France 2030 | L'Etat présente sa stratégie d'investissement de près de 5 Md€ pour la filière électronique française : industrialisation, recherche et formation

Ce contenu a été publié sous le gouvernement de la Première ministre, Élisabeth Borne.

Publié 12/07/2022 |Modifié 12/07/2022

Mardi 12 juillet 2022 à Crolles (38), le Président de la République a présenté la stratégie d'investissement de l'Etat pour la filière électronique française avec Bruno Le MAIRE, Ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Sylvie RETAILLEAU, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Olivier BECHT, chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, Olivier VERAN, Ministre délégué chargé du Renouveau démocratique, porte-parole du gouvernement et Thierry BRETON, Commissaire européen pour le marché intérieur. France 2030 consacrera à terme plus de 5 milliards d’euros de soutien au développement de cette filière stratégique pour notre autonomie et nos entreprises et entraînera un ensemble de plus de 16 milliards d’euros de projets d’investissements dans l’industrie et l’innovation, avec la création de l’ordre de 5700 emplois directs, selon trois axes principaux : l'industrialisation, la recherche et la formation.

UNE IMPORTANCE STRATÉGIQUE CROISSANTE DANS UN CONTEXTE INTERNATIONAL MARQUÉ PAR LES TENSIONS

Les composants et systèmes électroniques sont omniprésents dans notre environnement quotidien et sont devenus cruciaux dans les chaînes d'approvisionnement de nombreuses industries critiques. De nos usages numériques quotidiens aux appareils qui équipent nos hôpitaux, de nos cartes bancaires aux systèmes de sécurité de nos véhicules jusqu’à notre défense nationale, les technologies électroniques nous facilitent tant la vie qu’elles occupent désormais une place essentielle dans le fonctionnement de notre société.
Elles sont aujourd’hui un levier indispensable pour relever les défis de ce siècle – vivre mieux, produire plus, polluer moins. Les semi-conducteurs en particulier sont chaque jour plus stratégiques, alors que les besoins augmentent dans toutes nos industries.
Alors que le marché mondial connaît depuis la fin de l’année 2020 une tension sans précédent sur les capacités de production, aggravée par des phénomènes de long terme de concentration autour de quelques acteurs dominants et d’accroissement des risques géopolitiques, Etats et entreprises privées engagent des investissements massifs pour renforcer leur maîtrise technologique dans ce secteur clé.
L'Europe, qui représente moins de 8% de la production mondiale de composants semi-conducteurs, doit se mobiliser pour renforcer la sécurité de ses approvisionnements et favoriser le développement des technologies d’avenir nécessaires à la transformation de ses industries.
Plus qu’un enjeu de sécurité, la maîtrise des technologies électroniques est un enjeu économique : ces technologies sont le socle de la transition numérique et deviennent un outil incontournable de la transition énergétique. Les innovations en électronique alimentent la transformation des industries clés de l’économie française et européenne et jouent par exemple un rôle capital dans l’électrification des mobilités, le déploiement de l’intelligence artificielle et d’un numérique à la fois plus performant et plus sobre, l’invention de nouveaux dispositifs médicaux ou encore le développement des nouveaux usages du spatial.

UN NOUVEAU PLAN DE SOUTIEN AMBITIEUX POUR ACCROÎTRE LES CAPACITÉS DE PRODUCTION ET RÉPONDRE AUX DÉFIS TECHNOLOGIQUES DE LA FRANCE À L’HORIZON 2030

Plus de 5 Mds € consacrés dans France 2030 .
France 2030 consacrera à terme plus de 5 milliards d’euros de soutien au développement et à l’industrialisation de technologies électroniques répondant aux besoins des industries françaises et européennes dans le cadre les transitions numériques et écologiques. Cette stratégie entraînera un ensemble de plus de 16 milliards d’euros de projets d’investissements dans l’industrie et l’innovation et la création de l’ordre de 5700 emplois directs, selon trois axes principaux :
1. Le soutien à l’industrialisation des technologies électroniques en France et l’augmentation globales des capacités de production en France de l’ordre de 90% :
  • Un projet de « mega-fab » porté par STMicroelectronics et GlobalFoundries qui permettra de plus que doubler la capacité de production en France dans les technologies basse consommation pour les besoins de nos industries à 2030.
  • Le développement et la production en France des technologies électroniques basse consommation (FD-SOI), de puissance (GaN, SiC,...) et de capteurs nécessaires à la réalisation des transitions écologiques et numériques en France et en Europe.
  • L’implantation en France de centres de conception et de services d’Intel.
  • Une enveloppe pour de futurs projets industriels de production et d’innovation de rupture.
  • Un soutien massif à des projets d’innovation et d’industrialisation en France, dans le cadre d’un PIIEC en cours de construction avec les partenaires européens. Ces projets induiront :
    • Environ 10 milliards d’euros de R&D et d’investissement productif en France pour une quinzaine de projets électroniques et télécoms ;
    • La création de plus d’une dizaine de nouvelles usines ou lignes de production de composants ou de systèmes électroniques pour une augmentation de capacités de l’ordre de 30% ;
    • La création de 4300 emplois industriels directs supplémentaires ;

2. Le soutien à l’innovation et à la recherche exploratoire :
  • Le développement du prochain nœud technologique de classe 10 nm FD-SOI qui placera la France dans le top 5 mondial dans la maîtrise des technologies de fabrication les plus avancées, et apportera des gains plus importants encore en termes d’efficacité énergétique et de puissance et apportera à l’Europe une autonomie technologique renforcée.
  • Un effort plus de deux fois plus important, de l’ordre de 800 M€, pour le soutien à l’écosystème de recherche académique pour le développement des technologies de 2030 par rapport à la stratégie précédente, notamment :
    • 200 millions d’euros pour soutenir en priorité l’innovation des start-ups et PME/ETI en croissance du secteur sur des marchés d’avenir de l’électronique et de la photonique
    • 39 millions d’euros de France 2030 pour le soutien à l’équipement des laboratoires de l’infrastructure de recherche RENATECH+ et la plateforme de nano-caractérisation (PNFC) du CEA-LETI.
    • 47 millions d’euros de France 2030 pour le soutien à 9 projets de recherche permettant en particulier de développer des filières technologiques nationales dans les 4 axes thématiques précités, en regroupant de façon inédite des laboratoires aux compétences complémentaires
  • Un dispositif dédié de soutien à l’innovation des acteurs émergents innovants, start-up, PME ou ETI.
3. Le soutien à l’accroissement des capacités de formation en électronique pour accompagner les besoins en compétences dans l’ensemble de la filière :
50 millions d’euros pour soutenir le renforcement de la formation et de l’accès aux compétences pour l’ensemble de la filière électronique française dans le cadre de France 2030
  • Adapter l’offre de formation initiale et renforcer l’attractivité de la filière pour accroître le vivier de recrutement des métiers de l’électronique en France ;
  • Développer massivement la formation par alternance pour favoriser l’insertion et améliorer l’articulation entre l’enseignement et l’industrie ;
  • Investir dans les infrastructures, les équipements et les ressources humaines dédiées à la formation, en favorisant au maximum les logiques de mutualisation entre enseignement, recherche et industrie ;
  • Développer, transformer et rendre plus visible l’offre de formation continue en soutenant les innovations pédagogiques et en multipliant les passerelles et les voies de reconversion

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