Xynthia : "Nous avons défini des zones dans lesquelles va s'exercer pleinement la solidarité nationale"
Après avoir rassemblé l'ensemble des ministres concernés par la gestion des suites de la tempête Xynthia, François Fillon a affirmé, le 13 avril, que chaque sinistré fera l'objet d'"une prise en charge individuelle".
Lors d'un point presse, le Premier ministre a rappelé que la tempête qui a traversé la France, les 27 et 28 février, a entraîné la mort de 53 personnes. En qualifiant la tempête Xynthia de "terrible drame humain", François Fillon a réaffirmé que le devoir du Gouvernement est de tout faire pour qu'une telle catastrophe ne se reproduise pas. Et d'ajouter : "nous n'avons pas le droit de prendre le risque de laisser des personnes se réinstaller dans des zones où elles pourraient courir un danger mortel."
Dans les zones où "va s'exercer pleinement la solidarité nationale", le Premier ministre a annoncé que "les habitants qui le souhaitent peuvent, dès maintenant, demander l'acquisition amiable par l'Etat de leur maison et du terrain". L'indemnisation se fera "au prix de marché avant la tempête". Cette procédure d'acquisition à l'amiable par l'Etat, qui permet d'aller vite, est "sans précédent dans notre pays", a-t-il ajouté.
Concernant le zonage, le Premier ministre a précisé que "les critères qui ont été mis en oeuvre par l'Etat pour [le] définir sont des critères objectifs, basés sur des observations concrètes, précises, et ils n'appellent pas de remise en cause, en tout cas pas dans la phase actuelle".
Pour les cas où les procédures amiables n’auront pas abouti, le Premier ministre a annoncé l'ouverture d'une enquête publique en vue d’une déclaration d’utilité publique. Dans ce cadre, les particuliers et les collectivités pourront faire valoir leurs avis sur les zonages auprès des commissaires enquêteurs et faire valoir leurs droits selon les procédures classiques.
Un suivi personnalisé des sinistrés
Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’un suivi personnalisé des sinistrés en annonçant la nomination de délégués à la solidarité, qui seront placés, sous 48 heures, auprès des préfets de Vendée et Charente-Maritime. "Notre responsabilité c'est d'être à l'écoute des sinistrés" car "quitter sa maison, abandonner ses souvenirs, c'est un traumatisme", a-t-il insisté.
Les délégués auront pour mission de "recevoir toutes les personnes qui souhaitent des explications sur les critères qui ont été choisis par l'Etat sur les procédures d'indemnisation et qui souhaitent aussi faire valoir leurs arguments lorsqu'ils contestent ces critères", a-t-il précisé. Ils apporteront toutes les informations nécessaires sur les critères de dangerosité ayant conduit au classement des habitations en zones de danger mortel.
Ces délégués compléteront le dispositif déjà en place portant sur l’accompagnement social, l'estimation des biens et l'indemnisation, le relogement provisoire et définitif.
En outre, à la demande du Premier ministre, les assureurs ont pris l’engagement de verser, pour ce qui concerne les habitations situées dans les zones "noires", leur part des indemnisations dans un délai d’un mois suivant l’établissement du rapport d’expertise.
Afin d’assurer une totale mobilisation des services de l’Etat pour faire face aux dégâts causés par la tempête, la réunion ministérielle, qui s'est tenue à Matignon, a réuni Jean-Louis Borloo, Christine Lagarde, Brice Hortefeux, Luc Chatel , François Baroin, Bruno Le Maire, Dominique Bussereau, Chantal Jouanno et Benoist Apparu.