Focus sur le plan Vigipirate

Relevant du Premier ministre, le plan VIGIPIRATE est un outil central du dispositif français de lutte contre le terrorisme dans la mesure où il associe tous les acteurs nationaux – l’Etat, les collectivités territoriales, les opérateurs publics et privés et les citoyens – à une démarche de vigilance, de prévention et de protection.
Le plan Vigipirate poursuit trois grands objectifs :
 
  • développer et maintenir une culture de vigilance de l’ensemble des acteurs de la nation afin de prévenir ou de déceler le plus en amont possible toute menace d’action terroriste ;
  • assurer en permanence une protection adaptée des citoyens, du territoire et des intérêts de la France contre la menace terroriste ;
  • permettre une réaction rapide et coordonnée en cas de menace caractérisée ou d’action terroriste, afin de renforcer la sécurité de tous, de faciliter l’action des forces d’intervention et d’assurer la continuité des activités d’importance vitale.
 

Historique du plan Vigipirate 

 
Le plan Vigipirate est contemporain de l’apparition des grandes menaces terroristes.
 
En 1978, alors que la France et l’Europe sont confrontées aux premières grandes vagues d’attentats terroristes menées par des organisations extrémistes ou séparatistes, le Gouvernement organise un dispositif centralisé d’alerte permettant la mise en garde rapide des autorités administratives, des chefs d’établissements publics et privés, ainsi que la mise en œuvre de mesures de vigilance appropriées.
 
En 1991, le Gouvernement émet le premier plan PIRATE, qui vise à faciliter la prise de décision du Premier ministre dans le cadre de la lutte contre les actes de terrorisme.
 
En 1995, le plan gouvernemental VIGIPIRATE est instauré. Il répartit les responsabilités entre les autorités centrales et territoriales et définit les principes guidant la lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, il établit deux niveaux généraux de vigilance (Vigipirate simple et Vigipirate renforcé) et un ensemble de mesures spécifiques de vigilance et de prévention en cas de menaces particulières.
 
De 2000 à 2006, le plan Vigipirate est actualisé à plusieurs reprises avec une modification des niveaux d’alerte.
 
En 2014, le code d’alerte du plan Vigipirate est simplifié. Il n’existe désormais plus que deux niveaux, matérialisés par un logo visible dans l’espace public :
  • un niveau de vigilance qui peut être renforcé temporairement, géographiquement et sectoriellement pour faire face à une menace particulière ou à une vulnérabilité ponctuelle ;
  • et un niveau d’alerte attentat pour faire face à une menace imminente.
 

Fonctionnement du plan VIGIPIRATE

 
Le plan, dont une large partie est rendue publique, comprend environ 300 mesures, qui sont réparties entre un socle de mesures permanentes s’appliquant à 12 grands domaines d’activité tels que les transports, la santé et les réseaux et un ensemble de mesures additionnelles pouvant être activées en fonction de l’évolution de la menace et des vulnérabilités.
 
Sur le fondement de l’évaluation de la menace terroriste effectuée par les services de renseignement, le SGDSN diffuse une note de posture VIGIPIRATE, qui spécifie les mesures devant être mises en œuvre par les acteurs concernés.
 
Cette démarche repose sur trois grands principes :
  • l’analyse croisée de la menace et des vulnérabilités ;
  • une organisation par domaine d’action identifiant les leviers qui permettent de réduire les vulnérabilités en fonction de l’intensité de la menace ;
  • une approche par objectifs de sécurité permettant de choisir les mesures les plus adaptées dans une logique de juste suffisance.
 

Pour en savoir plus

   

Les autres plans PIRATE

 
Le plan VIGIPIRATE est prolongé dans certains domaines par des plans d’intervention spécifiques qui mettent en œuvre des moyens spécialisés (plans NRBC, PIRATAIR-INTRUSAIR, PIRATE-MER, PIRANET, METROPIRATE, INTERCEPTION PROLIFERATION).