Stratégie de transformation du système de santé

Mis à jour le 20 septembre 2018 - Projet porté par Agnès Buzyn
Face à un modèle aujourd’hui inadapté, le Président de la République et la ministre des Solidarités et de la Santé ont présenté, le 18 septembre, une nouvelle stratégie de transformation du système de santé avec pour principal objectif celui de recentrer le système autour du patient.
Une nouvelle stratégie18 septembre 2018Emmanuel Macron et Agnès Buzyn ont présenté les orientations et les principales mesures de la nouvelle stratégie de transformation du système de santé.

De quoi s'agit-il ?


 

L'objectif de la stratégie de transformation du système de santé vise à une meilleure organisation des professionnels de santé, pour remettre les patients au centre du système et garantir l’accès aux soins partout sur le territoire.

L'ambition, c’est celle d’un système orienté sur la prévention et la qualité, dans lequel les professionnels de santé travaillent collectivement pour répondre à leurs besoins.
 

3 grandes orientations POUR RESTRUCTURER LE SYSTème de santé

1. Regagner du temps médical, pour permettre à tous les patients d’accéder aux soins

2. Créer un collectif des professionnels de santé, pour que les patients soient bien orientés

3. Garantir des soins de qualité

 
400 millions d'euros
supplémentaires seront engagés dès 2019.
Le financement prévu est à la hauteur des ambitions de cette stratégie. Avec un taux d’évolution exceptionnel de l’Ondam (objectif national de dépenses de l’assurance maladie) de 2,5% (plus élevé que l’engagement du Président de la République, qui était de 2,3%, et le plus élevé en 6 ans), ce sont 400 millions d'euros supplémentaires qui seront engagés dès 2019.

LES principales mesures

1. Regagner du temps médical, pour permettre aux patients d’accéder aux soins. Comment ?
 
  •  en formant plus et mieux, via la suppression du numerus clausus, qui laissera place à un système de sélection qui incite moins au bachotage, laisse plus de place à la pratique, et permette de diversifier les profils des étudiants. Aujourd’hui, le contenu des études et les examens sont orientés vers l’évaluation encyclopédique des connaissances, et insuffisamment tournés vers les compétences nécessaires à l’exercice de ces métiers.
     
  • en créant 4 000 postes d’assistants médicaux pour seconder les médecins de ville, par exemple pour accueillir les patients, prendre la tension, etc. On estime que cela permettra de gagner entre 25 et 30% de temps médical.
2. Créer un collectif des professionnels de santé au service des patients. Comment ?
 
  • en constituant des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), afin que tous les
    1000
    communautés professionnelles territoriales de santé d’ici à 2022
    professionnels d’un territoire s’organisent pour répondre ensemble aux besoins de la population. Ces CPTS assumeront notamment des "urgences de ville", pour décharger les urgences hospitalières qui doivent se concentrer sur les situations vitales. L’objectif est d’en déployer au moins 1 000 d’ici à 2022. Une stratégie de déploiement sera arrêtée d’ici à la fin 2018. Une partie de la rémunération des professionnels sera conditionnée à l’adhésion à une CPTS.
 
  • en créant 400 postes de médecins généralistes salariés dans des déserts médicaux pour permettre aux patients d’accéder à une consultation généraliste en ville.
     
  • en labellisant dès 2020 les premiers "hôpitaux de proximité", avec l’objectif de reconnaissance de 500 à 600 établissements, et en réformant le régime des autorisations des activités de soins, dans une logique de gradation des soins entre soins de proximité et soins spécialisés.
3. Mettre la qualité au cœur du système de santé. Comment ?
 
  • en allant vers une limitation progressive la part de financement à l’activité (T2A) et à l’acte, pour qu’elle ne représente pas plus de 50% des modes de financement de l'hôpital.
     
  • en créant des ffinancements au forfait pour la prise en charge du diabète et de l’insuffisance rénale à l’hôpital dès 2019. Ils seront élargis à partir de 2020 à d’autres pathologies.
     
  • en évaluant la qualité des soins à partir de l’expérience des patients.
     
  • en remettant le soignant au cœur de l’organisation, notamment par l’élargissement des compétences de la commission médicale d’établissement pour renforcer la participation des médecins au pilotage des hôpitaux.

Pourquoi ?

  • Grâce au dévouement des professionnels de santé : notre système de système de soins est l’un des plus performants au monde. Il est "notre force et notre fierté", a précisé le Président de la République lors de la présentation de la nouvelle stratégie de transformation du système de santé.
    La France a la deuxième espérance de vie la plus élevée au monde et le reste à charge pour les ménages est le plus faible du monde (moins de 8% du coût des soins), grâce à un haut niveau de couverture.
     
  • Conçu il y a 60 ans notre système de santé est fragilisé par des tensions en terme d’accès aux soins, de conditions d’exercice et financières. Il faut mieux répondre aux besoins de santé des patients, en plaçant la prévention et la qualité au cœur de notre système.
 
  • Ces tensions se répercutent sur les patients (difficulté à trouver un médecin rapidement, attente interminable aux urgences, soins de qualité et de pertinence inégales.)
     
  • Les soignants sont quant à eux confrontés à un sentiment de perte de sens,une impression de n’avoir pas le temps pour l’essentiel et un manque de perspective d’évolution de carrière.