçant le dispositif de prévision des échouages, avec notamment :
  • le renforcement du réseau de suivi des sargasses par satellite ;
  • la mise en place de capteurs permettant de réaliser des mesures en direct des dégagements toxiques ;
  • la mise en place d’un site internet permettant le signalement des échouages par les citoyens et les professionnels de la mer.
3. Renforcer la recherche, l’innovation et la coopération régionale pour mieux comprendre l’origine des sargasses et répertorier les bonnes pratiques mises en place par nos partenaires. Deux leviers sont identifiés :
  • le soutien à plusieurs colloques permettant le partage d’information et de solutions à l’échelle des Caraïbes.
  • une mission d’état des lieux des solutions utilisées contre les sargasses dans les Caraïbes confiée à M. Théophile, sénateur de Guadeloupe.
4. Accompagner les entreprises et les citoyens touchés pour limiter les pertes économiques, en lien avec les assureurs, qui pourront inscrire le risque sargasse dans les contrats d’assurance. Deux mesures sont retenues avec  :
  • la mobilisation de tous les outils d’accompagnement aux entreprises : moratoire sur les charges fiscales et sociales, suspension des procédures de recouvrement, délais de paiement pour le RSI, dispositifs de chômage partiel…
  • le dialogue avec les compagnies d’assurance pour inscrire à l’avenir dans leurs contrats les risques liés aux sargasses, comme les pannes d’électroménagers ou d’appareils électroniques.