Manuel Valls présente la Stratégie nationale pour la sécurité du numérique à la Maison de la Chimie
19 octobre 2015

Stratégie nationale pour la sécurité du numérique : "un bon équilibre entre prise en compte de la sécurité et dynamisme économique"

Manuel Valls a présenté, vendredi 16 octobre, la Stratégie nationale pour la sécurité du numérique, destinée à accompagner la transition numérique de la société française. Il a rappelé à cette occasion que le Gouvernement est déterminé à poursuivre l’effort pour faire face aux menaces issues du cyberespace et souligné que cette stratégie est "un bon équilibre entre prise en compte de la sécurité et dynamisme économique."
 

"Début 2011, une première stratégie de cybersécurité a été publiée ; c’était peu après une attaque informatique visant le ministère de l’Économie et des Finances", a rappelé Manuel Valls, vendredi 16 octobre, à la Maison de la Chimie (7e arrondissement de Paris). Il y a, grâce au numérique, plus d’opportunités en matière de création d’emplois et de richesses, de simplification de l’administration, de débat public et d'engagement citoyen, d'accès à la culture. "Nous essayons tous, et mon gouvernement aussi, de les saisir." Mais il y a aussi plus de menaces, mouvantes, protéiformes, liées de plus en plus au détournement du numérique par des individus malveillants et des organisations criminelles ou terroristes. "Nous voulons y répondre avec une très grande lucidité et les moyens adaptés."

En 4 ans, la donne a profondément évolué. Les cyberattaques peuvent alors avoir des effets dévastateurs. Manuel Valls a rappelé celle qui a frappé, il y a quelques mois, la chaîne TV5 Monde. "Ces cyberattaques sont susceptibles de désorganiser les activités vitales de notre pays, de déstabiliser les entreprises, de vampiriser leurs savoir-faire. La conséquence directe est alors la destruction de nombreux emplois", a expliqué le Premier ministre. "Nos concitoyens sont également exposés, que ce soit à des tentatives d’escroqueries, qui s’accompagnent parfois de chantage, ou à la captation de leurs données personnelles."


 
"La responsabilité de l’État est donc de se protéger, de protéger les citoyens, le tissu économique, d'anticiper les menaces et de réprimer les actes délictueux".
La nouvelle stratégie pour la cybersécurité est le résultat d’un travail inédit et ambitieux. Manuel Valls a rappelé qu'il ne faut pas opposer le numérique,  "qui devrait être le monde de la liberté absolue", à la sécurité, "qui se traduirait nécessairement par une restriction dangereuse des libertés fondamentales." "La réalité est à mille lieues de cela ou en tout cas elle est plus complexe : sans sécurité, il n’y a pas de liberté possible."



La stratégie nationale pour la sécurité du numérique poursuit 5 objectifs.
 

Renforcer la cyberdéfense



 

  • L’Anssi, qui comptait une centaine d’agents lors de sa création en 2009, sera forte de 600 agents à l’horizon 2017. Les ministères de la Défense et de l’Intérieur ont eux aussi augmenté le nombre d’effectifs consacrés à ces missions.
  • Les filières françaises de formation et de recherche en informatique et en mathématiques sont mondialement reconnues. Il n’est pas toujours facile pour l’État, et donc pour l’Anssi, d’être compétitifs en termes salariaux, face aux possibilités des grandes entreprises. Des efforts sont faits pour qu’une partie de ces talents s’engagent au sein des services publics.
  • La loi de programmation militaire de 2013 a prévu un renforcement de la sécurité des systèmes d’information des opérateurs d’importance vitale, et non plus uniquement de ceux de l’État.
  • Bpifrance, en lien avec le ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique et l’Anssi, a lancé des appels à projets consacrés à la cybersécurité afin d'accompagner les entreprises françaises pour développer des dispositifs fiables de détection d’attaques informatiques ou des équipements de protection destinés aux PME.
     

Protéger les citoyens


Les données numériques dévoilent notre vie personnelle et professionnelle et contiennent parfois des éléments qui relèvent de l’intime. Il est donc indispensable de protéger la vie numérique des Français. Le 8 décembre dernier, Manuel Valls avait formulé devant l’ensemble des Cnil européennes, des engagements forts pour faire du modèle européen de protection des données personnelles un argument d’attractivité, voire de compétitivité. La toute récente décision de la Cour de justice des communautés européennes montre bien l’écart qui peut exister par rapport à d’autres législations.

"Je suis fier d'avoir porté la loi sur le renseignement", a déclaré le Premier ministre, rappelant que le projet de loi a été validé, dans sa quasi-totalité, par le Conseil constitutionnel. "Mais, s’il était nécessaire de donner à nos services de renseignement les outils indispensables pour assumer leurs missions dans la société numérique,  mon gouvernement reste favorable à ce que les acteurs privés continuent de bénéficier pleinement, pour se protéger, de toutes les ressources qu’offre la cryptologie légale", a-t-il précisé.
 

Sensibiliser et former


La sensibilisation de tous au "risque cyber" est indispensable : jeunes, élus, dirigeants d’administration et d’entreprise, professionnels du numérique. La France est en retard par rapport à ses partenaires en matière de sensibilisation de sa population aux risques associés aux usages du numérique. Dès lors, la Stratégie nationale pour la sécurité du numérique met l'accent sur la sensibilisation et la formation.
 

Faire de la sécurité du numérique un facteur de compétitivité

 
Il est essentiel de soutenir et d’accompagner les entreprises françaises, notamment celles de la French Tech. Un appel à projets du Programme d’investissements d’avenir a été lancé la semaine dernière pour soutenir les technologies innovantes en matière de protection de la vie privée. Doté de 10 millions d’euros, il permettra à des entreprises françaises de développer une expertise et des produits de niveau mondial, qui leur ouvriront des marchés importants en même temps qu’ils contribueront à la protection de nos concitoyens.


Manuel Valls a salué la signature, en marge de la présentation de la stratégie nationale et en présence d’Axelle Lemaire, d’une charte par laquelle les principaux opérateurs de télécommunications français s’engagent à protéger les échanges de mails entre leurs serveurs respectifs. Elle permettra de mieux sécuriser les échanges de nos concitoyens tout en préservant les impératifs de sécurité nationale.

"La responsabilité de l’État, sur les territoires numériques comme ailleurs, est de se protéger et de protéger ses citoyens", a déclaré Manuel Valls. "La stratégie nationale pour la sécurité du numérique qui vous est présentée aujourd’hui est un bon équilibre entre prise en compte de la sécurité et dynamisme économique." Un état de sa mise en œuvre sera régulièrement remis au Premier ministre, afin de lever les difficultés éventuelles ou d’apporter les adaptations nécessaires.
 

 

 

Vous êtes assurés de la détermination du Gouvernement à poursuivre l’effort pour faire face aux menaces issues du cyberespace. L'époque le commande, l'exige, nous l'impose ; l'espace numérique doit être un espace de confiance, de sécurité et de responsabilité.
Manuel Valls
Le 16 octobre 2015