Logos d'Alstom et Siemens
27 septembre 2017

Fusion Alstom-Siemens : un rapprochement historique entre deux grands industriels

Les conseils d’administration d’Alstom et de Siemens ont approuvé, le 25 septembre, le principe d’un apport par Siemens de ses activités de mobilité à Alstom, en contrepartie d’une prise de participation de 50% au capital du nouvel ensemble. Le Gouvernement, qui a suivi de très près les discussions, considère cette fusion comme une opération industrielle d’une grande pertinence pour Alstom et la France, face aux défis de la compétition mondiale et du renforcement de la concurrence dans le secteur.

 
Le Gouvernement soutient ce rapprochement entre égaux, qui assure à Alstom un solide ancrage européen pour servir les marchés mondiaux, une compétitivité renforcée et un actionnariat stable. Forte de la complémentarité entre ces deux groupes, la nouvelle entité sera dotée de moyens accrus et pérennes afin de continuer à investir et à innover pour conquérir de nouveaux marchés.
 
Ce rapprochement entre Alstom et Siemens Mobility permet en effet l’émergence dun géant européen, futur leader mondial sur lactivité signalisation, grâce à :
  • un nombre de commandes annuelles quatre fois plus important que le principal concurrent Chinois CRRC ;
  • un positionnement à la 2e place mondiale en volume de commandes annuelles sur le matériel roulant (Alstom est actuellement 4e, et Siemens 6e sur ce segment), avec 17% de parts de marché contre 31% pour le chinois CRC et 12% pour la canadien Bombardier ;
  • un chiffre d’affaires de plus de 15 milliards d’euros et bénéficiera d’un carnet de commandes approchant les 60 milliards d’euros.
La création dun leader constitué à parts égales entre la France et l’Allemagne illustre la capacité des industries  des deux  pays  à mettre  en commun  leurs  atouts  pour  créer des champions  à l’échelle mondiale. Elle intervient après d’autres belles alliances franco-allemandes récentes (Opel-PSA cet été et WMF-SEB l'an dernier).
 
Le Gouvernement  a particulièrement  veillé  à ce que l’équilibre  entre  les  deux  entreprises  se traduise dans les termes de l’accord conclu puisque leur valorisation actuelle est quasi-similaire (Alstom : 7,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 32 000 salariés / Siemens Mobility : 7,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 27 000 salariés).
Des garanties importantes ont également é obtenues des dirigeants de Siemens, valables 4 ans :
  • nomination de Henri Poupart-Lafarge (actuel PDG d’Alstom) comme DG du nouvel ensemble ;
  • siège mondial de l’entreprise en France avec une cotation à la bourse de Paris (pour 10 ans) ;
  • transfert de l’ensemble de la division mobilité et matériel roulant de Siemens à la nouvelle entreprise avec un engagement de ne pas recréer d’activités concurrentes au sein du groupe ;
  • niveau d’emplois en France et en Allemagne maintenu sans aucun départ contraint ni aucune fermeture de site dans les deux pays ;
  • reprise de l’ensemble des engagements pris par l’État en 2016 concernant le site de Belfort ;
  • l’entreprise  s’engage  vis-à-vis  des  sous-traitants  français  et  allemands  à  maintenir  les commandes à leur niveau actuel et à poursuivre les contrats en cours ;
  • les compétences industrielles en France et en Allemagne seront conservées ;
  • les investissements et l’emploi dans les départements de R&D resteront au moins à leur niveau actuel en France et en Allemagne.