Au 57, rue de Varenne dans le 7e arrondissement de Paris se trouve l'un des plus beaux hôtels particuliers de la capitale : l'hôtel de Matignon, résidence du Premier ministre. Edifié par l'architecte Jean Courtonne en 1722, l'hôtel est un joyau du XVIIIe siècle. Visite d'exception à l'occasion de la 29e édition des Journées du patrimoine, qui se déroule les 15 et 16 septembre 2012.
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Cette année, à l'occasion des Journées du patrimoine, l'hôtel de Matignon ouvre ses portes au grand public comme lors des Rendez-vous aux jardins et de la Fête de la musique.
Passé le porche monumental, le visiteur pénètre dans la cour d'honneur de l'hôtel de Matignon. Sobriété et équilibre caractérisent le corps principal de l'édifice. Dans la cour d'honneur, l'architecte Jean Courtonne a su préserver une fausse symétrie en rejetant dans le bâtiment de droite et dans une cour annexe les cuisines et les offices. Les décors discrets de la façade ont été sculptés par Jean Herpin et François Legrand. Le visiteur attentif découvre la Déclaration des droits de l'homme peinte au-dessus de l'aile gauche.
Une enfilade de salons
[media:110809] Le perron gravi, on pénètre dans le vestibule qui mène au salon rouge. Ancienne salle du trône des princes de Monaco, cette pièce de réception est marquée par plusieurs époques. Le décor d'origine date du XVIIIe siècle. Au XIXe, les Galliera commandèrent de magnifiques médaillons de pierres semi-précieuses de style italien, représentant des bouquets de fleurs estampillés de leurs initiales "BG". À la même époque, le peintre Pierre-Nicolas Brisset décora les dessus de portes en symbolisant les Arts. Les portes donnent accès au Secrétariat général du Gouvernement, service peu connu du grand public, qui organise le travail gouvernemental en assurant le contrôle constitutionnel des textes et projets de loi.
Dans l'enfilade du salon rouge, on découvre le salon bleu entièrement décoré en 1724 de boiseries de style rocaille par l'artiste Michel Lange. Les grisailles qui décorent les dessus de portes sont attribuées à l'atelier de Jean-Christophe Huet. Ces peintures de camaïeu bleuté, représentant la vie des Chinoises, sont parfaitement assorties au mobilier Louis XV recouvert de soierie bleue. Aujourd'hui, le salon permet de recevoir les diplomates étrangers.
Aux tons froids du salon bleu succèdent les tons chatoyants des tentures du salon jaune. Après avoir été la chambre de parade des princesses de Monaco, le salon jaune servit de bureau à Léon Blum, Robert Schuman, Edgar Faure, Pierre Mendès France, Guy Mollet ainsi qu'à tous les présidents du Conseil entre 1935 et 1958. À l'emplacement de l'alcôve, on admire une tapisserie des Gobelins illustrant la naissance de Diane et d'Apollon. Plus récents sont les vases de fleurs peints au-dessus des portes par Pierre-Adrien Chabal-Dussurgey en 1864.
En mettant l'accent sur l'Accord de Matignon, signé le 7 juin 1936 dans le salon jaune, Jean-Marc Ayrault a souhaité honorer la mémoire du président du Conseil du Front populaire.
C'est dans le contexte social exceptionnel des grèves de juin 1936 que le Front populaire décida de signer un accord avec le patronat pour satisfaire les revendications syndicales. Il entérina : l'établissement immédiat de contrats collectifs, la reconnaissance des droits syndicaux, l'augmentation des salaires de 7 à 15 %. L'accord sera suivi par les lois qui institueront la semaine de travail de quarante heures et deux semaines de congés payés.
[media:110811] Après la succession de salons, la visite se poursuit par la salle du Conseil où se rassemble tous les mercredis, pendant le Conseil des ministres à l'Elysée, le cabinet du Premier ministre pour passer en revue les travaux de la semaine. S'y tiennent également les comités interministériels, pilotés par le Premier ministre. Aux murs et au plafond, les dorures du XIXe encadrent des médaillons blancs évoquant les fables de La Fontaine. Une série de tapisseries des Gobelins, datées de 1768, illustre l'histoire de Don Quichotte.
À l'étage noble, le bureau du Premier ministre
En haut du grand escalier d'honneur, le visiteur arrive au seuil du bureau du Premier ministre. L'antichambre, où patientent tous ceux qui vont être reçus en entretien par le chef du Gouvernement, a été décorée par Jacques Garcia. Plusieurs styles y sont représentés : une table ronde marquetée de marbre (1810) répond à des consoles récemment créées par Laurence Montana. Deux tapisseries de Jean Arp (manufacture des Gobelins) font face à deux panneaux tissés du XVIIIe.
[media:110992] En pénétrant dans le bureau du Premier ministre, le visiteur sera impressionné par les proportions du large plateau moderne en bois clair de sycomore derrière lequel travaille le chef du Gouvernement. Mais les trésors sont les décors sculptés vers 1725 par Herpin, Pelletier et Martin, dans lesquels la duchesse de Galliera fit placer trois peintures de Fragonard représentant les quatre saisons. Depuis le balcon, le Premier ministre jouit de la plus belle perspective sur le parc [9] qui s'étend sur près de trois hectares.
La cour d’honneur de l’hôtel de Matignon sera ouverte au public les samedi 15 et dimanche 16 septembre 2012 de 10h00 à 18h00.
?A noter : le Premier ministre accueillera en personne le public samedi 15 septembre à 10h15. L’entrée se fera par le 57, rue de Varenne (Paris 7e).
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