France 2030 : le Gouvernement présente sa stratégie de soutien public aux start-ups industrielles et deep tech

Ce contenu a été publié sous le gouvernement du Premier ministre, Jean Castex.

Publié 19/01/2022 |Modifié 20/01/2022

A l'occasion d'un déplacement à Croix (59) chez Exotec, 25ème licornes françaises, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, avec Guillaume Boudy, secrétaire général pour l'investissement, ont détaillé la stratégie de soutien public aux start-ups industrielles et deep tech. Issue du plan France 2030, cette stratégie lèvera les obstacles qui freinent l’émergence, l'innovation et l’industrialisation de start-ups en France.

Depuis 2017, la politique du Gouvernement a fait du soutien aux start-ups industrielles et deep tech une priorité. 3,25 Mds€ sont mobilisés entre 2021 et 2025 à destination de l’écosystème des start-ups et entreprises innovantes sur différents dispositifs : les concours innovations, les projets structurants de R&D (i-Démo), le PIA régionalisé ou encore les aides guichets dont les aides deep tech.
Dans le cadre de France 2030, 2,3 Mds€ supplémentaires sont mobilisés pour accompagner jusqu’à l’industrialisation ces start-ups et accélérer l’émergence de start-ups à forte densité technologique. Cette stratégie permettra de concrétiser dans les prochaines années l’industrialisation des start-ups soutenues sur notre territoire.
Cette stratégie s’appuie sur plusieurs dispositifs nouveaux, opérés par Bpifrance, pour renforcer le vivier de start-ups industrielles, financer leurs projets d’industrialisation, les accompagner pour lever les freins à leur développement.

Axe 1 : Financer l’industrialisation des start-ups et PME innovantes

Un appel à projets « première usine » pluriannuel pour des aides à des projets d’industrialisation

Cet AAP destiné aux start-ups et aux PME innovantes sera doté au total de 550 M€ sur la période 2022-2026 afin d’aider au financement de projets d’implantation sur le territoire de première usine, de démonstrateur industriel développé dans un but commercial ou d’unités de production mutualisées. Les usines ou plateformes financées devront être destinées à la production de produits innovants dans des secteurs porteurs.
Calendrier : 1ère relève le 5/04/2022

Des prêts pour financer des démonstrateurs industriels et des usines pilotes

L’objectif de ces prêts est de financer les start-ups, PME et ETI innovantes sur la phase de démonstrateur industriel ou usine pilote, qui permet de faire la transition entre le prototype fonctionnel et l'usine de production : c'est une étape essentielle qui vise à définir, valider et optimiser l'ensemble des options de production à une échelle industrielle mais qui n'est généralement pas viable économiquement. Par exception, les prêts pourront être proposés dans le cadre du financement de l’usine de production, si cette étape comporte encore un fort risque technologique et/ou industriel.
Calendrier : lancement 1er mars 2022

Investissements en fonds propres

1. Des financements en fonds propres du démonstrateur industriel à l’usine
Le fonds « SPI – Sociétés de Projets Industriels » lancé en 2015 dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA), doté de 800 M€, a atteint son objectif de contribution à la réindustrialisation en permettant la création de 20 nouvelles usines à haute valeur technologique, participant à la constitution de positions industrielles ancrées dans les territoires avec de fortes perspectives d’activité et d’emplois.
Le fonds d’investissement SPI sera renouvelé à hauteur de 1 Md€ pour réaffirmer et amplifier l’ambition de l’Etat en matière de soutien à l’industrialisation de projets innovants. Géré par Bpifrance, il continuera de combler la faible appétence des investisseurs privés pour les projets d’industrialisation à forte intensité capitalistique, avec un niveau de risque important (passage à l’échelle des technologies, risque industriel, risque commercial), souvent dans le cadre d’opérations longues et complexes. Le fonds pourra également financer avec des tickets inférieurs à 5M€ des projets de pré-industrialisation (démonstrateurs, lignes pilotes…) en fonds propres
Agissant en investisseur avisé, le fonds contribuera ainsi à la création de nouvelles activités industrielles en France en accompagnant le passage à l’échelle industrielle et commerciale d’innovations développées par des entreprises de toutes tailles (start-up, PME-ETI, spin off de grands groupes…).
2. La création d’un fonds national de venture industriel pour faire émerger des fonds de capital-risque à vocation industrielle
Le Fonds National de Venture Industriel sera un nouveau dispositif en fonds de fonds dont l’objectif sera de favoriser l’émergence et la structuration du marché des fonds de capital-risque à vocation industrielle à même d’accompagner en fonds propres et quasi fonds propres des entreprises françaises dans leurs projets industriels :
  • Fonds de capital-risque ciblant les start-ups industrielles du prototype à la première usine.
  • Fonds de capital-développement transmission ciblant des PME et ETI industrielles porteuses notamment de projets (i) de développement de leur outil de production, (ii) d’innovation industrielle (iii) de relocalisation de leur capacité de production.
Doté de 350 M€ par France 2030 et géré par Bpifrance, il soutiendra des équipes de gestion professionnelles, qui réaliseront elles-mêmes des investissements dans de jeunes entreprises innovantes en phase de pré-industrialisation ou d’industrialisation, ainsi que des PME et ETI porteuses d’un projet de développement de leur capacité industrielle.
Calendrier : lancement du fonds au 1er semestre 2022, avec 1er investissement dans un fonds de capital-risque ou de capital-développement en 2022

Axe 2 : Renforcer le soutien à l’émergence des deep tech (275 M€)

Le potentiel économique des start-ups deep tech et les failles de marché propres à ces acteurs, qui présentent un go-to-market particulièrement long et incertain, ont conduit le gouvernement à lancer un plan deep tech ambitieux en 2019.
Ces efforts doivent être redoublés dans le cadre de France 2030. Son déploiement doit en effet s’appuyer sur le développement, en amont, d’un terreau fertile de projets innovant et de start-up susceptibles de porter des projets d’industrialisation à terme. Or, les start-ups deep tech sont susceptibles de contribuer significativement à l’objectif d’industrialisation puisqu’une proportion importante de ces start-ups (~40 %) sont à vocation industrielle.
C’est ainsi que des initiatives complémentaires au plan deep tech ont été récemment lancées par le gouvernement : soutien à des start-ups studios opérant dans les stratégies prioritaires du Gouvernement (Cybersécurité, intelligence artificielle…) et lancement d’un appel à projets dédié à la pré-maturation et à la maturation de projets issus de laboratoires. Le Gouvernement poursuivra en outre le soutien aux SATT qui ont largement contribué à la dynamique de création de start-ups deep tech depuis leur création en 2012.
Dans cette même logique, France 2030 sera mis à contribution pour renforcer le soutien aux projets deep tech, en rehaussant l’enveloppe des aides versées par Bpifrance aux start-ups deep tech.
1. Sur la durée du plan France 2030, il est ainsi prévu de consacrer 275 M€ supplémentaires, notamment en abondant les dispositifs suivants :     
  • la Bourse French Tech émergence (BFTE), avec une hausse globale des moyens alloués à la BFTE de 50 M€ pour les 5 prochaines années (2022-2026). Plus d'informations
  • l’Aide au développement deep tech, avec une augmentation globale de 150 M€ pour les 5 prochaines années (2022-2026). Plus d'informations
Calendrier : mise en œuvre dès 2022 dans la programmation des aides guichets de Bpifrance.
2. Ouverture des candidatures de la vague 9 du concours d’innovation i-Nov
Lancé en 2017, le Concours d’innovation i-Nov est financé par l’Etat via le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et opéré par Bpifrance et l’ADEME. Il permet de soutenir l’émergence accélérée d’entreprises ayant le potentiel pour devenir des leaders d’envergure mondiale dans leur domaine. Pour les lauréats, c’est une opportunité d’obtenir un cofinancement de leur projet de recherche, de développement et d’innovation, dont les coûts totaux se situent entre 1 et 5 millions d’euros. Le Concours i-Nov compte déjà 462 lauréats.
Il s’inscrit dans le continuum du « Concours d’innovation » se déclinant autour de 3 volets complémentaires : i-PhD, i-Lab et i-Nov. Le concours d'innovation marque un engagement de l'Etat via des financements, une labellisation et une communication renforcée permettant de soutenir le développement d’entreprises fortement innovantes et technologiques, écoresponsables et œuvrant pour une société plus durable. En amont, les concours i-PhD et i-Lab visent à encourager l’émergence et la création de start-up deeptech nées des avancées de la recherche de pointe française. En aval, le concours i-Nov soutient les projets de développement innovants portés par des start-up et des PME.
La vague 9 du concours vise à soutenir des projets innovants portés par des start-up et des PME. Pour cette édition, 4 thématiques sont définies : Numérique, Santé, Transports, mobilités, villes et bâtiments durables, Energies, ressources et milieux naturels.
Clôture : 22/03/2022

Axe 3 : Créer un guichet unique dédié à l’accompagnement des start-ups industrielles

La réussite des projets industriels des start-ups dépend de leur capacité à mobiliser les dispositifs pertinents et de la capacité de l’Etat à leur proposer un accompagnement sur l’ensemble du cycle de vie d’un projet industriel, de l’amont (idéation, sécurisation du business modèle, définition du schéma industriel, etc.) à l’aval (accès au foncier, accompagnement sur les autorisations administratives, les freins réglementaires, les relations avec les services fiscaux, anticipation des recrutements et formation, etc).
La Mission French Tech met en place un guichet start-ups industrielles destiné à identifier les projets des entreprises et leurs besoins pour ensuite leur proposer des dispositifs d’information et d’accompagnement sur les leviers de l’Etat. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des réflexions de la Mission Guillot sur la simplification et l’accélération de l’implantation des sites industriels en France.
Ce parcours commun sera ouvert à toutes les start-ups portant des projets industriels avec pour ambition de s’adapter aux différents degrés de maturité des projets afin d’en favoriser et d’accélérer l’industrialisation.
En complément, Bpifrance mettra des dispositifs d’accompagnement notamment via des un Diagnostics « Amorçage industriel » permettant d’accompagner les startups dans la réflexion sur la stratégie industrielle, la sécurisation des modèles d’affaires et des schémas industriels. Des modules d’accompagnement seront aussi déployés.

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