Premier ministre, Edouard Philippe
27 août 2018

Aides sociales, retraites, fonctionnaires : les principales mesures du budget 2019

Lors d'une entrevue réalisée par le Journal du dimanche, le Premier ministre a dévoilé les principales mesures budgétaires pour 2019.
 

Présenté à la fin du mois de septembre, le projet de loi de finances sera "un budget de transformation et de cohérence, qui respectera les engagements" a déclaré le Premier ministre lors d'une interview pour le JDD.

Ce budget 2019, basé sur une prévision de croissance de 1,7%, mise sur l'activité et le travail pour assurer la prospérité de la France. "Nous voulons que les Français puissent revenir vers le travail, que ce travail paie, et qu’il paie de mieux en mieux."

L'évolution des dépenses

Dans l'objectif de transformer l'action publique, le Gouvernement diminuera le financement des politiques qui ne sont pas efficaces. Par exemple, "sur le logement ou les emplois aidés dont la plupart ne permettent pas d'obtenir ensuite un emploi viable."

D'autres engagements du Gouvernement seront tenus et vont devenir visibles avant la fin de l'année :
  • Suppression progressive de la taxe d'habitation ;
  • Suppression complète des cotisations salariales sur l'assurance chômage et la maladie ;
  • Suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires effectuées dès le 1er septembre 2019. Cette mesure concerne tous les salariés, dans le privé comme dans le public. "Pour une personne payée au SMIC, cette mesure représentera en moyenne plus de 200 euros supplémentaires par an."

Les prestations sociales

L'ensemble des prestations sociales seront revalorisées en 2019 et en 2020. "Aucune prestation sociale ne sera réduite", ni gelée.

Certaines prestations bénéficieront même d’une revalorisation exceptionnelle :
  • La prime d’activité sera revalorisée de 80 euros au Smic d'ici la fin du quinquennat et de 20 euros dès le mois de novembre.
  • Le minimum vieillesse sera augmenté de 100 euros d'ici la fin du quinquennat pour être porté à 900 euros par mois. Il a déjà bénéficié d’une hausse de 30 euros en avril dernier, et bénéficiera d’un nouveau coup de pouce de 35 euros en janvier prochain puis en janvier 2020.
  • L’Allocation aux adultes handicapés (AAH) sera revalorisée de 100 euros d’ici la fin du quinquennat dont 40 euros en novembre prochain, pour être portée à 900 euros par mois.
L'aide personnalisée au logement (APL), les allocations familiales et les pensions de retraite progresseront de façon plus modérée, de 0,3% par an en 2019 et en 2020. Cela correspond à l'évolution moyenne de ces quatre dernières années.

Le Premier ministre a souligné que le Gouvernement assume "une politique de transformation et de maîtrise des dépenses qui privilégie la rémunération de l’activité et qui rompt avec l’augmentation indifférenciée des allocations. [...] Nous développons de nouvelles protections sociales, comme le plan pauvreté ou le reste à charge zéro sur les lunettes, les prothèses dentaires ou les appareils auditifs".

La réduction du nombre de fonctionnaires

L'objectif du Président de la République sera tenu : 50 000 postes seront supprimés dans la fonction publique d'État à l'horizon 2022. "En 2019, nous prévoyons environ 4 500 suppressions de poste." En 2020, le chiffre sera supérieur à 10 000.

"La réduction du nombre de fonctionnaires n’est pas le fondement mais la conséquence d’une transformation de l’action publique qui monte en puissance au fil du temps" a souligné le Premier ministre.

Il y aura par ailleurs des recrutements : "plus 2 000 agents supplémentaires dans la police, la gendarmerie et à la DGSI, 1 300 à la justice, parce qu'il s'agit de priorités."

Les indemnités journalières

Chaque année, plus de 10 milliards d'euros sont consacrés à l'indemnisation des salariés arrêtés. Ce volume progresse de plus de 4% par an. En 3 ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé.

Ainsi, "l'enjeu des arrêts maladie est considérable. [...] Tous les acteurs du système doivent se mettre autour de la table pour trouver les moyens de contenir cette progression."
Le Premier ministre a écarté l’hypothèse d’une mesure brutale de transfert vers les entreprises avant de rappeler qu'il faut trouver ensemble une solution pour contenir ces dépenses.

La réforme des retraites

Un calendrier et une méthode ont été définis : "une première phase de discussions a été engagée par le haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye. Il y en aura une deuxième et un projet de loi sera présenté dans le courant de 2019."

Le Premier ministre a rappelé l'objectif de cette réforme : "faire en sorte qu’à l’arrivée, et ce sera forcément très progressif, chaque euro cotisé donne les mêmes droits à tous les Français."

Le calendrier parlementaire

Dans un premier temps, la loi Pacte sera examinée à partir de la fin septembre car "nous voulons concentrer pour cette rentrée notre action sur les chantiers économiques."

"La révision constitutionnelle sera présentée dès que possible au cours de la session ordinaire. C’est un décalage de quelques mois tout au plus."