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L’État investit dans les routes du quotidien

Ce contenu a été publié sous le gouvernement du Premier ministre, Jean Castex.

Publié 17/02/2022

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Publié par gouvernementFR

Je salue d’abord monsieur le maire qui nous accueille chez lui. Je salue le représentant de l’État dans la région et dans le département. Mesdames et Monsieur le parlementaire, Monsieur le président de département, Monsieur le vice-président de la région, tous les maires et élus ici présents, Mesdames et Messieurs. Je ne sais pas si j'aurai l'occasion de revenir, monsieur le vice-président. A nouveau, je rappelle quand même que c'est la troisième fois que je viens dans votre beau département en qualité de Premier ministre, après être venu des dizaines de fois en qualité de voisin. En revanche, je suis bien sûr très heureux d’être avec vous, mais pour illustrer un thème qui me tient particulièrement à cœur, et sur lequel je me suis déplacé à de nombreuses reprises dans beaucoup, beaucoup de territoires de la République qui effectivement — ce qui nous réunit, vous avez déjà donné beaucoup de détails, je remercie le directeur régional pour sa présentation, je lui donne beaucoup de travail, il en est heureux je crois — qui est le sujet routier, le sujet routier. Je vais vous en dire un mot. Je ne vais pas rentrer dans le détail de ce que nous signons, vous l’avez parfaitement fait, mais quelle est un peu la politique gouvernementale, la conception gouvernementale du sujet ? Je commence toujours par dire, ce n’est pas une clause de style, que, c’est connu je crois, c’est un fervent défenseur du rail qui vous parle, un fervent défenseur du rail. Je suis l’auteur sous l’autorité bien entendu du président de la République d’un plan de relance très ambitieux, 100 milliards d’euros, vous vous en souvenez tous, annoncé, décidé en septembre 2020 dont je me plais à rappeler au passage qu’il marche très bien : nous sommes déjà à 75% d’engagements, et il concerne tous les territoires. Je regarde les élus de la République, tout à l’heure nous serons à Lourdes, Monsieur le maire, j’ai tenu à ce qu’il soit le plus possible territorialisé. On a signé par exemple avec la région Occitanie ici dans les Hautes Pyrénées un plan de relance régional. Donc dans ce plan de relance régional, il y a beaucoup de crédits pour le ferroviaire. Ceux-là même, je le dis au passage, qui nous permettent d'accélérer la rénovation du réseau ferré, la réouverture de certaines lignes, comme on dit fines, de desserte du territoire, pour ne pas employer le terme de petites lignes. Ceux-là même qui, je le rappelle, m'a permis de rouvrir des trains de nuit dont le Paris/Tarbes, et croyez que je regrette vivement, chère Viviane, les vicissitudes qui ont entouré cette réouverture. Ça va passer, mais ce n'est pas normal et je l'ai dit très clairement au président de la SNCF. M’enfin l'essentiel est acquis, c'est rouvert, comme le Paris-Nice et d'autres viendront. Dois-je vous rappeler ici que nous avons réinvesti le fret ferroviaire, que j'ai rouvert le Perpignan/Saint-Charles/Rungis, qui avait été fermé en dépit du bon sens puisque renvoyant sur la route des tonnes et des tonnes de marchandises sur les camions. Dois-je rappeler ici qu'avec la présidente de région et de nombreuses collectivités, Monsieur le président, nous avons vigoureusement relancé le LGV sur tout le Sud-Ouest, tant le fameux GPSO que la ligne nouvelle Montpellier/Perpignan ? Oui, mais ça, ce sont des choses concrètes qui non seulement intéressent la vie quotidienne de nos concitoyens, mais surtout structurent le développement des territoires et, bien entendu, concourent au développement durable compte tenu, ai-je besoin de le rappeler ici, des émissions faibles en gaz à effet de serre du transport ferroviaire ? Donc j'ai quelque crédibilité en matière ferroviaire qui me permet de transcender le célèbre ou la soi-disant opposition entre le rail et la route. Je voudrais là aussi être un apôtre du « en même temps ». Nous avons besoin, Mesdames et Messieurs élus, des routes. Nous avons besoin des routes dans notre pays. Je l’ai déjà affirmé à plusieurs reprises, je le refais ici, chez vous. Et surtout, mais vous le savez, pourquoi les routes avaient-elles ou ont-elles acquis on va dire une mauvaise réputation chez certains ? Parce qu'effectivement y roulent des véhicules thermiques qui eux ont un bilan carbone, ont des émissions de gaz à effet de serre très défavorables. Mais à ceux-là, je réponds que nous avons, dans un cadre national et européen, engagé très fermement et ça ne sera pas sans conséquences lourdes pour notre industrie automobile qu'il nous faut défendre et reconvertir et accompagner, que nous avons engagé le virage très clair avec des échéances calendaires fixées vers le véhicule électrique et hybride. Et ça marche, je me suis fait produire les derniers chiffres que je vous donne, regardez si ça va vite les choses : la part des véhicules électriques et hybrides dont je parle dans le total des achats de nos concitoyens, 1,7% en 2017 — 2017 c’est il y a peu de temps — là, nous sommes à 17,3%. Ce n’est pas 100% mais je vous invite à voir la vitesse de la progression et elle va incontestablement s’accélérer parce que nous l'encourageons. Les bornes de recharges, évidemment, qui sont absolument indispensables pour faire fonctionner ce type de véhicule en un an, la progression est de 65 %. Donc, il faut qu’on tienne ces rythmes de progression parce que… Les gens se disent : «  je ne vais pas acheter une voiture électrique si je mets 4 heures à la faire recharger ou si je dois trouver la première borne ». Tout ça, vous le savez. Je veux l’illustrer. Ces véhicules électriques/hybrides, que je sache, il faudra bien continuer à avoir des routes, des routes sûres pour les faire circuler. Donc, il me semble que ce débat doit être tranché. Et il le faut d’autant plus qu’évidemment derrière, il peut y avoir entre transport collectif et transport routier une petite opposition. Et j’y suis évidemment, vous vous en doutez, résolument opposé entre le milieu rural et les milieux densément urbanisés. Les mobilités, nous sommes tous d'accord ici, c'est pour tout le monde. Les mobilités, c'est pour tout le monde. Voilà pourquoi je m'emploie ici comme ailleurs, et pas qu’en région Occitanie. Je refais allusion au préfet de région et au Dreal, chaque fois que l'occasion m’est donnée de relancer et de débloquer des projets routiers. À savoir des trucs qui sont, pour ça il n’y a qu’à se baisser, des trucs qui sont encalminés faute de procédures, faute de financements. Ça, c'est partout en France. Rassurez-vous, monsieur le président, qu’il n'y a pas que dans les Hautes-Pyrénées. Et donc voilà, j'étais en effet lundi avec la présidente de région inaugurer le contournement de Gimont après avoir signé l'année dernière la dernière section de mise à deux fois deux voies. Je vous dis ça parce que vous savez que ce n'est pas très loin de la RN 124 entre Gimont et L'Isle-Jourdain, pour ceux qui sont soucieux du détail. Nous n’étions pas loin d'ici, il y a quelques jours en Ariège, pour statuer sur le contournement de Tarascon sur Ariège. Cette fois-ci, c'est la RN n°20 qui est concernée. Nous travaillons sur la sur la RN 88. Et puis, je pourrais vous parler de la Drôme, de la Meuse, du contournement d'Auxerre. Je cherche partout à débloquer. Il faut beaucoup d'énergie, Messieurs les préfets. C'est même, entre nous, peut-être un peu triste pour notre pays qu'il faille, pour débloquer le contournement d'une ville, l'implication personnelle et résolue du Premier ministre. J’en suis fier de le faire, mais ce n'est pas le signe d'un très bon fonctionnement de l’État. Donc, je pense qu'il faut continuer cette politique, mais si vous me permettez, en tirer des enseignements plus structurels pour lui permettre d'avoir son plein aboutissement, j'en vois sans être trop long deux, au moment où notre pays va s'ouvrir des grands débats, des perspectives devront être dressées. La première évolution structurelle, j'ai commencé mon Gouvernement, le Parlement, j’en remercie les parlementaires encore une fois ici présents, la négocier, c'est la fameuse loi 3DS récemment adoptée après une commission mixte paritaire conclusive. C'est bien qu'on ait une très large majorité sur ces sujets et qui, effectivement, le président Pélieu, il y a fait allusion, dit ceci : Nous avons en France, 10 000, Monsieur le Dreal, kilomètres de routes nationales, dont la RN 21 qui nous réunit cet après-midi. Ce que je constate, moi, ce que tout le monde peut constater, c'est que depuis 30 ans, les crédits émis par l'État dans des routes qui lui appartiennent sont en diminution constante. Pour faire ce qu'on fait, pas forcément aujourd'hui, je suis obligé d'aller chercher, d’abonder des crédits d'aménagement par des crédits d'aménagement du territoire pour abonder mon budget routier. Enfin, ça, c'est ma cuisine interne, c'est neutre pour vous. Mais la tendance, c’est celle-là. Par la cruauté, vous vous souvenez sans doute qu'en 2004, il y a eu une forte décentralisation du domaine routier national au bénéfice, si je puis m'exprimer ainsi, des conseils départementaux généraux à l'époque. Et si vous allez regarder ce texte, mon prédécesseur de l'époque, un ami très estimable, Monsieur Raffarin, a déclaré devant le Parlement bien entendu : On vous donne ces routes, mais les 10 000 qui restent, Monsieur le directeur régional, nous les financerons à 100 % par l'État. La convention que nous signons aujourd'hui en apporte la preuve. Donc, j'ai dit : « il faut faire évoluer le modèle » puisque l'État, lui, de toute façon, doit financer les grandes infrastructures, notamment de transport ferroviaire. Il finance des transports collectifs et des aides à la mobilité. Mais comme je le disais tout à l’heure, ça concerne plutôt les grandes agglomérations urbaines. Donc nous allons expérimenter, parce qu’il faut faire les choses avec prudence, mais nous nous sommes mis d’accord avec l’association des départements de France, avec l’association des régions de France, présidée comme vous le savez par la présidente de la région Occitanie, pour que sur la base du volontariat, et dans le cadre de discussions entre ces deux collectivités, une nouvelles phase de décentralisation routière puisse se faire. Pourquoi ? Parce que les régions sont déjà compétentes en matière de mobilité ferroviaire, qu'elles ont déjà des transports par autobus, enfin scolaires notamment, et pas que. Et que nous devons raisonner de plus en plus en intermodalité. Donc, cette segmentation des compétences devient finalement un obstacle, et tout le monde continue à s'occuper de tout le monde. On voit bien, là, qu'ici, pour le contournement de Tarbes, c'est le conseil départemental qui va prendre la maîtrise d'ouvrage pour améliorer la fluidité d'une route nationale. Je ne vous dis pas qu'on n’y comprend plus rien. Mais enfin, ce n'est pas d'une lisibilité digne d'une efficacité absolue. Donc, le législateur, sur la base du volontariat de l'expérimentation, et je me réjouis évidemment de ce que la région Occitanie ait déjà fait savoir, il y en a 4 autres, qu'elle allait engager sur certains axes plus structurants dans cette voie. Donc ce texte va nous permettre d'accélérer, de faire plus d'investissements dans la route, parce que, je le répète, je vous répète : Ici, nous avons besoin de routes. La deuxième évolution structurelle à laquelle nous devons impérativement réfléchir, nous avons parlé de sous. Évidemment, c'est toujours une affaire de sous. Les intervenants qui m'ont précédé ont rappelé qu'effectivement, les coûts de ces infrastructures s'étaient renchéris, notamment à cause des contraintes environnementales. Je veux vous dire ma conviction : Je ne crois pas que nous reviendrons sur ces contraintes environnementales. En revanche, ce qui ne va pas du tout, c'est ce que j'appelle les contraintes procédurales, qui font que ces délais pour n'importe quel projet s'étalent dans le temps, ce qui, mécaniquement, a pour conséquence de les renchérir, et surtout surtout ce qui… Et il n'y a pas que le domaine routier qui s'applique à mon observation, faire en sorte que les conditions, comme on dit socio-économiques, mais surtout sociétales, d'acceptabilité de projets qui étaient réunis à un moment donné, quand on en arrive à mettre le premier coup de pioche, je ne parle même pas de l'inauguration. Les choses ont tellement changé, y compris l'acceptation par les populations, que les difficultés s'en trouvent accrues. Alors, nous devons faire en sorte que la législation française évolue. On voit à peu près se dessiner les contours de cette nouvelle donne, en amont des projets le plus possible, des concertations sans doute approfondies davantage qu'elles ne le sont aujourd'hui, très en amont. Deuxième axe, une sorte de ce que j'appellerais « rescrit juridique », c’est-à-dire une saisie préventive pour les grands projets du juge administratif, qui se prononcera une fois pour toutes sur le fond. Et ensuite, s’il y a des recours, leur seul aboutissement, s’il devait être fondé, seraient des indemnités pour les pétitionnaires, mais en aucun cas l'arrêt du projet. Et ensuite, nous devons aussi améliorer nos procédures d'exécution qui sont, il faut bien le dire, trop lourdes et qui aboutissent, là encore, à accroître les délais. Donc, je pense qu'il y a besoin d'une loi très ambitieuse, aussi pour fusionner, vous avez parlé d'enquête environnementale, l'enquête parcellaire. Nous avons d'ores et déjà, j’ai demandé au ministre des Transports, via un organisme qui s'appelle le CGEDD, de nous faire des propositions extrêmement audacieuses. Mais je pense, et encore une fois, mon propos va bien au-delà du sujet routier que la France, la compétitivité de l'entreprise France, que l'acceptabilité de ces grands projets par nos concitoyens, ce qui, dans une démocratie, est évidemment une chose essentielle. Sans renier, j'insiste bien auprès de vous, notre ambition environnementale que ces sujets sont des sujets au moins aussi important que la question de la répartition des compétences et de l'affectation des enveloppes financières. Et je pense que tout se tient. Si nous nous améliorons sur ces affaires de procédures et de délais, peut-être n'aurions nous pas à signer plusieurs avenants actant du renchérissement du coût des projets. Je vous dis tout ceci. Je n'oublie pas. J'allais presque dire, c'est la principale motivation de mon intervention devant vous et de ma présence, ici comme ailleurs, qu'il s'agit en réalité de sujets extrêmement connectés à la vie quotidienne de nos concitoyens. Il y a, on l’a dit, monsieur le maire, des questions de sécurité routière sécurité, de sauver des vies, en tout cas de les protéger. Il y a des sujets, évidemment, de désenclavement et de développement économique des territoires. Et puis, il y a aussi, je le dis, une représentation de l'avenir de la marche en avant. Moi, je suis très favorable, je le dis et je l'assume ici, à la transition écologique. Mais je suis de ceux-là, pas le seul, évidemment, qui considèrent que nous devons la concilier avec la croissance économique. La transition écologique, ce n'est pas la décroissance. Ce serait une très lourde erreur pour notre pays. Et je sais qui en pâtiraient les premiers : les territoires les plus excentrés, les territoires les plus ruraux qui sont une force de notre pays. Et je conclurai mon propos en vous disant qu’effectivement, inlassablement, je signe une convention comme ça, monsieur le président, monsieur le vice-président. Je signe beaucoup. N’est-ce pas monsieur le préfet ? Pas qu'en Occitanie, je vous rassure, beaucoup en Occitanie. Bah oui, je dis beaucoup Occitanie. Ce n'est pas parce que je suis issu de chez vous, mais c’est vrai que sur ces sujets d'infrastructures, on parlait de la LGV. Vous regardez la carte de France, on va en site propre à Rennes, on va en site propre à Strasbourg, on va en site propre à Marseille, on va en site propre à Lille. On ne va pas à Toulouse, on s'arrête à Bordeaux. Il y a quand même une petite partie, il se trouve qu’on y est dedans, qui est un peu oubliée. Et vous savez, territoires oubliés égale citoyens révoltés parce que, se sentant, ben oui, déconsidérés. Moi, je peux comprendre ça, vous voyez. Je sais où je suis ici. Je suis maire d'une sous-préfecture de 6 500 habitants en territoire rural, ça sonne bien à mes oreilles. Donc, il faut agir. On peut par de la volonté politique et nous agissons, ça c'est bien vous l’avez souligné. Quand on signe, d'habitude, c'est quand on est d'accord, et quand on est d'accord, ça veut dire qu'on sait travailler ensemble. Parce que je veux féliciter tous ceux qui ont travaillé à ça. Moi, j'arrive, on signe. Bien sûr, je débloque des enveloppes. Vous avez bien voulu le rappeler. C'est mon rôle. J'incarne une volonté politique. Mais on s'est mis d'accord, quelles que soient nos tendances, parce qu'on est d'accord sur l'essentiel. Et je le dis aussi, tout cela au-delà du fond que j'ai essayé, mesdames et messieurs, de développer devant vous, ça a aussi valeur de symbole dans une société où les motifs de fracturation, de division et de stigmatisation sont profondément à l'œuvre. Nous, en tout cas, ceux qui partagent une certaine conception du pacte républicain, devons montrer à nos concitoyens que nous savons travailler ensemble au service de l'intérêt général, à leur service pour améliorer leur vie quotidienne, pour porter de la considération à tous les territoires. C'est pour ça que je le dis, on a fait des CRTE, ça c'est plutôt en direction des maires ici présents. Il n'y a pas un millimètre carré du territoire métropolitain qui désormais ne soit couvert par un CRTE. D'ailleurs que la relance, comme je l'ai indiqué tout à l'heure, c'est pour tout le monde. Voilà. Donc inlassablement, dans le cadre de la mission qui est la mienne, nous devons recoudre les territoires, rassembler nos concitoyens et leur démontrer que par delà les opinions parfaitement légitimes, ça s'appelle la démocratie. Nous sommes capables, comme ici, de travailler ensemble au service de nos concitoyens. Je vous remercie.
En visite dans les Hautes-Pyrénées le 17 février 2022 où il a notamment signé l’accord entre l’État, la région Occitanie, et le département pour l’aménagement de l’itinéraire Tarbes-Lourdes, le Premier ministre est intervenu à Orleix et y a présenté les investissements de l'État dans les routes du quotidien.