"Un citoyen mieux informé est un citoyen qui se protégera mieux contre la pollution"

L'open data collaborative pour ne plus subir la pollution : c'est le défi technologique de l'objet connecté développé par Plume Labs, la start-up de Romain Lacombe, 31 ans, ancien directeur de l'innovation chez Etalab.
 
Ce diplômé de l'École polytechnique et du MIT se décrit comme un "ingénieur de la transparence". C'est qu'il a toujours considéré l’open data comme un des leviers majeurs pour relever les défis du monde actuel. "Ce qui nous attend, ce sont souvent des défis d’efficacité, en matière d’utilisation des ressources notamment. Or, pour faire mieux avec moins, l’accès aux données joue un rôle essentiel." Au MIT, Romain Lacombe a travaillé dans un laboratoire de recherches en économie du climat, sur les marchés du carbone et leur impact sur l’innovation énergétique. A son retour en France, plutôt que de rejoindre le corps des Ponts, il se passionne pour l’ouverture des données publiques.

Après avoir co-écrit le premier rapport sur le potentiel de l’open data en France, il participe, dès 2011, à la création de la mission Etalab, qu’il accompagnera en tant que chef de l’innovation jusque début 2014, date à laquelle il crée Plume Labs avec David Lissmyr (également diplômé de Polytechnique et de Stanford). Cette start-up développe de l’open data collaborative sur les relevés de pollution de l'air. "L’open data c’est non seulement une façon de rendre l’État plus transparent, de moderniser le lien entre citoyens et action publique, mais c’est aussi apporter les ressources informationnelles nécessaires aux innovateurs."

La pollution est la première cause de mortalité évitable selon l’OMS. Or, le degré de pollution varie beaucoup plus qu’on ne le croit d’un quartier ou d’une rue à l’autre. L’objectif de Plume Labs : être mieux informé en temps réel sur l’air que l’on respire, là où l’on se trouve, afin de mieux se protéger et d'adapter son comportement. Le tout grâce à un objet connecté, de la famille du Quantified Self (désigne une pratique de la "mesure de soi" consistant à recueillir un maximum de données pour améliorer son bien-être et sa santé), qui mesure les principaux polluants de l’air en intérieur et en extérieur auxquels on est exposé.  "Au départ, la motivation est personnelle, mais après, il y a cette dimension collaborative qui fait qu’en mutualisant tous les relevés, on peut connaître de manière plus fine notre exposition commune à la pollution." Un prototype de cet objet sera présenté en juin au festival Futur en Seine, en collaboration avec Cap Digital, l’Inria et le laboratoire citoyen La Paillasse. "Un programme d’exploration urbaine collaborative permettra aux visiteurs munis de kits de collecte citoyenne de mesurer les pollutions urbaines (de l’air mais aussi sonores et microbiennes) démontrant pour la première fois l’intérêt de la mesure collaborative de la pollution à l’échelle d’un quartier." En parallèle, la start-up va lancer, le 13 mai, son application mobile, déclinaison de leur site qui permet, gratuitement et sans capteur, de connaître la pollution heure par heure dans 60 villes du monde, simplement grâce aux relevés scientifiques disponibles en open source.

 
"Cette récompense est la preuve de la force de la French Tech et de l’écosystème d’innovation français."
Cette récompense du MIT est pour lui la preuve de "la force de la French Tech et de l’écosystème d’innovation français". C'est aussi une "reconnaissance collective" pour son équipe de 9 personnes. "Nous sommes une start-up parisienne et fiers de l’être ! La France est aujourd’hui le berceau de l’économie collaborative et du développement durable, on le voit avec le succès européen et même mondial de Blablacar." Romain Lacombe se dit heureux de continuer à contribuer à ce mouvement qui fait désormais de la France un leader mondial reconnu de l'open data (La France est désormais 3e au classement mondial de l'Open Data Index). "Poursuivre cette dynamique depuis le monde des start-up démontre que l’innovation est un élément sur lequel la France peut rayonner à l’international."

 
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