Le processus de gestion de crise

Quelle que soit la nature de la crise, le processus de gestion de crise est toujours le même et se décompose en 6 étapes.

Etape 1 : Survenue d’une crise majeure

Une crise est une rupture dans le fonctionnement normal d’une organisation ou de la société, résultant d’un événement brutal et soudain, qui porte une menace grave sur leur stabilité voire sur leur existence-même. En raison de son caractère brutal et soudain, l’élément déclencheur appelle une réaction urgente.
 

Etape 2 : Réunion interministérielle et activation de la cellule interministérielle de crise (CIC)

Du fait de son intensité et parce qu’elle affecte plusieurs secteurs ministériels, la crise peut nécessiter la mise en œuvre d’une réponse globale de l’Etat. Afin d’améliorer la coordination de l’action des ministères, le Premier ministre peut activer une CIC et en confier la conduite opérationnelle à un ministre qu’il désigne en fonction de la nature des événements. En principe, il s’agit du ministre de l’Intérieur lorsque la crise a lieu sur le territoire national et du ministre des Affaires étrangères et européennes pour les crises extérieures.
 

Etape 3 : Organisation et fonctionnement de la CIC

La CIC est composée des représentants des ministères concernés ainsi que d’experts ou d’opérateurs.

La CIC est constituée de quatre cellules :
  • la cellule « situation » dresse un état des lieux de la crise en s’intéressant notamment à ses origines, à son impact matériel et humain ainsi qu’à ses conséquences potentielles ;
  • en complément, la cellule « anticipation » identifie tout événement pouvant compliquer la gestion de la crise et propose des actions pouvant être mise en œuvre en conséquence ;
  • une fois le diagnostic réalisé, la cellule « décision » examine les propositions d’action produites par les cellules « situation » et « anticipation » et prend des décisions pour la conduite de la crise. Elle donne également les directives nécessaires à la mise en œuvre des décisions prises et s’assure de leur exécution ;
  • la cellule « communication » élabore un plan de communication adapté et pilote l’ensemble des actions du dispositif de communication. Le plan de communication permet notamment d’informer la population sur l’événement et les mesures prises. Par ailleurs, il favorise la diffusion des recommandations nécessaires.
 

Etape 4 : Gestion opérationnelle

Sur le territoire, la gestion des crises relève de la compétence des préfets de département.
 

Etape 5 : Bilan et sortie de la crise

Déterminer la sortie de crise est plus difficile qu’il n’y paraît. A première vue, on pourrait croire que la sortie de crise commence dès que l’événement déclencheur baisse en intensité. Cependant, les crises connaissent parfois des rebondissements. Par ailleurs, le sortie de crise suppose de mettre fin aux mesures spécifiques liées à la gestion de crise. Enfin, à la fin d’une crise, il est primordial de dresser le bilan de sa gestion et de prendre en compte les retours d’expérience afin d’améliorer les pratiques et de diffuser la culture des risques. 
 

Etape 6 : Préparation aux prochaines crises

Pour mieux gérer une crise, l’Etat se prépare en amont. Pour cela, il dispose de plusieurs outils :
 
  • les plans

La planification a vocation à préparer la prise de décision des autorités pour faire face à une situation de crise.
En savoir plus sur les plans
 
  • la veille

Les crises apparaissent rarement sans prévenir et peuvent le plus souvent être anticipées. Pour ce faire, des moyens humains et techniques sont déployés pour effectuer une mission de veille. Les autorités publiques et les opérateurs sont ainsi équipées d’outils de veille performants et adaptés à chaque type de risque. En outre, la diffusion d’une culture du risque, grâce à des campagnes nationales de sensibilisation, permet de renforcer la vigilance collective et de détecter des signes avant-coureurs.
 
  • les exercices

Les exercices permettent de tester les modalités de préparation et d’intervention des pouvoirs publics et de tirer les enseignements nécessaires à l’amélioration des dispositifs. Des exercices de crise sont organisés par l’Etat sur les risques les plus probables. Les participants venant de tous horizons sont placés dans une configuration la plus réaliste possible afin d’apprendre à travailler ensemble, de s’approprier les procédures et les outils et d’identifier les manques éventuels. L’exercice s’étend en général au moins sur une demi-journée. L’analyse de l’exercice permet d’apporter des corrections là où des faiblesses ont été identifiées.