Le Premier ministre à Amman pour aider la Jordanie à relever le défi de son développement économique
Après la Syrie, François Fillon s’est rendu, samedi 20 et dimanche 21 février, à Amman (Royaume de Jordanie) afin d’engager "durablement [la France] aux côtés de la Jordanie pour l’aider à relever le défi de son développement économique".
La France a bâti depuis longtemps une relation d’excellence et de confiance avec Amman qu’expliquent des choix politiques et économiques qui font de la Jordanie un exemple de modération et de modernité au Proche-Orient. Ajoutons que les deux pays entretiennent une concertation régulière sur le conflit au Proche-Orient et les solutions à mettre en oeuvre.
Depuis son élection, Nicolas Sarkozy a rencontré Sa Majesté le Roi Abdallah II à plusieures reprises. La Jordanie a soutenu le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) et c’est un diplomate jordanien, l’ambassadeur Massadeh, qui a été nommé, en janvier dernier, au poste de secrétaire général de l’UPM. Le Premier ministre s’est d’ailleurs entretenu avec lui lors de son déplacement à Amman. La France soutient également la demande jordanienne d’un statut avancé dans sa relation avec l’Union européenne.
Sur le terrain économique, les relations entre la France et la Jordanie ont connu, depuis la fin des années 1990, un développement spectaculaire en raison de la participation de grands groupes aux privatisations lancées par le gouvernement jordanien. Si bien qu’aujourd’hui, la France s’impose comme le premier investisseur non arabe avec environ 1,3 milliard de dollars d’investissements directs.
Reçu par Sa Majesté le Roi Abdallah pour un entretien privé suivi d’un déjeuner, ainsi que par son homologue M. Samir Al Rifaï, le Premier ministre François Fillon a renouvelé la proposition de la France en faveur d’un "partenariat global et ambitieux, qu’il soit commercial, d'investissement, technologique" avec la Jordanie. Cette visite confirme que s’ouvre une nouvelle page des relations bilatérales. Rappelons que l’accord de coopération pour le développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire, signé à Amman en mai 2008, avait permis de développer la coopération institutionnelle dans ce secteur. Areva avait obtenu l’exclusivité de la prospection des champs uranifères dans le centre du pays pour trois ans. Ce dimanche 21 février 2010, deux accords importants ont été signés en présence des deux Premiers ministres :
- l’accord minier entre Areva et le gouvernement jordanien, étape majeure dans la mise en valeur du gisement d’uranium de la région "Central Jordan" ;
- un protocole d’accord entre les gouvernements français et jordanien en vue de la création d’un centre d’excellence pour la formation de chercheurs et d’ingénieurs dans les domaines de l’énergie et des grands projets.
Autre priorité, la question de l’eau. L’Agence française de développement (AFD) a ainsi financé 200 millions d’euros dans le projet Disi, destiné à l’alimentation en eau potable d’Amman. La France appuie également le projet de canal entre la mer Rouge et la mer Morte (“red-dead”) visant à approvisionner en eau douce les États riverains (Jordanie, Israël, Palestine) et à suspendre l’assèchement de la mer Morte.