Lors des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche au Collège de France, le 26 novembre, le Premier ministre a rappelé, aux côtés de Geneviève Fioraso, que la formation supérieure et la recherche doivent être un levier de croissance et de développement pour le redressement de notre pays.
Plus de 100 auditions, 1 300 contributions écrites, près de 20 000 participants à plus de 500 réunions et débats en région… C’est le résultat de la mobilisation des Assises de l’enseignement supérieur, lancées depuis juillet sur tout le territoire. Pilotées par un comité indépendant, présidé par Françoise Barré-Sinoussi et Vincent Berger, les Assises ont réuni tous les acteurs universitaires, chercheurs, étudiants, représentants du monde socio-économique, des collectivités territoriales et de l’Etat.
A l'issue des Assises nationales des 26 et 27 novembre au Collège de France, un rapport contenant l'ensemble des propositions sera remis au président de la République. Le Gouvernement s’appuiera sur ce rapport pour présenter au printemps 2013, un projet de loi au Parlement.
Un agenda stratégique de la recherche
Le Premier ministre a rappelé l’engagement, pris dans le cadre du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi du 6 novembre, d’accroître les formations en alternance reposant sur un haut niveau de qualification et de développer la formation tout au long de la vie. "Il n’y a pas de compétitivité économique sans compétitivité sociale, sans promotion de certaines valeurs qui sont celles de la République française", a expliqué le Premier ministre qui ouvrait, ce lundi, les Assises de l’enseignement supérieur.
Retrouver de la compétitivité, c’est aussi "construire la chaîne de l’innovation, qui conduit de la découverte fondamentale à l’application industrielle concrète", a expliqué le Premier ministre qui souhaite que ces assises s’emparent du pacte de compétitivité pour constituer un agenda stratégique de la recherche. Il fixera des priorités en matière de technologies nouvelles et contribuera à clarifier le rôle des acteurs de la recherche tout en valorisant davantage le transfert industriel et le dépôt des brevets.
La réussite de tous les étudiants
Si la jeunesse est au cœur du quinquennat, la réussite de tous les étudiants est l’une des premières préoccupations du Gouvernement. Les efforts se concentreront prioritairement sur la réussite des étudiants en licence, qui seront mieux accompagnés grâce à la création de 5 000 postes supplémentaires. Mais au-delà de cet effort budgétaire, le Premier ministre souhaite "repenser la licence, qui est aujourd'hui devenue trop spécialisée". "En cohérence avec l’évolution de ce qui se dessine au lycée, la licence doit conduire à une spécialisation progressive et faire l’objet d’un décloisonnement entre les différentes filières, de manière à faciliter le parcours des étudiants", a-t-il fait valoir.
Si la quasi-totalité des bacheliers généraux poursuivent leurs études dans l’enseignement supérieur, seul trois quarts des bacheliers technologiques et un quart des bacheliers professionnels s'inscrivent à l'université.
Par ailleurs, la probabilité de sortir sans diplôme de l’enseignement supérieur est de :
9 % pour les titulaires d’un baccalauréat général
29 % pour les titulaires d’un baccalauréat technologique
56 % pour les titulaires d’un baccalauréat professionnel.
(Données du ministère de l'Enseignement supérieur)
Avec un objectif de 50 % de diplômés du supérieur dans chaque classe d'âge, la ministre de l'Enseignement supérieur veut rétablir l’ascenseur social pour permettre au plus grand nombre d’accéder à la connaissance et à l’emploi."
Aider les bacheliers des filières technologiques et professionnelles
Une attention particulière sera portée aux élèves les moins préparés à l’enseignement supérieur, notamment les bacheliers des filières technologiques et professionnelles qui représentent chaque année la moitié des bacheliers. Face à leurs difficultés pour intégrer les filières technologiques supérieures (BTS ou DUT), le Premier ministre veut donner "à ceux qui ont obtenu le bac avec mention, le droit réel d’intégrer les filières technologiques supérieures qui correspondent le mieux à leur profil et à leurs aspirations".
Le fait est que de nombreux bacheliers des filières générales se détournent de l'université au profit des formations mieux cotées des IUT. Ces dysfonctionnements ont pour conséquences un échec programmé pour les étudiants des filières technologiques et professionnelles et une mauvaise image des licences. "S’il est nécessaire d’en passer par une mesure législative [pour favoriser leur accès à ces filières], le Gouvernement le fera", a affirmé Jean-Marc Ayrault. Et de poursuivre : "Car si on veut encourager les jeunes à entrer dans une filière de formation technologique ou professionnelle autrement que par défaut, il est temps de donner un sens concret à nos discours sur l’égale dignité des baccalauréats. C’est ainsi que nous ferons reculer les inégalités sociales, et que nous donnerons un nouveau souffle, un dynamisme à notre économie tout entière."
Une gouvernance des universités rénovée
Concernant l’autonomie des universités, la loi relative aux libertés et responsabilités des universités de 2007 sera profondément révisée. Au-delà d’une autonomie de gestion, le Gouvernement défend l’idée d’une "autonomie de décisions et de choix stratégiques, accompagnée financièrement, en fonction des besoins et des caractéristiques propres à chaque établissement", a précisé le Premier ministre. Face aux critiques sur le manque de collégialité et la répartition des pouvoirs, le Gouvernement portera une attention particulière aux propositions des assises qui iront dans le sens d’une gouvernance démocratique et respectueuse des identités et des missions de chacun.


