Éruption volcanique

Un volcan est un relief terrestre ou sous-marin formé par l’éjection et l’empilement de matériaux issus de la montée d’un magma sous forme de lave et de tephras tels que les cendres.
On compte environ 1 500 volcans terrestres actifs, dont une soixantaine en éruption par an. Les volcans sous-marins sont les plus nombreux.
Le volcanisme représente, avec les séismes, l’une des manifestations de la tectonique des plaques. La quasi-totalité du volcanisme dans le monde se situe aux frontières entre deux plaques. Un second type de volcanisme, dit de point chaud, est indépendant de ces mouvements de plaques.
Le volcanisme est toujours le résultat d’une remontée en surface d’un magma profond, mais ses manifestations en surface peuvent différer d’une éruption à une autre.
 

Quelles sont les manifestations d’une éruption volcanique ?


On distingue deux types d’éruptions : explosives ou effusives qui toutes deux occasionnent de nombreuses manifestations en surface :
  • Les retombées de cendres et de ponces. Lors d’éruptions explosives, les tephras sont projetés dans l’atmosphère. Les bombes retombent à proximité du volcan, tandis que les cendres peuvent être dispersées très loin du point d’émission. Aux abords du volcan, les couches de cendres déposées peuvent atteindre plusieurs mètres d’épaisseur.
  • Les nuées ardentes. Ce sont des émissions brutales et dirigées d’un mélange constitué de gaz brûlants transportant des roches à plus de 800 °C, les tephras, typiques d’un volcanisme explosif.
  • Les coulées de lave. Leur température moyenne est de 1 000 °C. Elles sont caractéristiques des éruptions effusives.
  • Les émanations de gaz. Elles se produisent aussi bien au cours d’une éruption explosive, qu’au cours d’une éruption effusive. Différents types de gaz peuvent être libérés, avec des effets potentiellement dangereux pour l’homme (par ex. : fluorites, dioxyde de carbone, sulfure d’hydrogène).
 
Des phénomènes annexes s’ajoutent parfois aux éruptions. Le plus important d’entre eux est la coulée de boue, conséquence d’un fort apport d’eau de pluie sur des cendres volcaniques.
Des séismes peuvent également accompagner les éruptions volcaniques et provoquer des glissements de terrain.
Enfin, s’ils se produisent dans la mer ou à proximité de la côte, les explosions violentes, les séismes, les éruptions volcaniques sous-marines ou les glissements de terrain peuvent être à l’origine de tsunamis.
 

Volcanisme en France


La France fait face à un risque lié à ses propres volcans, ainsi qu’à ceux situés sur d’autres territoires (émissions de cendres et gaz toxiques dans l’atmosphère pouvant affecter le territoire national), tels que l’Islande ou l’Italie.

Les volcans actifs du territoire national sont soit des volcans de subduction, caractérisés par un régime éruptif généralement explosif, comme aux Antilles (Soufrière à la Guadeloupe et Montagne Pelée à la Martinique), soit des volcans de point chaud, caractérisés par un régime éruptif généralement effusif comme à la Réunion (Piton de la Fournaise). Ces volcans actifs représentent les risques volcaniques majeurs sur le territoire, notamment aux Antilles.

À ces volcans, il faut ajouter les volcans du Massif Central, les volcans de la Corse et du fossé Rhénan, ceux des îles australes de l’Océan Indien, qui sont tous des volcans éteints (excepté le volcan sous-marin Mont Boomrang dans les Terres australes), ceux de Mayotte (Mont Benera) et ceux de la Polynésie française (où le seul volcan actif terrestre est le Mehetia, les autres volcans actifs étant des volcans sous-marins). Il n’y a pas de volcans actifs en métropole.

En France, la seule éruption catastrophique connue est celle de la Montagne Pelée, en Martinique, le 8 mai 1902. Elle fit environ 29 000 morts.

La surveillance de l'activité volcanique (sismicité, déformations du sol, émission de gaz) permet de prévoir l’occurrence d’une éruption, et d’évacuer la population avant celle-ci.
 

Agir avant

 

En période de suractivité du volcan

  • Soyez attentif aux directives de la préfecture qui seront diffusées par les médias et à l’information donnée sur la situation du volcan.
  • Envisagez l’éventualité d’une évacuation et préparez-vous y : imaginez un possible repli familial.
  • Préparez l’équipement nécessaire (médicaments, papiers d’identité, lampe de poche, etc.), détaillé dans le Guide de préparation aux situations d’urgence.
  • Disposez d’une réserve d’eau potable et d’aliments et couvrez les citernes d’eau.
  • Prévoyez plusieurs masques anti-poussières et des casques.
  • Remplissez le réservoir de carburant de votre véhicule et stationner le de façon à permettre un départ facile et rapide.
  • Identifiez les voies d’évacuation rapides et les zones à éviter (fonds de vallée, plaine en aval d’une rivière…).
La vie reste possible dans la zone du volcan dès l’instant où l’on respecte les zones d’exclusion.
 

Agir pendant

 
  • Informez-vous : écoutez et suivez les consignes données par la radio et les autorités.
  • Pensez à bien protéger les personnes sensibles (asthmatique...) en les équipant de masques et en gardant leurs médicaments à portée de main.
  • Restez dans les immeubles, maisons, abris.
  • Prévoyez un lieu de repli ou rapprochez-vous des services de la mairie chargés d’organiser l’évacuation des populations.
  • Soyez prêt à l’éventualité d’une évacuation.
  • Évitez de téléphoner pour laisser les secours disposer au mieux des réseaux.
 

Agir après

 
  • Restez à l’écoute des consignes sur la conduite à tenir, émises par les radios et stations de télévision.
  • Évitez de vous éloigner de votre domicile, sauf en cas de consignes contraires des autorités.
  • Envisagez l’évacuation des malades ou blessés et des personnes à mobilité réduite.
  • Enlevez, dès que possible, les dépôts de cendre volcanique sur les toits des maisons.
  • Évitez de téléphoner pour ne pas encombrer les lignes.
 
Textes réglementaires
La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent (article L125.2 du Code de l’environnement). 
Sous l’autorité du préfet, deux documents d’information des populations sont réalisés, généralement par les services interministériels de défense et de protection civile (SIDPC). 
  • Les dossiers départementaux des risques majeurs (DDRM) recensent à l’échelle d’un département l’ensemble des risques par commune. Ils expliquent les phénomènes et présentent les mesures de sauvegarde. 
  • Les dossiers communaux synthétiques (DCS) situent les risques dans chaque commune, au moyen de cartes au 1:25 000 et rappellent les évènements historiques, ainsi que les mesures de sauvegarde. 
Les dossiers d’information communaux sur les risques majeurs (DICRIM) sont établis par le maire. Ils complètent les informations contenues dans les précédents documents par les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs de police du maire. Ils doivent être accompagnés d’un plan de communication comprenant une campagne d’affichage et une campagne d’information. Disponibles en mairie, ces documents ne sont pas opposables aux tiers.

Au-delà des mesures d’information du citoyen, le plan de prévention des risques "volcan" (PPRv) permet, sur les territoires fortement concernés par l’aléa volcanique, de prescrire des mesures de réduction de la vulnérabilité et d’encadrer, par un règlement adapté, le développement urbain du territoire. Ce plan, établi à l’échelle communale ou intercommunale, est opposable aux autorisations d’urbanisme. Il est consultable en préfecture ou en s’adressant à la direction départementale des territoires (DDT ou DDTM).