A l'occasion des 60 ans de la Constitution, Emmanuel Macron relance la réforme des institutions

Le Président de la République s'est exprimé, le 4 octobre, à l'occasion du 60e anniversaire de la Constitution de la Ve République. Il a notamment rappelé la nécessité de la réforme constitutionnelle, dont l'examen parlementaire reprendra en janvier 2019.
 
"Créée en 1958 pour répondre aux défis d’un monde en mutation, elle nous offre une stabilité précieuse que nous devons maintenir et renforcer." - Emmanuel Macron à propos de la Constitution, le 4 octobre 2018.

Le 4 octobre 2018 marque le 60e anniversaire de la Constitution. Pour l'occasion, après un hommage rendu au général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises, Emmanuel Macron s'est exprimé devant le Conseil Constitutionnel, avec un souci de pédagogie. Il a également relancé la réforme constitutionnelle.
 
"Notre responsabilité n’est pas de [la] mettre sous cloche, mais de garder la force de son élan originel." - Emmanuel Macron, le 4 octobre 2018.

La réforme des institutions que porte le Gouvernement permettra à ces dernières de répondre à trois grands défis :

La légitimité, avec un système politique plus juste et plus représentatif, sans pour autant introduire des éléments de blocage.
Cela doit permettre de prendre mieux en compte l’évolution de notre société, et passe notamment par la réforme du CESE, pour qu’il prenne mieux en compte une société multiple et qu’il porte les causes de long terme.

L'efficacité, pour permettre un impact réel des décisions prises par les institutions.
"Le temps s’accélère. Le temps institutionnel ne peut plus suivre le temps réel", a rappelé Emmanuel Macron. A travers la réforme constitutionnelle, il s’agira notamment d’ accélérer le travail législatif et de donner au Parlement les moyens de renforcer son travail de contrôle et d’évaluation. Le Président de la République a annoncé que chaque ministre se rendra devant les commissions parlementaires une fois par an pour dresser son bilan et tracer les perspectives de l’année à venir.

La justice, car "l’autorité judiciaire ne saurait rester à l’écart de ces évolutions".
La réforme constitutionnelle s’inscrit dans la continuité de celles des dernières décennies, avec davantage d’indépendance pour l’autorité judiciaire, mais aussi avec une meilleure assise institutionnelle et démocratique. Cela passera par la suppression de la Cour de justice de la République et par la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
Le Président de la République a rappelé que la justice doit être indépendante mais ne saurait être en dehors de tout. "L’indépendance n’interdit pas et même commande une profonde articulation". Les magistrats du parquet (qui appliquent les politiques publiques) seront donc nommés après avis conforme du CSM (et non après avis simple comme actuellement).

Le Président de la République a également souligné que "l’Etat ne peut pas réussir seul. Il doit conjuguer son action à celle des collectivités locales, qui sont devenues le premier acteur de nombreuses politiques publiques". C’est la raison de la démarche partenariale entre l’Etat et les collectivités, mais aussi de la proposition de modifier l’art. 72 de la Constitution pour permettre aux collectivités d’adapter dans leurs domaines de compétences les lois et règlements à la réalité de leur territoire.