Marisol Touraine a tenu, le 11 janvier, une conférence de presse pour que les inquiétudes sur les pilules de 3e et de 4e génération ne mènent pas les citoyennes françaises à une diminution de la contraception. Parmi les mesures annoncées, les pilules de 3e et de 4e génération ne seront prescrites qu'en cas d'intolérance aux pilules de générations précédentes.
Actuellement, environ 50 % des 5 millions de françaises prenant la pilule utilisent les pilules de 3e et de 4e génération(1). Pour Marisol Touraine, "les femmes doivent avoir confiance dans la contraception et dans le moyen contraceptif qu’elles utilisent"(2), rappelant que la pilule […] permet à des millions de femmes d'exercer librement leur droit à la contraception."
Mais face à l'inquiétude suscitée par les potentiels problèmes vasculaires induits par les pilules de 3e et de 4e génération(3), la ministre a décidé de mettre en place une série de mesures visant à la transparence de l'information, à rassurer les utilisatrices de pilules contraceptives et à encadrer la prescription des pilules de 3e et de 4e génération.
"Il n'y a pas lieu de céder à un quelconque affolement", a rassuré Marisol Touraine. La ministre invite les femmes utilisant une pilule de 3e ou de 4e génération (voir liste ci-dessous) à vérifier avec leur médecin, lors de leur prochaine consultation de contrôle, si ce choix est adapté à leur situation personnelle.
Toutefois, afin que les femmes puissent bénéficier de la prescription la plus adaptée, Marisol Touraine a décidé de "mettre en place un dispositif permettant de limiter la prescription de ces pilules aux seules conditions dans lesquelles elles sont médicalement requises" - car, a-t-elle précisé, "certaines femmes ne supportent pas physiquement les pilules de 1re et de 2e génération." Elle a, en outre, rappelé que les complications vasculaires sont connues depuis la mise sur le marché de ces pilules et qu'il appartenait aux médecins de vérifier, lors des consultations, les facteurs de contre-indication(4), d'autant, a-t-elle rappelé, "qu'il n'y a pas de différence d'efficacité entre les différentes générations de pilules." Parmi les mesures annoncées :
- une campagne d’information de l'ANSM auprès des professionnels de santé (médecins, sages-femmes, pharmaciens) afin que la pilule de 2e génération soit systématiquement privilégiée. À ce titre, la HAS élaborera un référentiel de bonnes pratiques en direction des professionnels de santé ;
- la saisine des instances européennes pour que les AMM soient révisées afin de limiter la prescription en seconde intention ;
- l'amélioration du dispositif de pharmacovigilance et la simplification des procédures de déclaration des effets indésirables par les professionnels de santé et les patients ;
- une nouvelle évaluation du rapport bénéfices/risques des pilules de 3e et de 4e génération ;
- l'étude des comportements collectifs de prescriptions par les professionnels de santé ;
- la publication systématique des données de pharmacovigilance.
La ministre a également rappelé sa décision de ne plus rembourser les pilules de 3e génération à compter du 31 mars 2013.
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Précisions de Jean-Yves Grall, directeur général de la Santé (DGS) ↩
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Pour le Gouvernement, l’accès à la contraception constitue une priorité. Ainsi, la loi de financement de la sécurité sociale 2013 (LFS), prévoit de prendre en charge à 100 % les contraceptifs remboursables pour les mineures de 15 à 18 ans. ↩
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Le risque de complications thrombo-emboliques veineuses (phlébites) est deux fois plus élevé (de 3 à 4 cas pour 10 000 utilisatrices) que chez les femmes sous pilule de 1e et 2e. (Source : ministère des Affaires sociales et de la Santé) ↩
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Problèmes vasculaires, tabagisme… ↩
