Photo dans une cour de récréation
24 août 2016 - Actualité

Sécurité dans les établissements scolaires : anticiper, sécuriser, savoir réagir

Une semaine avant la rentrée scolaire, le 1er septembre prochain, Najat-Vallaud Belkacem, Bernard Cazeneuve et Stéphane Le Foll ont détaillé les mesures prises pour garantir un haut niveau de sécurité aux élèves et personnels des écoles, collèges et lycées.
 
Comme l'a rappelé Bernard Cazeneuve, "le niveau de menace terroriste est très élevé. Les événements tragiques auxquels notre pays a dû faire face au cours des mois derniers en témoignent". Depuis 2015, plusieurs instructions visant à renforcer les mesures de sécurité dans les écoles et établissements scolaires ont été prises. "Devant les périls qui nous menacent, notre réponse doit marcher sur deux jambes, le volet sécuritaire bien sûr mais aussi le volet éducatif. Les deux doivent toujours aller de pair", a poursuivi Najat Vallaud-Belkacem. Pour cette rentrée, le Gouvernement a renforcé le niveau de vigilance habituel. La coordination entre les ministères de l’Intérieur, de l’Éducation nationale et de l’Agriculture a donné lieu à l’élaboration d’une stratégie globale et cohérente permettant de garantir un haut niveau de sécurité, autour de trois axes : sécuriser, anticiper et savoir réagir.

Anticiper, par une coordination sans faille à tous les niveaux

"Anticiper, c’est œuvrer, comme nous le faisons, à une coordination sur le terrain entre l’ensemble des acteurs locaux," a indiqué la ministre de l’éducation nationale. Pour cela, des cellules de crise académiques sont mises en place et des outils appropriés, comme des répertoires des directeurs et des chefs d’établissement pour les contacter directement sur leurs téléphones portables et assurer ainsi une transmission optimale des informations.

Mobilisation de toutes les forces de sécurité 

"Les chefs d'établissements pourront compter sur l'engagement des forces de sécurité", tout au long de l’année scolaire, a assuré le ministre de l’Intérieur. La priorité donnée à la protection de l’espace scolaire, mobilisera l’ensemble des gendarmes et policiers quelles que soient leurs affectations. Une réserve d’intervention immédiate reposant sur les BAC et les PISG est prête à intervenir en cas de nécessité. Le jour de la rentrée, plus de 3 000 réservistes de la gendarmerie nationale seront mobilisés. Tout au long de l’année scolaire des patrouilles mobiles vont sécuriser les itinéraires de ramassage et de transports scolaires, les abords immédiats des établissements aux moments clés de la journée où les élèves et les parents sont regroupés.
 

Plusieurs mesures de vigilance sont en outre recommandées. Le contrôle visuel des sacs pourra être opéré. Les comportements ou  objets suspects devront être signalés. Pour éviter le regroupement des élèves aux abords des établissements,  le déplacement des élèves sera fluidifié, par exemple, en assouplissant les horaires d’entrée et de sortie.
 
Mais comme l’a souligné Najat-Valaud Belkacem, au cours de la conférence de presse, il convient désormais de "développer une culture pérenne de la gestion des risques et de la sécurité", au sein de la communauté éducative.  Pour l’année 2016-2017, "nous formerons des cadres aptes à transmettre à nos personnels une culture de la gestion de risque", a avancé le ministère de l’Éducation nationale.
 
Des guides et des réunions pour accompagner les chefs d’établissement et informer les familles
  • Dans les écoles, les réunions de rentrée des parents d’élèves consacreront un temps à la sécurité.
  • Chaque collège ou lycée informera les familles des mesures prises pour sécuriser les établissements scolaires.
  • Deux guides sont mis à disposition des familles, l’un pour l’école primaire, l’autre pour le collège et le lycée, afin de leur expliquer les différentes mesures mises en place dans les écoles et les établissements scolaires. (Retrouvez les guides ici)


 Plus de moyens pour sécuriser les établissements scolaires

 
50 M€
C’est la somme supplémentaire allouée au Fonds interministériel de prévention de la délinquance pour accompagner les collectivités territoriales pour les travaux d’urgence.
Afin d’aider les collectivités territoriales, une enveloppe spécifique de 50 millions d'euros est allouée pour les travaux urgents de sécurisation. L’identification des travaux prioritaires dans les collèges et les lycées se fera de concert avec les collectivités territoriales, les chefs d’établissements avec l’assistance de "référents-sûreté" du ministère de l’Intérieur et de correspondants "gendarmerie-police/sécurité école", au travers des plans particuliers de mise en sûreté (PPMS). Ainsi, pour l’année scolaire 2015-2016, près de 3 000 actions d’assistance technique ont été conduites par les "référents sécurité", six fois plus que pour l‘année scolaire 2014-2015.
 

Anticiper pour savoir réagir 

Tous les préfets réuniront avant la rentrée un état-major départemental de sécurité consacré à la protection de l’espace scolaire.
Un exercice "Alerte-SMS" sera déclenché le jour de la pré-rentrée : les académies enverront une alerte par SMS aux écoles, collèges et lycées qui dépendent d’elles. Á l’échelle départementale, chaque préfet met en place un exercice-cadre de crise en association avec les services de l’Éducation nationale et de l’Agriculture.
 

Des exercices tout au long de l'année

Afin de préparer les élèves et les personnels à réagir de manière adéquate lors d’une situation de risque, il est prévu d’organiser pour chaque établissement, trois exercices durant l’année scolaire, dont un exercice "attentat-intrusion". Un exercice devra avoir été effectué avant la Toussaint, prioritairement celui portant sur un "attentat-intrusion".
 
A ce jour,  88 % des écoles ont actualisé  et 95 % des collèges et lycées leur Plan particulier de mise en sûreté (PPMS) face aux risques majeurs et/ou leur diagnostic de sécurité, en 2015-2016.Les dernières mises à jour seront assurées sous peu.
 

Une sensibilisation aux gestes qui sauvent

L’apprentissage des premiers secours est essentiel dans le développement d’une culture commune de la sécurité. Les 400 000 collégiens et lycéens ayant un mandat (délégué de classe, élu au conseil de la vie lycéenne …) pourront bénéficier, à leur demande, d’une formation au "PSC1 "ou au module d’initiation aux "gestes qui sauvent" en fonction des modules proposés par l’établissement.

En outre, l'objectif est de former ou d’initier  100 % des élèves de troisième (810 000 élèves) aux gestes de premiers secours d’ici la fin de l'année scolaire 2016-2017.
Plus de 1,2 million d’élèves seront ainsi initiés ou formés chaque année aux premier secours d’ici à la fin de l’année 2016-2017.
 
Najat Vallaud-Belkacem : "Former tous les élèves de 3e aux premiers secours"
 
Deux modules pour prodiguer les premiers secours
Le module " Gestes qui sauvent" : d’une durée de deux heures, cet enseignement permet d’acquérir les premiers gestes de secours a mettre en œuvre sur les victimes dans l’attente des secours spécialisés. Les geste portent sur :
  • Les hémorragies
  • Les traumatismes du squlette
  •  les plaies graves
  • Les brûlures
  • La perte de connaissance
  • Les arrêts cardiaques 
LE PSC1
Une attestation Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1) est délivrée aux élèves de troisième de collège et aux élèves ayant un mandat lorsqu’ils ont suivi la formation aux premiers secours d’une durée de 8 heures. Cette attestation est un certificat de compétences de citoyenneté sécurité civile qui atteste de l’aptitude à prévoir les risques et à réaliser les gestes élémentaires de secours aux personnes en situation de détresse physique.