Fret ferroviaire à Bonneuil-sur-Marne
19 avril 2018

Fret ferroviaire : la transformation du transport de marchandises est une nécessité

Déficitaire et lourdement endetté, le fret ferroviaire n'est aujourd'hui plus au niveau en France. Le Gouvernement et la SNCF se mobilisent pour relancer cette solution d'avenir.
 
Dans un contexte marqué par l'adoption du nouveau pacte ferroviaire à l'Assemblée nationale, le Premier ministre s'est rendu au port de Bonneuil-sur-Marne, le 16 avril. Aux côtés des ministres de la Transition écologique et solidaire, il a rappelé que "la transformation du système ferroviaire, ce n’est pas seulement la transformation du transport de passagers, c’est aussi la transformation du transport des marchandises."
 
Fret ferroviaire: "La France n'est pas au niveau où elle devrait être"

Or la situation de la France en matière de transport de fret n'est pas bonne :
  • la part du fret ferroviaire dans le transport de marchandises (part modale) a été divisée par 2 depuis 1990. Elle n'est plus que de 11% contre 23% en Allemagne ;
  • l'opérateur public, FRET SNCF (qui dépend de SNCF Mobilités) a perdu plus de la moitié de ses marchés depuis 2005, et se trouve dans une situation financière difficile avec une dette de 4,6 milliards d'euros.
Pourtant, le fret ferroviaire est une solution d'avenir parce que c'est une solution écologique. Un train représente 50 camions en moins sur les routes.

Pour relancer l'activité de fret, il est nécessaire d'assainir la situation financière de FRET SNCF. Le Premier ministre a ainsi demandé au groupe SNCF d'en envisager la filialisation, pour permettre une recapitalisation qui aidera l’entreprise à repartir sur des bases saines.

La SNCF a annoncé, le 16 avril, son intention de filialiser sa branche de fret ferroviaire d'ici le 1er semestre 2020.
 

Filialisation ne veut pas dire privatisation


FRET SNCF sera dotée d’une personnalité juridique propre, et sera détenu à 100 % par le groupe public ferroviaire. Les salariés au statut le resteront. Plus généralement, la SNCF a annoncé que "la continuité des conditions de travail, que ce soit pour les salariés statutaires ou les salariés contractuels, sera assurée".

Le Premier ministre a par ailleurs demandé à la ministre des Transports de lui présenter sous un mois un plan pour la relance du fret ferroviaire, avec :
  • un plan d’investissement dans les voies de fret. Le Premier ministre a rappelé la nécessité de "mieux investir dans le réseau, y compris les petites lignes qui permettent d’aller chercher les boîtes où elles sont" ;
  • une remise à plat des péages ferroviaires car "pendant longtemps on a raisonné comme s’il suffisait de monter le tarif des péages du fret ferroviaire (…) pour équilibrer sur le papier les comptes de la SNCF" a souligné le Premier ministre.