Famille et technologie
5 juin 2018

Audiovisuel public : la feuille de route de la réforme présentée

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a présenté le 4 juin la feuille de route du Gouvernement pour la réforme de l'audiovisuel public. Une priorité : la transformation de l'offre.
 
L’audiovisuel public se compose de 6 sociétés (France TV, Radio France, Arte, INA, RFI, France 24, TV5 Monde), 18 000 salariés, 4,3 milliards d'euros de budget annuel. Il est au cœur de la vie des Français, mais sa transformation est nécessaire compte tenu des profondes mutations qu’a connues le paysage audiovisuel depuis 20 ans (multiplication des chaînes, nouveaux usages et nouveaux acteurs de la révolution numérique).

Pour conduire cette réforme, le Gouvernement a décidé de donner la priorité à la transformation de l’offre plutôt qu’aux questions de gouvernance, de financement, de régulation. Ces dernières seront tranchées dans un second temps, en 2019. Ainsi, dans un premier temps, l'action se concentrera sur la question des missions que le service doit assurer, et des contenus qu'il doit diffuser, à l’heure de la transformation numérique.

Face à une offre commerciale pléthorique, l’audiovisuel public doit se distinguer en misant sur l’innovation, la création, la proximité, la qualité, et en veillant à assurer la représentation de la société française dans sa diversité.

Pour "reconquérir la jeunesse", il doit investir dans le numérique et développer de nouveaux formats adaptés aux nouveaux usages.
 
L’audiovisuel public "doit s’adresser aussi bien aux fidèles qu’aux digital natives, une génération née avec le numérique qui proclame le "où je veux, quand je veux" ".
Françoise Nyssen
Ministre de la Culture

Une mission a été nommée auprès de la ministre. Elle est chargée d’animer à présent la concertation avec les acteurs du secteur audiovisuel et devra approfondir trois sujets :
  1. l’audiovisuel extérieur,
  2. les modalités de coopération entre France TV et Radio France (notamment pour le développement de l’offre de proximité),
  3. l’offre ultra-marine.

Les grands axes de la réforme

Plus de numérique :

  • les 6 sociétés de l’audiovisuel public investiront ensemble 100 à 150 millions d'euros supplémentaires chaque année dans le numérique d’ici 2022. "Elles développeront en commun toutes les nouvelles offres en ligne" a déclaré la ministre François Nyssen ;
  • "bascule numérique" de France 4.

Plus de proximité :

  • renforcement de la vocation régionale de France 3 (la part des programmes régionaux passera de 2 à 6 h/jour) ;
  • coopération entre France 3 et France Bleu pour créer un nouveau média de proximité qui regroupera télévision, radio et numérique (expérimentation dans 2 régions à l’automne).

Priorité à l’éducation et à la jeunesse :

  • création d’un nouveau média commun pour les 15-30 ans (lancement début 2019) ;
  • création d’une nouvelle plateforme éducative (regroupant les contenus aujourd’hui dispersés de France TV, Radio France, Arte et l’Ina) avec des vidéos et programmes courts pour aider les élèves dans leur apprentissage et leurs révisions ;
  • mise en place d’une plateforme commune de décryptage des fausses nouvelles hébergée sur le site de franceinfo, dès le 6 juin prochain.

Un média fer de lance de la création :

  • le service public maintiendra ses investissements dans la création cinématographique et audiovisuelle (560 millions d'euros par an) ;
  • lancement fin juin d’un nouveau média des arts et de la culture, "rassemblant des centaines d’heures de captations, de podcasts, des webseries, à partir des offres des 6 sociétés" de l’audiovisuel public, a précisé la ministre de la Culture.

Plus de coopération entre les sociétés de l’audiovisuel public.

  • l'approche de l’audiovisuel public comme "médial global", associant les offres disponibles sur Internet, à la TV et à la radio, doit permettre de gagner en efficience, de redéployer les moyens, de renforcer les synergies.