François Fillon réaffirme la ligne du Gouvernement en matière de sécurité
Le Premier ministre s’est rendu le 23 octobre à Domont (Val d’Oise) pour l’inauguration de la caserne de gendarmerie. Après avoir visité les nouveaux locaux et dévoilé la plaque, François Fillon a prononcé un discours dans lequel il est revenu sur la politique de sécurité du Gouvernement.
Le Gouvernement a souhaité le rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur, tout en préservant son statut militaire, confirmé par le vote de la loi du 3 aout 2009. Cette réforme permettra de rapprocher la police et la gendarmerie afin d'optimiser nos outils de lutte contre la délinquance.
Rappelant la baisse constante des chiffres de la délinquance durant les six dernières années, le Premier ministre a félicité les forces de gendarmerie mais leur a également indiqué que "notre combat contre la délinquance est un combat de longue haleine. C'est un combat quotidien. C'est un combat qui ne sera jamais fini".
Revenant sur le récent renvoi de trois Afghans en situation irrégulière, François Fillon a rappelé que "l'Etat n'a pas à s'excuser, l'Etat n'a pas à se culpabiliser parce qu'il fait respecter la loi". Dans ce cas précis, les clandestins ont été renvoyés après "que toutes les solutions alternatives" ont été étudiées. S'il est "un Gouvernement qui ne laisse pas tomber le peuple afghan, c'est bien le nôtre", a ajouté le Premier ministre.
Concernant la création de deux nouvelles bases de données pour la sécurité, François Fillon a indiqué qu'il était nécessaire de "donner aux forces de sécurité des bases de données performantes", et que celles-ci "répondent à cette nécessité de bon sens, dans le strict respect des libertés publiques".
Le Premier ministre est revenu sur les moyens mis en oeuvre pour lutter contre les nouvelles formes de délinquance qui se développent en France :
- les bandes : avec la mise en place depuis le 1er octobre des "groupes cités" au sein des sûretés départementales, et le vote à l'Assemblée nationale de la loi contre les bandes en juin dernier qui sera à l'ordre du jour du Sénat en novembre ;
- les trafics de stupéfiants et l'économie souterraine : avec l'efficacité démontrée des Groupes d'intervention régionaux (GIR), au sein desquels les agents des services fiscaux seront plus nombreux ;
- les violences en milieu scolaire : avec la mise en place d'une politique de sanctuarisation des établissements scolaires ;
- les cambriolages : avec la création de cellules "anti-cambriolage" spécialisées et l'extension de l'opération "tranquillité vacances" à toutes les vacances scolaires, ainsi que la systématisation de l'intervention de la police technique et scientifique dans les cas de cambriolage ;
- les escroqueries : avec le lancement de deux plateformes ayant pour objectifs l'information des victimes, l'analyse et le recoupement d'informations afin d'interpeller les délinquants ;
- les mineurs délinquants : avec la refonte de l'ordonnance de 1945 sur laquelle travaille actuellement Michèle Alliot-Marie ;
- la récidive : avec l'instauration des peines planchers.
Le Premier ministre est ensuite revenu sur les grandes orientations arrêtées lors du Comité interministériel de prévention de la délinquance qui s'était tenu le 2 octobre dernier : tout d'abord, le rôle affirmé des maires dans la coordination et l'animation de la prévention de la délinquance, mais aussi le développement de la vidéo-protection. François Fillon a annoncé le triplement du nombre de caméras et l'augmentation des moyens financiers "pour aider les communes à s'équiper de systèmes de vidéo-protection".
Il a souhaité une évaluation systématique des politiques locales de prévention, pour "dépenser l'argent à bon escient" et diffuser les bonnes pratiques.
En conclusion de son intervention, le Premier ministre a tenu à témoigner son estime à la gendarmerie nationale et à rendre hommage "à des hommes et à des femmes dont le métier est empreint d'honneur mais aussi de gravité". Il a dédié une pensée particulière à l'adjudant Philippe Dauschy, mort la semaine dernière en interceptant la voiture d'un chauffard dans l'Yonne, ainsi qu'à tous les autres gendarmes tombés, victimes du devoir.







