"Réinventer la France, c'est nous réinventer collectivement"
François Fillon a défendu devant les députés, le 17 avril, la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Il a rappelé les grands objectifs de ce plan de réformes sans précédent : "libérer notre économie, reconstruire notre contrat social, remettre nos finances publiques à flot". Extraits.
"Depuis 11 mois, avec le président de la République, nous invitons notre pays à se moderniser et les Français à se retrousser les manches à la conquête de la croissance et du plein emploi. Depuis 11 mois, nous cherchons à libérer notre pays de la culture démagogique "du toujours plus, pour tous et au moindre effort" ; cette culture qui s’est insidieusement insinuée en nous au cours des dernières décennies, alors même que la mondialisation commençait à bousculer notre prospérité."
"Après les deux conseils de modernisation du 12 décembre 2007 et du 4 avril dernier, réunis autour du président de la République, et avant le prochain qui se tiendra en mai, nul ne doit douter de notre détermination. "
"Un pays qui dépense plus qu’il ne gagne, qui vit artificiellement au dessus de ses moyens, est un pays moralement faible, économiquement vulnérable."
"Aujourd’hui, l’Etat gaspille ses ressources en poursuivant des politiques qui ne remplissent plus leurs objectifs. Il se disperse dans des structures conçues avant l’informatique et la décentralisation. Ses agents, qui font sa force et sa richesse, continuent d’être gérés dans un système où prévalent la rigidité des frontières entre les corps et les ministères, l’automaticité des avancements identiques pour tous, le refus de toute souplesse pour les gestionnaires."
"Un pays qui dépense plus qu’il ne gagne, qui vit artificiellement au dessus de ses moyens, est un pays moralement faible, économiquement vulnérable et socialement suicidaire.
Tous les pays qui ont su vaincre le chômage ont parallèlement diminué le poids de leur dépense publique. Du début des années 1990 à aujourd’hui, ce poids est passé de 52% à 40% du PIB au Canada, de 62% à 56% au Danemark, de 46% à 38% en Nouvelle-Zélande, de 56% à 49% aux Pays-Bas, de 73% à 54%en Suède. En France, nos dépenses publiques ont connu une évolution inverse : en 25 ans, elles sont passées de 44% à 54% du PIB. "
Resserrer la fonction publique pour dégager des marges de manœuvre financières
"Tous les pays qui se sont réformés ont parallèlement modernisé et resserré leur fonction publique. Au début des années 1990, en 3 à 5 ans, les effectifs des fonctionnaires d’Etat ont baissé de 22% en Australie, de 20% en Grande-Bretagne, de 17% aux Etats-Unis, de 14% en Espagne, de 38% en Suède, de 7% en Italie.
La réduction du nombre des fonctionnaires n’est pas une réforme en soi, mais elle est l’un des instruments nécessaires pour rationaliser les structures, optimiser leur fonctionnement, améliorer et mieux récompenser le travail des agents. Nécessaire enfin pour dégager des marges de manœuvres financières. Aujourd’hui, faute de réformes, celles-ci sont asphyxiées par le coût de fonctionnement de l’Etat et le remboursement de la dette qui est désormais l’un des premiers postes budgétaires de la nation."
"En France, l’Etat a aujourd’hui 300 000 fonctionnaires de plus qu’au début des années 1980, cela malgré l’informatisation de nos administrations, et malgré la décentralisation."
"Notre budget n’a jamais été à l’équilibre depuis 1974. En 1980, notre dette publique ne représentait que 20% du PIB. Depuis, elle n’a cessé de croître et représente plus de 64%. "
"Le visage de l’Etat change enfin. Il s’adapte aux préoccupations des Français".
"Des procédures inutiles, des doublons, des structures inefficaces sont supprimés. Partout, nous simplifions, nous adaptons, nous recentrons l’Etat sur ses missions prioritaires et nous le rendons plus accessible et plus proche des citoyens."
"Des administrations multiples et fractionnées vont être regroupées en pôles cohérents par grandes missions. Le travail avec les collectivités locales sera ainsi amélioré, de même que le service aux administrés.
Les administrations centrales sont réorganisées, de nombreuses directions sont rapprochées ou fusionnées. Au ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, la quarantaine de directions va être rassemblée en cinq grandes directions générales de métier.
La DGI et la DGCP ont été fusionnées avec succès et la nouvelle structure a été inaugurée par le président de la République le 4 avril dernier.
Le rapprochement de la police et de la gendarmerie va permettre des synergies et une augmentation de notre potentiel opérationnel en faveur de la sécurité de nos concitoyens.
Les armées vont voir leurs fonctions de soutien transformées par une mutualisation des moyens. Nous allons créer de véritables "bases de défense" et les implantations de petite taille seront fermées dans le cadre d'une discussion approfondie avec les collectivités territoriales concernées. Les économies ainsi dégagées seront réinvesties sur le fonctionnement et les équipements de nos forces armées.
La diplomatie va être réorganisée pour lui permettre de mieux assurer ses missions et d'adapter ses moyens aux nouvelles priorités stratégiques et géographiques.
La gestion du parc de logements sociaux va être modernisée et adaptée aux besoins de nos concitoyens.
Notre politique d'aide aux entreprises, tout comme notre politique de l'emploi et de la formation professionnelle seront adaptées pour concentrer nos efforts sur ceux qui en ont réellement besoin.
Les fonctions de gestion de l'Etat comme la paye, l'immobilier, les pensions, les achats, sont profondément réorganisées et modernisées".
L'intervention du Premier ministre devant l'Assemblée nationale, le 17 avril, sur ce site







