Feuilleton #LoiMacron, épisode 6 : Maï et Samuel trouveront-ils l'appartement de leurs rêves ?

Que changera la loi Macron dans notre quotidien après son entrée en vigueur ? Nous avons imaginé son impact, pendant une semaine, sur la vie de plusieurs habitants d’une petite ville, dans un avenir proche. Ce samedi, Maï et Samuel visite leur futur appartement.
 
Picto représentantMaï et Samuel devant leur futur immeubleIls se connaissent depuis le lycée et pourtant Maï et Samuel sont amoureux comme au premier jour. C’est main dans la main qu’ils vont visiter ce samedi après-midi un appartement. Leur futur appartement, espèrent-ils.  Actifs tous les deux, ils vivent encore chez leurs parents. Samuel travaille dans une compagnie de transports interurbains, Toutenkar, et gagne correctement sa vie, surtout depuis qu’il travaille le dimanche. Maï, elle, est coiffeuse chez Atoutif. Quand son patron a annoncé qu’il prenait sa retraite, elle a craint de perdre son emploi et de devoir encore repousser ses projets de vie commune avec Samuel. Heureusement, le salon a vite trouvé un repreneur qui s’est engagé à garder l’ensemble du personnel. "Mes clientes m’aiment trop", dit-elle souvent. "Elles organiseraient une grève si je n’étais plus là !" L’image fait beaucoup rire Samuel, qui s’imagine le cortège de femmes, bigoudis sur la tête, dans les rues de leur ville si paisible.
 
A savoir
L’augmentation générale des loyers et des prix des logements à l’achat entraîne une augmentation de la demande d’HLM et, pour les ménages logés en HLM, peu d’incitations à en sortir : le taux de rotation dans le parc social est de 8,8 %, contre 18,7 % dans le logement privé. 1,7 million de foyers étaient en attente d’un logement HLM en 2012. Afin de pallier le manque de logements accessibles aux ménages modestes, le parc social s’est centré sur les populations les plus fragiles.
"Vous devriez faire une demande de HLM", leur a conseillé Marie, la mère de Samuel, lorsqu’ils ont commencé à parler de vivre ensemble. "Tu me manqueras mon fils mais il est temps que tu partes du nid", lui dit-elle souvent. Malheureusement, leur a-t-on indiqué à la mairie, leurs ressources, pourtant peu élevées, dépassent les plafonds. Et même s’ils remplissaient les conditions de ressources, la liste d’attente est de près de 2 ans !

Maï et Samuel ont donc commencé à faire le tour des petites annonces et des agences immobilières. Ils se sont vite rendus à l’évidence : ils n’avaient pas les moyens de louer un appartement dans le parc privé. "Il n’y avait pas de logement pour les couples comme nous. Nous étions soit trop riches, soit trop pauvres. J’ai bien cru que nous étions condamnés à vivre chez nos parents", raconte Maï à l’agent immobilier qui les attend en bas de l’immeuble. "Heureusement que de nouveaux logements ont été construits !"
 
A savoir
Différents outils ont été créés afin de favoriser le développement du logement intermédiaire : par exemple, dans les zones où il y en a le plus besoin, la loi Macron permet aux municipalités d’augmenter unilatéralement de 30% la surface constructible des logements intermédiaires, ce qui incite les promoteurs à en construire plus.
L’immeuble dans lequel le couple s’apprête à entrer est en effet flambant neuf, construit sur d’anciens champs, proche du centre-ville et près également du quartier de leurs parents. Maï interroge l’agent : "Pourquoi est-ce que cela a mis tant de temps ?  Il est évident que les logements neufs sont moins chers que les appartements plus anciens du centre-ville." "Rien à voir !", lui répond son interlocuteur, "c’est juste qu’il n’y avait pas de logements intermédiaires, c'est-à-dire de logements pour ceux qui ne remplissent pas les critères pour obtenir une HLM mais qui n’ont pas les moyens de se loger dans le parc privé. Pendant longtemps, cette ville était en dehors de la zone permettant de bénéficier des incitations fiscales existantes. Elle n’avait donc tout simplement pas les arguments pour convaincre les promoteurs de construire ce type de logement."

Picto représentant un canapéC’est au troisième étage que se situe le trois-pièces convoité. Dès la porte passée, Maï est conquise : la baie vitrée, le vaste salon, les deux chambres concomitantes et surtout la salle de bains moderne, elle n’aurait jamais espéré trouver un logement aussi bien. "Tu as vu, il y a même une deuxième chambre", lance-t-elle avec un clin d’œil à son compagnon. "Je vais y installer ma console de jeux", lui répond-il, taquin. Maï est tout de même nerveuse, elle n’a toujours pas demandé le montant du loyer et craint de voir ses espoirs s’effondrer. Pour le moment, elle photographie chaque pièce sous tous les angles et commence déjà à anticiper la décoration.

Samuel se lance et pose "la question qui fâche". Bonne surprise, le loyer entre dans leur budget ! Et selon l’agent immobilier, leur dossier devrait passer sans problème. "Vous êtes comme beaucoup de ménages aux revenus moyens qui attendaient ce type de logement intermédiaire." La loi Macron a beaucoup simplifié certaines dispositions du code de la construction et de l’habitation et du code de l’urbanisme pour compléter les outils permettant de développer le logement intermédiaire. Elle a notamment supprimé le zonage qui pénalisait la ville. Cette dernière a ainsi pu développer une véritable politique de logement intermédiaire.

Picto représentant un smart phone avec le texto de Maï"Je crois que c’est bon ! Je suis trop contente !" Maï n’a pas pu attendre et, aussitôt la visite terminée, a informé sa meilleure amie de la bonne nouvelle. Bien entendu, ils doivent encore constituer un dossier et attendre la réponse officielle de l’agence. Et si Samuel ne s’emballe pas, Maï sait  déjà qu’elle va passer la soirée sur internet à choisir ses futurs meubles…