Dans le cadre de la réflexion engagée sur la compétitivité, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, s'est rendu le 15 octobre à l'Institut de recherche technologique (IRT) Jules Verne à Bouguenais (Loire-Atlantique). Ce déplacement, placé sous le signe de l’innovation, inaugurait une séquence dédiée à la compétitivité et au redressement industriel du pays qui sera marquée notamment par la remise du rapport Gallois et le séminaire gouvernemental du 6 novembre.
Alors que la remise officielle du rapport de Louis Gallois sur la compétitivité est prévue ces prochains jours, Jean-Marc Ayrault a présenté, lors de son déplacement à l'IRT Jules Verne, les grandes étapes du chantier de la compétitivité que conduira le Gouvernement.
Accompagné d'Arnaud Montebourg, de Geneviève Fioraso, de Fleur Pellerin et de Louis Gallois, Jean-Marc Ayrault a salué la créativité et l'innovation de "l'écosystème technologique d'excellence" de l'IRT de Bouguenais. Face à cette réussite, portée par le partenariat entre des milieux qui trop souvent s’ignorent dans notre pays : le monde académique, de la recherche, et le monde de l’industrie, le Premier ministre est venu dire son "refus du déclin de l’industrie française". Il a également réaffirmé son attachement au génie français et sa confiance dans la capacité de notre pays à retrouver son rang de grande puissance.
S’appuyant sur l’exemple de réussite de l’IRT Jules Verne, il a adressé à l’ensemble du pays "un message d’espoir". "Ce message est celui de la reconquête industrielle, car ce qui est en jeu c’est notre capacité à créer de l’activité et des emplois sur notre territoire, dans une économie ouverte au sein même de l’Union européenne et sur le monde", a-t-il poursuivi. Et d'ajouter : "La France peut être gagnante dans la mondialisation à la condition de définir enfin un nouveau modèle industriel, une stratégie politique industrielle nationale."
L'Etat doit jouer un rôle de stratège
L'IRT Jules Verne a su relever le défi de la compétitivité grâce à une mobilisation de tous les acteurs et un environnement porteur. Cet exemple trace "un chemin d'avenir pour l'industrie française", a commenté le Premier ministre.
Cette mobilisation collective, le Gouvernement entend la "stimuler et la diffuser à l'ensemble du territoire, parce que l'un des facteurs majeurs de la compétitivité, c'est l'innovation", a-t-il ajouté. Notant qu'"il suffit souvent de donner une première impulsion pour que les projets se concrétisent", le Premier ministre a insisté sur "le rôle de stratège de l'Etat" et le renforcement de son partenariat avec les régions. L'Etat entend par conséquent assurer "une cohérence d'ensemble et de mise en réseau des compétences" tout en respectant et encourageant les dynamiques de territoires.
L'une des illustrations de ce partenariat gagnant-gagnant est le rôle majeur accordé aux régions dans la mise en œuvre de la Banque publique d'Investissement (BPI) dont le projet de loi sera présenté, le 17 octobre, en Conseil des ministres. Les régions seront représentées au niveau national en siégeant au conseil d'administration de la BPI et en présidant le comité national d'orientation. Au niveau local, elles piloteront le comité régional, lorsqu'elles auront mutualisé leurs moyens d'intervention en fonds propres avec la BPI.
Une trajectoire de compétitivité sera établie en séminaire gouvernemental
Le Premier ministre a notamment rappelé que le chantier de la compétitivité mobilisera l'ensemble du Gouvernement. "Il s'agit d'une politique globale qui concerne l'ensemble des membres du Gouvernement", a-t-il précisé. Il a également annoncé qu'il réunira un séminaire gouvernemental sur la compétitivité qui fixera la feuille de route des réformes.
Précisant que la question de la compétitivité de la France ne se réduit pas au coût du travail, le Premier ministre souhaite mettre en lumière la compétitivité dans tous ses aspects : l’innovation, le commerce extérieur, l’accès au crédit des entreprises, la simplification des contraintes réglementaires, qui sont, selon lui, autant de leviers au moins aussi importants. Le Premier ministre a ainsi rappelé qu’il se rendrait dès cette semaine à Singapour et aux Philippines accompagné par les représentants de plus de 20 entreprises françaises pour relancer le commerce extérieur.
Le Premier ministre défend ainsi la définition d'une trajectoire de compétitivité pour les prochaines années. Ecartant l'idée que "la trajectoire, c'est moins bien qu'un choc de compétitivité", il souhaite provoquer, avant tout, "un choc de confiance, un choc de mobilisation". En citant l'exemple allemand, il a rappelé que le changement ne s'est pas produit en huit jours mais "a mis plusieurs années avant de se faire". Il a assuré que la France allait gagner cette bataille, avant de conclure : "C’est un chemin. Il sera sans doute trop long pour ceux qui souffrent aujourd’hui du chômage et du découragement. C’est le chemin que nous devons emprunter, c’est le chemin du courage, c’est le chemin de la volonté, c’est le chemin de la détermination. Rien ne me fera détourner de cette exigence."
Un IRT associe sur un même site des entreprises, des laboratoires de recherche et des établissements de formation. Outil d’excellence, l'IRT a pour finalité première le développement industriel par le regroupement et le renforcement des capacités de recherches publiques et privées. Son objectif ? Favoriser, dans un souci de compétitivité, le développement de nouvelles technologies répondant aux besoins spécifiques de production des entreprises, qui lui sont associées.
L'IRT est par conséquent chargé de piloter des programmes de recherche couplés à des plates-formes technologiques, d'effectuer des travaux de R&D expérimental au meilleur niveau international et de veiller à la valorisation économique de ses travaux.
Il assure la visibilité internationale de thématiques d’excellence et se positionne sur de nouveaux marchés.
Pour sa part, l'IRT Jules Verne de Bouguenais associe des industriels tels que Airbus, STX, DCNS ou Alstom et des acteurs de la recherche publique et privée autour de problématiques liées aux technologies avancées de production de matériaux composites, métalliques et hybrides. Ces matériaux sont destinés à quatre secteurs clés : l'aéronautique, la construction navale, le transport terrestre et l'énergie.
