Nicolas Sarkozy annonce des initiatives pour la coordination des politiques économiques de l'UE
Nicolas Sarkozy, président du Conseil européen, a annoncé le 16 octobre à l'issue d'un sommet européen de deux jours qu'il prendrait avant la fin de l'année des "initiatives" pour la coordination de la politique économique des 27 pays de l'UE, jugeant nécessaire de poursuivre "le cercle vertueux" engagé à la faveur de la crise financière.
Les conclusions du Conseil européen, sur le site de la présidence française de l'Union européenne
"D'ici au 1er janvier, la France prendra des initiatives en la matière", a déclaré Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE, lors de la conférence de presse clôturant le sommet européen de Bruxelles.
"L'émergence du gouvernement économique de l'Europe, qu'on attend depuis si longtemps, qui a commencé dimanche dernier [lors du sommet de l'Eurogroupe à Paris], il ne faut pas l'arrêter", a-t-il poursuivi. Le président français a présenté lundi le plan de sauvetage des banques (lire l'article), traduction française de celui mis au point le week-end dernier par les quinze pays de la zone euro pour enrayer les effets de la crise financière. Il a été défendu mardi par François Fillon à l'Assemblée (lire l'article).
"La question, en tant que président du Conseil, que j'ai posée aux chefs d'Etat et de gouvernement, c'est : si on a pu apporter une réponse coordonnée à la crise financière en Europe, ne faudrait-il pas apporter une réponse coordonnée à la crise économique en Europe ?", a insisté Nicolas Sarkozy.
"Il y avait un cercle vicieux, on prend un cercle vertueux, et bien continuons-le (...). Faut-il la même coordination pour la politique économique que pour la crise financière ? Du point de vue de la présidence française, la réponse est oui, oui, oui."
Nicolas Sarkozy a également rappelé que les Etats avaient demandé à la Commission européenne de travailler, d'ici au prochain sommet des 11 et 12 décembre, "sur la question [de savoir] comment soutient-on la croissance et comment soutient-on l'emploi, avec une référence plus particulière à l'industrie".
Citant le cas des constructeurs automobiles américains, qui vont bénéficier de 25 milliards de dollars de prêts à taux préférentiels pour réorienter leur gamme vers des modèles plus économes en carburant, il a estimé que l'Europe devait se "préoccuper des conditions de la concurrence".
"Peut-on leur demander [aux constructeurs européens] de produire des voitures propres sans leur donner un coup de main ?", s'est-il interrogé. "Mais il y a autre chose. Peut-on demander à l'industrie automobile européenne de produire des voitures propres, de changer en quelques mois l'appareil industriel, sans leur donner un coup de main?", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Le président français a demandé la semaine dernière une révision des règles européennes régissant les aides d'Etat afin de permettre l'octroi aux constructeurs automobiles européens de prêts à taux préférentiels identiques à ceux qui vont être octroyés à leurs concurrents américains (lire l'article).
Les conclusions du Conseil européen, sur le site de la présidence française de l'Union européenne
La conférence de presse conjointe (vidéo) du président du Conseil européen et du président de la Commission européenne, sur le site de l'Elysée