Le Premier ministre lors de son discours à la conférence des Villes de France-Urbaine
21 septembre 2017

Conférence des Villes de France urbaine : le Gouvernement pour un dialogue franc et sans tabou entre l’État et les collectivités

Le Premier ministre a ouvert la 17ème Conférence de Villes organisée par France urbaine. La volonté du Gouvernement est de travailler avec les collectivités et leurs élus au plus près du terrain, dans chaque territoire.

 

La relation entre l’État et les collectivités doit reposer sur le dialogue, la franchise, et la confiance pour « favoriser l’exercice d’une décentralisation assumée, agile et intelligente », a déclaré le Premier ministre qui a rappelé que c'était le sens de la Conférence nationale des territoires, du 17 juillet dernier au Sénat. Son objectif est « de pouvoir y discuter en amont de toute décision affectant les collectivités locales », a-t-il affirmé. 

Pendant son intervention, le Premier ministre est revenu sur les sujets qui ont fait débat ces dernières semaines, notamment les  contrats aidés, les dotations aux collectivités, la taxe d'habitation…

Une alternative aux contrats aidés avec un grand plan d'investissement dans les compétences

Dès son installation, le Gouvernement a constaté une diminution très forte du nombre de contrats aidés programmés par la majorité précédente.  « Pour l’année 2017, le précédent gouvernement avait budgété 280 000 contrats aidés, contre 459 000 en 2016, soit une baisse de 40 %. Ajoutez à cela que les deux tiers de ces contrats aidés ont été consommés au premier semestre, juste avant les élections présidentielles », a précisé le Premier ministre
 
Pour faire face à l’urgence, près de 40 000 contrats aidés supplémentaires ont été ouverts pour 2017, alloués en priorité à l’Éducation nationale, l’Outre-mer, l’urgence en matière sociale et de santé et aux communes rurales.
 
Mais les contrats aidés ne sont pas une solution au problème du chômage. Il faut une véritable politique de l’emploi avec des dispositifs qui favorisent l’insertion professionnelle durable avec notamment la formation et l’apprentissage. « C’est pourquoi nous avons décidé d’engager 15 milliards d’euros sur la durée du quinquennat pour financer le grand plan d’investissement dans les compétences », a déclaré Édouard Philippe.

Les collectivités territoriales doivent contribuer à la baisse de la dépense publique

Les collectivités territoriales doivent prendre leur part à l'effort de diminution des dépenses publiques.  Il ne leur est pas demandé une baisse nette des dépenses des collectivités, mais une maîtrise de la progression de ces dépenses : « il ne s’agit en aucun cas d’une baisse nette de votre dépense locale. Nous, nous vous demandons de maîtriser sa hausse, c’est très différent ! C’est-à-dire que vos dépenses vont bien continuer à augmenter en valeur absolue. Mais nous vous demandons d’infléchir la courbe, afin de limiter cette augmentation », a précisé le Premier ministre.
 
Ainsi, les 13 Mds € d’économies demandés aux collectivités, à réaliser sur 5 ans, doivent passer par un pacte financier intelligent et responsable entre l’Etat et les collectivités, en ayant évidemment une vision globale des enjeux budgétaires pour le pays.

Dotations aux collectivités : en hausse de 384 millions d'euros en 2018

Après trois ans de baisse nette de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) de l’ordre de 9,3 Mds €, les concours financiers aux collectivités territoriales ne baisseront pas en 2018. Ils seront même en hausse de 384 millions d’euros. « C’est un choix politique très fort du Président de la République et du Gouvernement », a souligné le Premier ministre.

Taxe d’habitation : pas d'impact pour les collectivités

La suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers d’ici 2020 permettra de réparer une injustice pour les classes populaires et moyennes et de donner plus de pouvoir d’achat aux Français. « Il n’y aura pas d’impact pour les collectivités. L’Etat procèdera par voie de dégrèvement, c’est-à-dire qu’il paiera à la place du contribuable local », a déclaré le Premier ministre.

Découpage administratif : le Gouvernement soutiendra les changements dans l'intérêt général

Les rapprochements entre les métropoles et les départements et les fusions de départements ou de communes doivent s’engager en conciliant liberté et stabilité. L’Etat n’imposera rien mais appuiera chaque volonté de rapprochement, pour ceux qui le souhaitent, avec détermination. « Nous soutiendrons les fusions de départements ou de communes, dès lors qu’elles répondent à l’intérêt général. Les citoyens attendent ces rapprochements. Et c’est en unissant leurs forces que les territoires concernés pourront notamment se mesurer à d’autres métropoles européennes », a déclaré Édouard Philippe.

Fracture territoriale : réaliser la cohésion des territoires

Les plus grandes villes ont une responsabilité vis-à-vis des plus petites, notamment des territoires ruraux. Elles doivent avoir un « rôle d’entraînement […] il y a urgence à réaliser cette alliance des territoires que vous appelez de vos vœux, sans quoi on continuera de nourrir des sentiments d’exclusion, d’assignation à résidence, et de rejet des grandes villes et des métropoles », a déclaré le Premier ministre.

La priorité sera notamment donnée :

  • à l’amélioration des transports du quotidien ;
  • au doublement des fonds consacrés au programme de rénovation urbaine ;
  • à la mobilisation du foncier pour augmenter la construction de logement dans les zones tendues .
Le Premier ministre, Édouard Philippe à son arrivée à la Conférence des Villes-France Urbaine, à l'Hôtel de ville de Paris. À sa droite, le président de France urbaine, Jean-Luc Moudenc.
Le Premier ministre, Édouard Philippe à son arrivée à la Conférence des Villes-France Urbaine, à l'Hôtel de ville de Paris. À sa droite, le président de France urbaine, Jean-Luc Moudenc. Photo : Service photo de Matignon
Édouard Philippe salue le président de France urbaine, Jean-Luc Moudenc. À droite de l'image, Bruno Juliliard, adjoint au maire de Paris
Édouard Philippe salue le président de France urbaine, Jean-Luc Moudenc. À droite de l'image, Bruno Juliliard, adjoint au maire de Paris Photo : Service photo de Matignon
Sur le plateau de la Conférence des Villes-France urbaine.  Le Premier ministre, Édouard Philippe aux côtés de Jean-Luc Moudenc, président de France Urbaine.
Sur le plateau de la Conférence des Villes-France urbaine. Le Premier ministre, Édouard Philippe aux côtés de Jean-Luc Moudenc, président de France Urbaine. Photo : Service photo de Matignon
Le Premier ministre, Édouard Philiippe, prononce un discours au cours de la Conférence des Villes – France urbaine
Le Premier ministre, Édouard Philiippe, prononce un discours au cours de la Conférence des Villes – France urbaine Photo : Service photo de Matignon

Le Premier ministre, Édouard Philippe, est allé le 20 septembre 2017 à la 17e édition de la Conférence des villes–France urbaine. Il s'est exprimé devant les représentants des collectivités territoriales (le discours du Premier ministre).

France urbaine est une association nationale regroupant à la fois les grandes villes et les grandes intercommunalités. Elle représente plus de 1 300 communes dans lesquelles réside près de la moitié de la population nationale.