Photo de Laurent Fabius après la signature de l'accord sur le programme nucléaire iranien le 14 juillet 2015 à Vienne.
16 juillet 2015

Accord sur le programme nucléaire iranien

L'accord conclu le 14 juillet met fin à l’une des plus longues crises de prolifération nucléaire. Il éloigne du risque que cela représentait pour la sécurité de la région et du monde, et ouvre la porte à une normalisation des rapports avec l’Iran.

Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 11 Février 2016
 
Un accord sur le nucléaire iranien a été conclu mardi 14 juillet. "Décidément, le monde avance", a réagi président de la République. C’est un accord qui met fin à l’une des plus graves et des plus longues crises de prolifération nucléaire. "Il vise à davantage de paix et de stabilité au Moyen-Orient. Il s’agit d’un accord d’ensemble qui clôt douze années de controverses et de discussions. Il assure le caractère exclusivement pacifique du nucléaire iranien. Et il peut faciliter, s’il est pleinement respecté, une normalisation des rapports internationaux de l’Iran. C’est en cela qu’il peut être qualifié d’historique", a expliqué Laurent Fabius. 
C’est un accord robuste et solide. La décision de la France de soutenir cet accord a été "prise pour des raisons stratégiques, parce que nous voulions éviter la prolifération nucléaire et nous savions que si nous pouvions arriver à un accord, mais un accord très solide, nous pouvions éviter cette prolifération", a ajouté le ministre des Affaires Etrangères.  

La France a contribué à finaliser cet accord en soutenant constamment "une position de fermeté constructive", avec la "volonté là aussi de trouver l’intérêt général pour l’ensemble de la région, pour l’ensemble du monde", a de son côté, estimé Stéphane Le Foll.
 
3 principes ont été suivis :
 
  • La limitation, à savoir la limitation "de façon précise des capacités d’enrichissement de l’uranium par l’Iran et de ce qu’il pourra faire en termes de recherche et développement". En particulier, sur la question des centrifugeuses, un des outils nécessaires pour l’enrichissement de l’uranium, l’Iran passera par cet accord de 20 000 centrifugeuses aujourd’hui à 5 000 demain. 
  • La vérification : c’est tout l’enjeu des contrôles par l’Agence atomique, qu'ils puissent être faits en Iran, dans tous les lieux. 
  • Le possible rétablissement des sanctions, avec levée des sanctions mais possibilité de revenir si jamais l’accord n’est pas appliqué par l’Iran sur les objectifs qui ont été fixés. "La France a beaucoup œuvré pour proposer et faire adopter un mécanisme de rétablissement automatique des sanctions en cas de violation par l’Iran de ses obligations ". "Si un des Etats du P5 + 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) estime que l’Iran ne remplit pas ses obligations et que celui-ci ne fournit pas d’explication crédible, cet Etat pourra provoquer un vote du Conseil de sécurité sur un projet de résolution réaffirmant la levée des sanctions de l’ONU ; en opposant son propre veto, il obtiendra alors à coup sûr le rétablissement des sanctions."
Il appartient à l’Iran de mettre en œuvre, dans le calendrier qui a été établi, l’ensemble des mesures prévues. La France, avec ses partenaires, veillera de bonne foi et avec rigueur au respect de cet accord.  Le résultat obtenu éloigne le risque pour la sécurité régionale et internationale que représente la prolifération nucléaire. Il est primordial que l’Iran puisse maintenant devenir un acteur responsable de la stabilité de son voisinage. En particulier, "l'Iran doit montrer [...] sur la Syrie qu’ il est prêt à nous aider à en finir avec ce conflit", a déclaré François Hollande.
 
Laurent Fabius a par ailleurs prévu de se rendre en Iran, en réponse l’invitation de son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, à une date qui reste à confirmer. Il avait précédemment décliné cette invitation. La réintégration de l’Iran dans la communauté internationale ouvre des possibilités de coopération importantes.