Drapeau européen
21 septembre 2018

L’Europe n’est pas un menu à la carte : c’est un projet politique

Le président de la République a rappelé la portée du projet européen à l'occasion du sommet européen informel du 20 septembre à Salzbourg (Autriche). Ce sommet s’inscrivait dans une rentrée européenne très riche, avec des avancées concrètes un an après le discours d'Emmanuel Macron à La Sorbonne, et une volonté claire de la France de se placer dans une logique d’efficacité s'agissant de la sécurité, des migrations et du Brexit.
 

Lors du sommet, les discussions ont porté tout d’abord sur les questions de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme sur lesquelles des progrès majeurs ont été accomplis ces derniers mois. Des propositions faites dans le discours de La Sorbonne et qui ont été portées depuis par la Commission européenne se concrétisent :

  • Une législation devrait être adoptée prochainement sur l’obligation de retrait systématique de tout contenu à caractère terroriste diffusé en ligne. Ces contenus devront être retirés 1h maximum après leur mise en ligne.
  • La mise en place d’un parquet européen doté d’une compétence pour lutter contre les infractions et les réseaux terroristes est en bonne voie.
  • La mise en place d’une force européenne de protection civile (lutte contre les incendies et les conséquences de catastrophes naturelles) devrait aboutir dans les prochains mois.
Ces avancées montrent que l’Europe est "un combat de chaque jour où il ne faut jamais se résigner, jamais faiblir, jamais renoncer", a déclaré Emmanuel Macron, qui a précisé que "c’est parce que l’Europe est en danger qu’il faut oser, s’engager sans relâche pour refonder".

Avancer plus vite sur la question migratoire

Sur la politique migratoire, le Président de la République a appelé à accélérer sur ce sujet pour obtenir des résultats.

L’objectif est d’avancer beaucoup plus rapidement sur l’approche complète en 3 volets qui est proposée :

  1. Prévenir les départs en poursuivant les initiatives prises à l’égard de l’Afrique (partenariat de développement, lutte contre le trafic des personnes)
     
  2. Protéger nos frontières en soutenant la proposition de la Commission de porter Frontex à 10 000 hommes d’ici 2020.
     
  3. Organiser la solidarité entre pays européens en accélérant la mise en place d’un mécanisme pérenne et organisé pour articuler les principes des responsabilités (des pays de première entrée pour le débarquement et l’enregistrement des migrants, selon le principe du port proche le plus sûr) et de solidarité dans la prise en charge des personnes ayant droit à l’asile. Il faudra aussi être plus efficace et plus rapide en termes de politique de retour pour ceux qui n’ont pas droit à la protection de l’asile, grâce à un cadre juridique clair et partagé entre les États membres.

Brexit : de nouvelles propositions attendues pour octobre

Le Sommet a également été l’occasion d’aborder la question du Brexit, avec une ligne "claire et simple" de la part des 27 :

  • Être unis avec une approche à 27 (Michel Barnier comme négociateur unique)
  • Être cohérents : la solution ne doit pas mettre à mal l’intégrité du marché unique. Le "plan Chequers" a été selon Emmanuel Macron une "démarche courageuse" mais "ces propositions ne peuvent être acceptées en l’état dans le domaine économique" car elles portent atteinte à un "intérêt vital" de l’UE.
  • Obtenir un accord de retrait organisé qui traite notamment la question de la frontière irlandaise.

Le Président de la République souhaite que de nouvelles propositions soient faites par Theresa May en octobre, et qu’elles puissent être discutées pour parvenir à un accord. La négociation n’est pas finie, mais la France ne transigera pas sur les intérêts fondamentaux de l’UE.