Le robot français Nao
29 mars 2018

Intelligence artificielle : faire de la France un champion

La stratégie de la France en matière d’intelligence artificielle a été présentée par le président de la République, le 29 mars 2018, à l'occasion d'une conférence dédiée au Collège de France.
 
Le développement de l'intelligence artificielle (IA) est une priorité stratégique qui fut très vite affirmée par le Gouvernement.  Le 8 septembre 2017, le Premier ministre, Édouard Philippe a confié une mission sur l’intelligence artificielle à Cédric Villani, mathématicien et député de l’Essonne. Objectif : poser les bases d’une stratégie nationale ambitieuse pour la France en matière d’IA.

La maîtrise de l'IA est un élément fort d'indépendance. Bien plus qu’un domaine de recherche, l’IA est l’une des clés du monde à venir. C’est « une révolution technologique, mais aussi économique, sociale, éthique et [donc] politique », avait déclaré le chef de l'État. À l'heure où les États-Unis, la Chine, sont déjà pleinement engagés pour maîtriser cette technologie de rupture, la France a aussi un rôle prédominant à tenir.
  • En termes d’emploi, l'IA  va transformer profondément tous les métiers. Et elle peut elle-même apporter une réponse à ces changements, par exemple en améliorant l’efficacité de la formation continue. Il est donc essentiel d’en maîtriser la technologie.
  • Son développement soulève d’importantes questions éthiques (neutralité des algorithmes, utilisation des données privées, ou encore à l’inclusion numérique).
  • La France a de nombreux atouts pour se positionner comme chef de file, notamment une excellence reconnue en mathématiques et en informatique. De nombreux responsables en IA des plus grandes entreprises du numérique sont aujourd’hui français.
Pour tirer parti de ces atouts, la stratégie présentée par la France s’articule autour de ces défis :
1.  Renforcer l’écosystème de l’IA pour attirer les meilleurs talents
  • mettre en place d’un programme national pour l’IA coordonné par l’INRIA;
  • doubler le nombre d’étudiants formés à l’IA d’ici à la fin du quinquennat ;
  • renforcer les synergies entre recherche publique et industrie : un chercheur pourra dédier la moitié de son temps à une entreprise (contre 20% aujourd’hui) ;
  • créer des chaires individuelles pour attirer les meilleurs chercheurs et lancement d’appels à projets pour attirer les meilleurs projets de recherche.
2. Développer une politique d’ouverture des données, en particulier dans les secteurs où la France dispose déjà d’un potentiel d’excellence, comme la santé :
  • poursuite de l’ouverture des données publiques et financées sur fonds publics ;
  • soutien à la création de plateformes d’échange de données publiques et privées ;
  • création d’un cadre européen de l’utilisation des données ;
  • création d’un « hub » des données de santé sécurisé et anonyme de l’Institut national des données de santé (INDS).
3. Créer un environnement réglementaire et financier favorable à l’émergence de champions de l’IA, à travers un soutien particulier aux projets de recherche et jeunes entreprises en forte croissance en IA :
  • adaptation de la réglementation, par exemple pour les véhicules autonomes ;
  • financement : en France, 1,5 Mds € seront consacrés au soutien de l’IA ; en Europe, la France agira par exemple via la création d’une agence européenne de projets et de recherche avancée ;
  • utilisation de l’IA pour améliorer les politiques publiques, par exemple la formation continue (anticipation des besoins, individualisation des parcours…).
4. Engager une réflexion sur la régulation et l’éthique de l’IA, pour permettre son développement aux meilleurs standards d’acceptabilité pour les citoyens :
  • soutien à la recherche en sciences humaines sur l’éthique de l’usage ;
  • publicité de tous les algorithmes utilisés par l’État notamment Parcoursup ;
  • encouragement de l’ouverture de l’IA à la diversité.
Cette stratégie s’inscrit aussi dans l'Europe, l’Union européenne ayant vocation à devenir elle-même un champion mondial de l’IA et à porter en ce domaine une voix singulière, distincte de celle des États-Unis ou de la Chine.

En marge de la conférence, plusieurs entreprises ont fait des annonces concernant l’implantation de centres de recherche en IA en France. Cela s’ajoute aux annonces déjà faites par d'autres à l'occasion du sommet « Choose France » de février dernier.