Dans son rapport présenté publiquement le 17 juillet, la Cour des Comptes dresse le bilan d'une décennie de réformes et d'inégalités persistantes entre les quartiers et le reste du territoire national, d'une politique insuffisamment pilotée, du manque d'articulation entre la rénovation urbaine et la dimension sociale et d'une répartition insatisfaisante des moyens spécifiques de la politique de la ville.
La persistance de telles inégalités dans les quartiers de la politique de la ville n'est pas admissible. Dans les zones urbaines sensibles, le taux de chômage des jeunes est près de deux fois supérieur à celui du reste des agglomérations dans lesquelles elles sont situées. Un habitant sur quatre renonce à des soins pour raisons financières. Un habitant sur trois vit sous le seuil de pauvreté.
Le Premier ministre a reçu François Lamy, ministre délégué chargé de la Ville, pour définir avec lui les orientations d'une nouvelle étape de la politique de la ville, dans la lignée des engagements du président de la République.
Une nouvelle génération de contrats doit être inventée, pour associer les actions en faveur des habitants et les interventions sur le cadre de vie, mais aussi les mobilités ou le développement économique, vers de véritables projets de territoires.
Dans ce sens, les nombreux zonages existants, définis au niveau national, devront être supprimés pour permettre une intervention à la fois mieux adaptée au contexte local et ciblée sur les quartiers qui en ont le plus besoin. Le Premier ministre a confié à François Lamy le soin d’ouvrir dès la rentrée une concertation sur le cadre de ces nouveaux contrats et sur le ciblage des territoires prioritaires.
Tous les secteurs de l’action publique sont concernés – l’éducation, l’emploi, la sécurité, la santé, la justice – et le Premier ministre réaffirme l’attention qu’il porte à la cohérence du travail gouvernemental pour les quartiers. Il demande au ministre délégué chargé de la ville de coordonner la mobilisation de tous les ministères concernés. L'investissement des pouvoirs publics doit être à la hauteur des attentes des huit millions de nos concitoyens qui habitent les quartiers populaires.
