"Je suis convaincu qu’en 2011, on va faire reculer le chômage grâce à une croissance forte et aux mesures que nous avons prises"
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En visite dans les locaux de Microsoft France jeudi 27 janvier, à Issy-les-Moulineaux, le Premier ministre François Fillon a rencontré de jeunes salariés embauchés en alternance par l'entreprise et a ensuite répondu aux questions des journalistes.
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Journaliste : Monsieur le Premier ministre, est-ce que vous avez bien conscience qu’une partie de la présidentielle se jouera notamment sur vos résultats en terme d’emploi, en l’occurrence ces chiffres de l’année passée qui ne sont pas pour vous un motif de satisfaction, j’imagine, voire de résignation, d’angoisse ?
Ce n’est pas la présidentielle qui se joue sur la question de l’emploi, c’est l’avenir de notre pays, c’est l’avenir de notre jeunesse. Voilà, c’est un sujet qui dépasse de très très loin la compétition politique. Nous avons eu une première phase, notamment en 2007, qui était une phase de diminution forte du chômage, qui était liée à une croissance économique importante. Nous avons eu une crise extrêmement grave qui a provoqué une augmentation du chômage dans le monde entier et en particulier en Europe, on est maintenant sur la reprise. Il y a des caractéristiques de l’économie française qui sont négatives en matière de créations d’emploi, on le sait bien, et notamment tout ce qui bloque l’arrivée des jeunes sur le marché de l’emploi. Donc on va se battre tout au long de l’année 2011, et je fais confiance à Xavier BERTRAND et à Nadine MORANO, à la fois pour être tenaces mais aussi pour avoir de l’imagination. Et je suis convaincu que si on n’a pas d’accident en terme de crise des dettes souveraines européennes - et on fait tout pour ne pas en avoir - l’année 2011 sera une année de reprise économique forte, telle qu’elle peut l’être en Europe, naturellement compte tenu des caractéristiques de l’Europe. Et je suis convaincu qu’en 2011, on va faire reculer le chômage grâce à une croissance économique forte et aux mesures que nous avons prises.
Journaliste : Monsieur le Premier ministre, un de vos interlocuteurs sur ce sujet c’est la CGT de Bernard THIBAULT. Ce matin on évoque son départ, comment est ce que vous voyez cela ?
Ecoutez, j’aimerais en parler avec Bernard THIBAULT. Bernard THIBAULT est un partenaire du Gouvernement, en tant que responsable d’un grand syndicat. J’ai eu l’occasion de travailler avec lui à plusieurs reprises, comme ministre des Affaires Sociales et comme Premier ministre. Voilà, je ne sais pas quelle est la réalité de cette information mais en tout cas j’ai du respect pour Bernard THIBAULT qui dirige une grande organisation syndicale.
Journaliste : Une dernière question. Ce matin, François BAYROU a attaqué assez vivement l’UMP sur le cercle des premiers donateurs, le Premier cercle des donateurs de l’UMP. Au moment où on parle justement de légiférer - vous avez été mandaté par le Président sur les conflits d’intérêts - est ce que vous ne trouvez pas que cet affichage à décomplexer l’UMP vis-à-vis de ces grands donateurs est un peu contradictoire avec votre engagement de légiférer sur le conflit d’intérêts ?
Je pense que s’agissant de François BAYROU, pour lequel j’ai par ailleurs aussi beaucoup de respect et d’amitié, c’est juste de la jalousie. C'est-à-dire que quand on fait de la politique, on cherche à utiliser naturellement l’ensemble des moyens légaux pour faire campagne et pour faire passer son message. Il y a des lois dans notre pays, ces lois permettent dans des limites qui sont précises et avec toute la transparence nécessaire d’aider les partis politiques, c’est normal que chaque parti politique cherche à attirer à lui le maximum de soutiens dans le respect de la légalité et de la transparence. Quand aux conflits d’intérêts, je vais avoir l’occasion dans les prochaines semaines de m’entretenir avec les parlementaires sur la préparation du projet de loi sur les conflits d’intérêts, vous savez que c’est une initiative du Gouvernement, c’est une initiative du Président de la République. Le rapport qui a été remis hier contient beaucoup de propositions, on va donc regarder avec les parlementaires quelles sont celles qu’on retient dans un projet de loi. Il y a beaucoup de choses, j’allais dire, qui vont presque de soi, sur les déclarations pour que la transparence soit totale, sur la mise en place d’une structure qui permette quand on est en situation de doute, parce que la caractéristique de ces conflits d’intérêts c’est que souvent ce n’est pas d’une clarté parfaite, c'est-à-dire on s’interroge et il faut avoir une référence, une organisation à laquelle on peut faire référence. Bon, il y a des propositions sur lesquelles j’ai plus de réserves. Il y en a une qui est assez curieuse qui consisterait à interdire à un membre du Gouvernement d’être responsable d’un parti politique. C’est juste le contraire de la démocratie. Je veux rappeler que dans toutes les grandes démocraties modernes qui sont des démocraties parlementaires, les ministres sont d’abord des responsables de partis, en général le Premier ministre est même le président de son parti. C’est donc une proposition qui m’étonne un peu et qui a une sorte de connotation technocratique qui vous fait comprendre que je n’ai pas l’intention de la retenir. Voilà, je vous remercie beaucoup.