Prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire : c'est l'objectif de la délégation ministérielle installée par Vincent Peillon, le 12 novembre, lors d'une visite dans l'académie d'Amiens. Focus sur les missions de cette nouvelle délégation.
Le ministère de l’Education nationale a mis au cœur de son action la lutte contre la violence en milieu scolaire. Le déploiement, dès la rentrée, de cinq cents assistants de prévention et de sécurité [9] a permis de renforcer la présence des adultes dans les établissements scolaires les plus exposés aux violences et dont le climat doit être amélioré.
Mais si la lutte contre les violences scolaires implique la capacité d'intervenir rapidement, dans les situations de crise, elle nécessite également de construire une prévention au quotidien et à long terme. C’est dans cette dynamique que Vincent Peillon a souhaité inscrire les missions de la nouvelle délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire.
Dirigée par le professeur Eric Debarbieux, la délégation est composée de dix membres permanents et d’un comité scientifique d’une trentaine de membres. Rattachée à la Direction générale de l'enseignement scolaire, ses bureaux seront installés dans les locaux du carré Suffren, à proximité de la médiatrice de l’éducation nationale, Monique Sassier.
Quelles missions pour la nouvelle délégation ?
Structure pérenne et opérationnelle, la délégation associe la connaissance scientifique et l’action. Elle exerce ses missions autour de six axes.
Aider au repérage et à l’observation des phénomènes de violence en milieu scolaire : violences verbales, symboliques, physiques, harcèlement, jeux dangereux... Objectif ? Parvenir à stabiliser le climat scolaire au niveau national en travaillant avec la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance et les équipes de recherche.
Informer en réalisant des synthèses des connaissances scientifiques. Ces synthèses cibleront l’étendue et les causes des phénomènes de violence ainsi que les différentes stratégies et programmes de lutte mis en œuvre. La délégation devra organiser et promouvoir des séminaires, conférences et rencontres scientifiques de niveau international pour faire un point régulier sur l’avancée des recherches.
Conseiller pour diriger l’action publique, tant sur le plan des réponses en matière de prévention que des réponses pédagogiques, matérielles (sécurisation des locaux, etc.), réglementaires et juridiques apportées en cas d’incident. Les victimes seront mieux prises en charge et une attention particulière sera apportée à la gradation du régime de sanctions (pédagogiques, administratives, judiciaires) appliquées aux agresseurs.
Former. En liaison avec les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, la délégation s’impliquera dans la formation initiale et continue des personnels scolaires.
Fédérer et impulser des actions. La délégation aura en charge la coordination et le suivi des actions des équipes mobiles de sécurité, des assistants chargés de prévention et de sécurité, en lien avec les services de la direction générale de l’enseignement scolaire. En plus de l’évaluation des outils existants, des guides d’action pratique à destination des établissements scolaires, expérimentés sur le terrain avec des établissements volontaires et édités en lien avec le Scérén (entre autres sur support électronique), seront réalisés. Enfin, elle diffusera les pratiques exemplaires repérées sur le terrain.
Suivre et prévenir les agressions subies par les personnels. L’objectif est de mieux connaître les agressions subies dans les établissements en mettant en place des enquêtes régulières. Les victimes seront ainsi prises en charge dès le signalement de l’agression, suivies et accompagnées pour prévenir tous risques psychosociaux.
Une note [10], publiée en novembre par le ministère de l’Education nationale, présente les résultats de l’enquête annuelle sur les actes de violence les plus graves recensés dans les établissements publics du second degré. En 2011-2012, ceux-ci ont signalé en moyenne 13,6 incidents pour 1 000 élèves. Cette proportion est en légère hausse par rapport à l’année précédente, où 12,6 incidents pour 1 000 élèves avaient été recensés. Cette hausse s’explique principalement par le repérage, depuis la rentrée 2011, du harcèlement en milieu scolaire. En effet, un incident sur cinq fait état d’une situation de harcèlement. Les incidents graves sont concentrés au sein de certains établissements : 41 % des collèges et lycées ne signalent aucun incident au cours d’un trimestre donné, tandis que 25 % des établissements en déclarent 73 %. La violence en milieu scolaire se caractérise essentiellement par des atteintes aux personnes. Les garçons sont plus souvent que les filles auteurs et victimes de faits de violence. Les filles sont surtout confrontées à des violences verbales et des violences sexuelles.
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