La coopération franco-belge renforcée

Ce contenu a été publié sous le gouvernement de la Première ministre, Élisabeth Borne.

Publié 09/05/2023

La Première ministre Élisabeth Borne a accueilli ce 5 mai 2023 Alexander De Croo, Premier ministre belge, pour une rencontre au format « Val Duchesse » réunissant les gouvernements des deux pays dans l'optique de développer la coopération en matière de sécurité et d'action contre le terrorisme.

Nous avons construit ensemble une relation de voisinage solide et durable. Cela vaut particulièrement en matière de sécurité où notre proximité et la constance de notre travail sont essentielles à la protection de nos concitoyens. Nous sommes convenus d'aller plus loin.

Élisabeth Borne

  • Première ministre
La Première ministre s'est notamment félécitée de « l'excellence de la coopération franco-belge dans tous les domaines », qui a permis d'avancer dans plusieurs directions, notamment :
  • l'action à mener contre la criminalité organisée : la coalition des pays européens contre cette forme de criminalité se réunira prochainement à Anvers,
  • la question de la pression migratoire en mer du Nord et dans la Manche qui nécessite une approche coordonnée contre le trafic de migrants,
  • ainsi que la situation au Sahel et en Afrique de l'Ouest qui appelle une réponse européenne, notamment des programmes Équipe Europe.
Déclaration d'Élisabeth Borne et d'Alexander De Croo

Déclaration conjointe de la Première ministre Élisabeth Borne et du Premier ministre de Belgique Alexander De Croo à l’issue de la rencontre bilatérale franco-belge en format « Val Duchesse ».

Élisabeth BORNE

 

Monsieur le Premier ministre, cher Alexander,

Mesdames et Messieurs,

je me réjouis d'avoir co-présidé avec le Premier ministre DE CROO la quatrième rencontre dans le format Val Duchesse.

 

Depuis de nombreuses années, la France et la Belgique travaillent étroitement et coordonnent leurs efforts pour lutter contre les menaces nombreuses, communes et toujours plus complexes. Le précédent échange dans ce format en novembre 2021 à Bruxelles, s'était tenu en pleine épidémie de Covid. Si la crise sanitaire semble derrière nous, nous faisons aujourd'hui face à des crises nouvelles et multiples, des crises qui constituent autant de défis à relever pour nos deux pays, au premier rang desquels l'agression russe en Ukraine.

 

Nos travaux aujourd'hui illustrent l'excellence de la coopération franco-belge dans tous les domaines, une coopération qui se renforce d'année en année. Nous avons construit ensemble une relation de voisinage solide et durable. Cela vaut particulièrement en matière de sécurité où notre proximité et la constance de notre travail sont essentielles à la protection de nos concitoyens. Nous sommes convenus d'aller plus loin, notre coopération en matière de prévention et de lutte contre l'extrémisme violent et le terrorisme est à l'origine du format Val Duchesse. Elle demeure plus que jamais cruciale. Je tiens, à cet égard, à saluer le niveau de confiance exceptionnel qui s'est développé entre nos deux pays et qui contribue à obtenir des résultats concrets. Dans le cadre du suivi des procès des attentats de Bruxelles de mars 2016, avec des accusés déjà condamnés en France pour les attentats de 2015, nous allons poursuivre les échanges réguliers et la coordination de nos efforts. Nous souhaitons travailler toujours plus étroitement ensemble.

 

Ensuite, la lutte contre la criminalité organisée est un autre sujet de préoccupation partagé. La croissance du trafic de drogue menée par des groupes criminels très violents, implantés dans plusieurs pays, engendre des trafics d'armes et des règlements de comptes. C'est une menace pour nos concitoyens, nous devons avoir une action forte et pour être efficace, nous avons besoin d'une réponse coordonnée. Nous voulons notamment renforcer notre coopération policière, judiciaire ou même technique dans nos ports septentrionaux. C'est ainsi que nous lutterons plus efficacement encore contre le fléau des trafics de stupéfiants et des autres infractions qu'il entraîne. Ces efforts s'inscrivent dans une démarche plus large, celle de la coalition des pays européens contre la criminalité organisée qui se réunira très bientôt à Anvers.

 

Nous sommes également préoccupés par les risques croissants que la pression migratoire peut entraîner, notamment dans la Manche et en mer du Nord. Des groupes et des individus sans scrupules se livrent à un trafic d'êtres humains au mépris des droits humains et de la sécurité. Là encore, la France et la Belgique œuvrent ensemble à une approche coordonnée contre le trafic de migrants, au niveau bilatéral comme à l'échelle de l'Union européenne. Nous voulons continuer et aller plus loin. Nous aurons notamment l'occasion de poursuivre nos échanges dans le cadre du format dit de Calais, c'est-à-dire en lien avec l'Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume Uni et la Commission européenne. C'est ce que nous avions déjà fait à la suite du drame de novembre 2021 qui avait coûté la vie à 27 personnes.

 

Nous avons enfin abordé la question du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest où la situation sécuritaire et les risques de déstabilisation sont extrêmement préoccupants. Vous le savez, la France réorganise son dispositif pour renforcer l'approche partenariale fondée sur le soutien aux armées locales, en lien étroit avec nos partenaires européens. Dans cette perspective, nous entendons accompagner la montée en puissance des partenaires africains qui nous en font la demande. Cette logique est également celle de l'Europe où la France et la Belgique s'engagent conjointement dans le cadre des programmes Équipe Europe. Dans ces zones, la menace terroriste ne faiblit pas. Là encore, nous entendons agir au niveau européen en faveur du maintien de la stabilité de la région.

 

Mesdames et Messieurs, nous avons abordé une grande diversité de sujets dont beaucoup ont des conséquences très directes, très concrètes, sur la protection de nos concitoyens. Sur chaque sujet, les défis sont globaux et les réponses efficaces impliquent de la coordination.

 

La France et la Belgique sont déterminées à aller en ce sens, à toujours travailler plus étroitement l'une avec l'autre. C'est toute la richesse de ce format Val Duchesse qui nous permet d'apporter des réponses et de dégager des pistes d'actions concrètes à notre échelle et à celle de l'Europe.

 

Je vous remercie et cher Alexander, je vous cède la parole.

 

Alexander DE CROO

 

Merci beaucoup chère chère Élisabeth,

 

Chères amies, chers amis,

 

C'est toujours un plaisir de venir ici à Paris et d'avoir l'occasion d'avoir des échanges avec nos collègues français et de prendre le temps pour discuter de sujets, et à ce moment-ci de sujets de sécurité : lutte contre le terrorisme, lutte contre le crime organisé.

 

C'est la quatrième fois déjà qu'on fait ce sommet qu'on appelle Val Duchesse. D'où vient le nom Val Duchesse ? C'est l'endroit où, la première fois (inaudible) dans ce format-là, il y a deux choses qui sont importantes.

 

D'abord, la qualité des experts que nous avons autour de la table au niveau politique et au niveau de nos administrations et du secteur privé, et l'excellente collaboration, l'exemple de résultats que nous engrangeons ensemble dans un domaine qui n'est d'évidence jamais un sujet facile.

 

Quelques sujets qu'on a pu aborder ensemble : premièrement, naturellement, sécurité et surtout lutte contre la drogue. Sujet, premier sujet auquel on a consacré aussi le plus de notre temps. Tout d'abord suivi des attentats de Paris et de Bruxelles.

Deuxièmement, intensification de notre lutte commune contre le terrorisme, avec encore des interventions qui ont eu lieu hier en Belgique et où la collaboration franco-belge avait joué son rôle. Lutte contre le trafic d'êtres humains et lutte contre la mafia de la drogue, où là aussi, cette semaine en Belgique, il y a eu une grande intervention, mais qui était coordonnée au niveau international. On a eu l'occasion aussi d'expliquer quelles sont les mesures qui ont été prises en Belgique avec le plan contre la drogue XXL et où nos ministres concernés ont pu donner des détails, par exemple les efforts qu'on fait dans le port d'Anvers.

 

Je salue aussi d'ailleurs la présence ici de [inaudible], qui est notre commissaire national de la lutte contre la drogue et qui, elle, a eu l'occasion de pouvoir échanger avec, par exemple, les responsables du port du Havre et de Dunkerque. Parce qu'on sait que naturellement, la lutte que nous menons, par exemple dans le port d'Anvers, c'est une lutte commune et on ne peut pas l'affaire uniquement dans un port. En fait, il faut essayer de le faire un maximum dans toutes nos infrastructures, infrastructures de ports.

 

Deuxième sujet : clairement, le sujet de l'énergie et de souveraineté industrielle. Un sujet que nos deux pays mènent ensemble depuis quelques années. Par rapport à l'énergie, je sais qu'il y en a certains ici qui attendent que je fasse des grandes déclarations par rapport aux négociations entre l'État belge et Engie. Bien, oui. On a pris l'occasion quand j'étais à Paris, naturellement, de se rencontrer, comme on l'a fait plusieurs fois les semaines passées. Je dirais que le fait qu'on continue à se rencontrer est plutôt une bonne nouvelle parce qu'à chaque fois qu'on se rencontre, on fait un pas en avant. Mais on a encore besoin de quelques jours avant de pouvoir aboutir à une conclusion et une conclusion qui, je pense, est importante au niveau politique aussi, le fait que et la France et la Belgique aient un avenir nucléaire est une bonne chose pour les deux pays.

 

Et on voit aussi qu'il y a d'autres pays, comme les Pays-Bas par exemple, qui se construisent un futur dans lequel la combinaison et le renouvelable et le nucléaire jouera son rôle. Content aussi qu'on a pu échanger sur le sujet de cette collaboration entre Technip et John Cockerill dans le domaine de l'hydrogène. Vraiment de belles entreprises qui avaient une complémentarité énorme capacité d'industrialisation de Technip et connaissance de l'hydrogène dans le cas de John Cockerill, cette nouvelle coopération qui s’appelle Rely (phon) est un bel exemple de qu’est-ce qu’on peut faire quand on se met ensemble.

 

On a pu échanger un peu aussi sur le suivi du sommet de la Mer du Nord, des pays de la Mer du Nord qui a eu lieu la semaine passée à Ostende. C’est clair que naturellement la France, avec un littoral de 4 000 km, les entreprises belges voient beaucoup d’opportunités. Mais on sait très bien naturellement que ce n’est pas toujours des sujets faciles et que construire une acceptation par rapport aux parcs d’éoliennes dans la Mer du Nord, c’est quelque chose que la Belgique… Nous, on investit dans ce domaine depuis 20 ans mais on se réjouit naturellement des ambitions françaises dans ce domaine-là.

 

Dernier sujet, avant-dernier sujet est le sujet de la défense, défense où on a pu échanger naturellement par rapport à des opérations que nous avions ou que nous avons en commun, mais surtout aussi un volet là aussi industriel. Le sujet de défense est un sujet devenu sécuritaire mais aussi industriel. Là aussi, des entreprises belges et françaises travaillent ensemble d’une manière intense. Ça nous aide par rapport à notre compétitivité, ça nous aide dans notre capacité d’innovation et ça nous aide à avoir plus d’autonomie stratégique.

 

Hier, j’avais l’occasion de rencontrer le président ZELENSKY à La Haye, ensemble avec mon collègue Mark RUTTE. C’était mon occasion d’échanger sur la situation en Ukraine. Il est clair que l’engagement français et belge pour continuer à soutenir nos amis ukrainiens est intact, et je le dirai en anglais parce que c’est une phrase qu’on connaît tous : We will do whatever it takes. « Whatever it takes », c’était Mario DRAGHI qui à un moment donné avait dit « Je ferai ce qui est nécessaire pour sauvegarder l’euro ». Je pense qu’on est dans la même situation : on fera ce qui est nécessaire pour aider les Ukrainiens à défendre les valeurs qui sont vraiment nos valeurs communes de démocratie, de liberté et de respect.

 

Donc, ravi d’avoir eu l’occasion d’échanger sur beaucoup de sujets et de pouvoir faire la connaissance de beaucoup de nos collègues français, et j’imagine que c’est réciproque mais vous vous connaissez assez bien parce que vous travaillez bien ensemble dans tellement de forums internationaux.

 

Donc, ravi d’être ici et on se réjouit d’une continuation de ce format Val Duchesse.

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