9 mai 2019

8 Avenue Lénine, une projection-débat sur la question des bidonvilles

Le 19 avril 2019, la Dihal a accueilli trois classes de lycéens de la région parisienne et vingt volontaires en service civique travaillant au sein de l’association Romciviq / Enfants du canal pour assister à une projection-débat du film 8 Avenue Lénine, en présence des réalisatrices Anna Pitoun et Valérie Mitteaux.
 

Du bidonville à l’insertion sociale, ou la chronique de quinze ans de lutte pour vivre dans la dignité. Un documentaire poignant.


Mars 2003 : des habitants d’Achères, dans les Yvelines, se mobilisent, avec le soutien du maire Alain Outreman, pour venir en aide à des personnes installées dans un bidonville de la commune. Quelques heures plus tard, le campement est expulsé sur ordre de la sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye. Un formidable élan de solidarité se met alors en place pour héberger provisoirement les familles dont les enfants sont scolarisés sur la commune. Parmi elles, Salcuta Filan et ses deux enfants, Denisa et Gabi. Accueillis avec leur mère par leur maîtresse d’école, hébergés ensuite dans une caravane sur un terrain communal, les enfants de Salcuta pourront poursuivre leur scolarité…

Avec 8 Avenue Lénine, Valérie Mitteaux et Anna Pitoun, nous proposent de suivre le parcours d’intégration de Salcuta, Denisa et Gabi pendant quinze années au cours desquelles alternent joies et désillusions, quinze longues années scandées par l’accès à l’emploi et au logement, par le mariage des enfants et par les naissances. Le film nous convie également à un voyage dans le village natal de Salcuta, gangréné par le chômage et par le racisme anti-rom. C’est l’occasion pour elle d’évoquer les raisons de son départ de Roumanie. Jetée sur les routes d’Europe, à l’aube des années 2000, elle n’avait d’autre espoir que de rejoindre la France pour offrir une vie meilleure à ses enfants.

 

Échanger pour battre en brèche stéréotypes et préjugés


La projection de 8 Avenue Lénine a été suivie d’un riche échange entre lycéens et réalisatrices. Questions posées et témoignages des volontaires en service civique ont permis aux jeunes de mieux appréhender la réalité des bidonvilles et de prendre conscience des obstacles à surmonter pour échapper à la précarité. L’échange fut également l’occasion d’aborder la question des préjugés et discriminations dont souffrent encore trop souvent les populations vivant en bidonvilles, en particulier celles d’origine rom.

Le parcours de Salcuta et de ses enfants aura permis de témoigner auprès des jeunes de l’utilité de poursuivre l’action publique, en proposant aux personnes un accompagnement global vers la santé, l’éducation, l’emploi et le logement. Quant à l’accueil enthousiaste reçu par le film, il confirme l’intérêt pour la DIHAL de développer ces temps forts de sensibilisation et de réflexion citoyennes.


 

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Contact :
Jean-Paul BACHELOT, Conseiller "Éducation et droits de l'enfant"
jean-paul.bachelot@dihal.gouv.fr