Photo des ministres français et allemands lors du Conseil des ministres franco-allemand

Sécurité, climat et économie au coeur du 17e Conseil des ministres franco-allemand

Le 17e Conseil des ministres franco-allemand s’est réuni ce mardi 31 mars à Berlin. L’occasion pour les deux pays de renforcer leur coopération en matière de défense, de justice, de finances, d’économie, d’éducation, de culture ou encore de lutte contre le réchauffement climatique, l’année étant marquée par l’organisation de la COP21 à Paris.
 
Depuis le 22 janvier 2003 et la signature d’une déclaration commune à l’occasion des 40 ans du Traité de l’Élysée, les sommets franco-allemands ont pris la forme d’un Conseil des ministres conjoint. Une à deux fois par an, le président de la République, le Premier ministre, la Chancelière fédérale ainsi que tout ou partie des ministres se réunissent afin de favoriser un rapprochement des processus de décision entre les deux pays.



A l'occasion du 17e Conseil des ministres franco-allemand, le président de la République française, François Hollande, et la Chancelière allemande, Angela Merkel, entourés de leurs ministres, se sont entendus sur des coopérations bilatérales visant à approfondir le partenariat franco-allemand et pouvant bénéficier à l'ensemble de l’Union européenne. Des sujets concernant la défense, le climat, l'éducation, la sécurité ou l'emploi ont ainsi été abordés.
 

Climat
 

La France et l’Allemagne souhaitent s’engager pleinement pour aboutir à un accord global lors de la COP21, qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris. L’objectif est que les pays membres de la Convention Cadre des Nations unies s’engagent à agir pour contenir l’augmentation de la température en deçà de 2°C. Le Dialogue de Petersberg sur le climat, qui se déroulera à Berlin le 19 mai avec la participation de la Chancelière et du président de la République, et le Sommet du G7 à Elmau en juin donneront une forte impulsion en ce sens.
 

Sécurité, lutte contre l’intolérance et cohésion des sociétés
 

La France et l’Allemagne ont fait part de leur engagement à lutter contre toutes les formes de violence et d’intolérance et à combattre sans relâche les actes racistes, antisémites, antimusulmans, ainsi que toutes les formes de discrimination. La ministre-présidente de Sarre, Annegret Kramp-Karrenbauer, et l’ancien Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, sont ainsi chargés d’élaborer, d’ici au prochain Conseil des ministres franco-allemand, des projets bilatéraux pour promouvoir l’intégration au sein de nos sociétés.

Les échanges ont également porté sur le renforcement et la modernisation du contrôle aux frontières extérieures de l'Union européenne. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, l’Allemagne et la France procéderont sans délai à des contrôles systématiques et coordonnés de personnes jouissant du droit à la libre circulation, au moyen de bases de données pertinentes, sur des indicateurs de risque communs et souhaitent examiner une modification ciblée du code frontière Schengen – là où cela est nécessaire pour permettre des contrôles permanents. Elles exploiteront toutes les possibilités pour empêcher, dans toute l’Union européenne, les combattants terroristes de quitter le territoire et surveiller leur éventuel retour dans l’UE.

La France et l’Allemagne souhaitent également que de nouvelles actions soient entreprises en matière de lutte contre le financement du terrorisme, de lutte contre la circulation illégale des armes à feu ainsi que pour assurer le retrait des contenus illégaux sur internet faisant l’apologie du terrorisme ou appelant à la violence ou à la haine.

Enfin, les deux gouvernements intensifieront leur coopération en matière de lutte contre l’immigration illégale. Les ministres de l’Intérieur poursuivront leur étroite collaboration et prendront des initiatives afin de mieux contrôler les flux de plus en plus importants se dirigeant vers l’espace Schengen. Une meilleure identification des personnes qui ont vocation à bénéficier d’une protection est nécessaire. Ils mèneront également une réflexion sur les voies et moyens pour renforcer le rôle et les moyens de l’agence Frontex.


 

économie et finances
 

La France et l’Allemagne ont rappelé les trois piliers évoqués dans l’examen annuel de la croissance (investissement, réformes structurelles et assainissement budgétaire axé sur la croissance). Les deux pays souhaitent renforcer les politiques européennes en matière de croissance et d’emploi, notamment en exploitant le potentiel offert par le marché intérieur et en favorisant l’investissement en Europe. Le couple franco-allemand soutient le plan Juncker, qui vise à améliorer le climat pour l’investissement. Il a été décidé de créer des coopérations dans les domaines clés de l’industrie, de l’énergie et du numérique.

Le couple franco-allemand soutient également un agenda numérique ambitieux afin de permettre à l’Europe de retrouver un rôle de leadership  dans le monde. L’accent sera mis sur le soutien à l’innovation, le développement de nouvelles technologies et de modèles commerciaux innovants. Ceux-ci devront tenir compte de la définition d’un cadre de régulation approprié sur internet et de la nécessité d’assurer la protection des données personnelles. Une conférence franco-allemande sur l’économie numérique sera organisée à l’automne 2015. Elle donnera de fortes impulsions dans le domaine des start-up, de la numérisation de l’industrie ("Industrie 4.0"), des objets connectés et du "big data".
 

Emploi et mobilité des travailleurs


Les coopérations entre les services publics de l’emploi français et allemands seront renforcées et une initiative pour la main-d’œuvre qualifiée sera lancée à l’automne. Une deuxième conférence ministérielle sur la coopération transfrontalière franco-allemande sera organisée à Metz les 6 et 7 juillet. Elle aura pour but de renforcer l’intégration des marchés du travail dans les zones frontalières.

Pour assurer que la mobilité des travailleurs en Europe garantisse à la fois leurs droits et une concurrence équitable entre les entreprises, les gouvernements français et allemand appellent à un respect des lois européennes en matière de détachement, notamment les directives de 1996 et 2014, et un renforcement des responsabilités des entreprises.