Accès à l’eau : ne laisser personne de côté

Qui que vous soyez, où que vous soyez, avoir un accès à l’eau fait partie de vos droits fondamentaux. Pourtant, aujourd’hui encore, le manque d’eau concerne plus de 40% de la population mondiale.
 
Si l’eau représente 71% de la surface de la terre, chaque être humain n’y a pas accès de manière égalitaire. Des millions de personnes en sont encore privées. La Journée mondiale de l’eau vise, tous les 22 mars, à faire le point sur les problèmes d’assainissement (traitement des eaux usées) et d’accès à des sources d’eau potable, à travers le monde.

L’accès à l’eau dans le monde en quelques chiffres

  • 2,1 milliards de personnes n’ont pas accès à de l’eau potable chez elles.
  • 1.8 milliard de personnes consomment une eau contaminée par des matières fécales.
  • Une école primaire sur quatre ne dispose pas d'eau potable : soit les enfants ne boivent pas, soit ils consomment de l'eau provenant de sources non protégées.
  • Chaque jour, plus de 700 enfants de moins de 5 ans meurent de diarrhées causées par de l’eau insalubre ou le manque d’assainissement.
  • Les femmes et les jeunes filles sont chargées de la collecte de l’eau dans 8 ménages sur 10 n’ayant pas de point d’eau à domicile.
  • Plus de 800 femmes meurent chaque jour de complications qui surviennent pendant la grossesse ou l’accouchement.
  • Près de 159 millions de personnes puisent de l’eau de boisson dans des eaux de surface (par exemple des mares ou des cours d’eau).
  • 700 millions de personnes dans le monde pourraient être déplacées en raison d’une aggravation de la pénurie d’eau d’ici à 2030.
  • Les personnes les plus fortunées ont en général accès à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène de haut niveau, à des prix souvent très bas, alors que les plus démunis paient un prix beaucoup plus élevé pour un service de qualité identique, voire inférieure.
Ne pas avoir accès à l’eau, ce n’est pas juste avoir soif. C’est également un enjeu de dignité, d’hygiène, de santé, d’agriculture, de sécurité alimentaire, de réussite éducative, de pauvreté, de développement durable, mais aussi d’inégalités de genre, géographiques et économiques.

L’accès à l’eau : un droit fondamental depuis 2010

Si beaucoup ont toujours un accès limité à l’eau, c’est principalement du fait de leur :
  • Sexe et genre
  • Race, appartenance ethnique, religion, naissance, caste, langue et nationalité
  • Handicap, âge et santé
  • Régime d’occupation, lieu de résidence et situation économique et sociale
La dégradation de l’environnement, le changement climatique, la croissance démographique, les conflits, les déplacements forcés et les flux migratoires impactent aussi des groupes marginalisés dans leur accès à cette ressource.

L’accès à l’eau est pourtant un droit fondamental depuis 2010, date à laquelle les Nations unies ont adopté une résolution historique reconnaissant que « le droit à l'eau potable et à l'assainissement est un droit de l'homme, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l'exercice de tous les droits de l'homme ». Cette résolution demande aux États de créer les conditions d’un accès universel à l’eau et à l’assainissement, sans discrimination et en donnant la priorité aux plus démunis.

La Journée mondiale de l’eau prévoit ainsi de faire le point sur les avancées dans ce domaine. Le thème de cette année, « Ne laisser personne de côté », vient de la promesse initiale du Programme de développement durable des Nations unies. Ce dernier prévoit, dans son objectif six, de garantir une gestion durable et un accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous d’ici 2030.