François Fillon plaide en faveur d'"un islam de juste milieu" respectant les lois et les principes de la République
Le Premier ministre s’est déplacé, le 28 juin, à Argenteuil pour participer à l’inauguration de la mosquée et du centre culturel Al Ishan. Rappelant que le pacte républicain est fondé sur "une laïcité ouverte à tous les cultes", François Fillon a condamné les actes d’agressions envers la communauté musulmane et a insisté, au nom de la cohésion sociale, sur la nécessité de lutter contre toute forme d’intégrisme, qui ne saurait avoir sa place dans la République française.
La mosquée d’Argenteuil est la première mosquée inaugurée par un Premier ministre. Par cet acte symbolique et solennel, François Fillon a tenu à témoigner "la considération, le respect et l’amitié de la République envers l’ensemble des musulmans de France."
Saluant les efforts de la communauté musulmane d’Argenteuil pour la réalisation de l’édifice, le Premier ministre a rendu hommage à cette "inscription sereine de l’islam dans le paysage national." Et d’ajouter : "j’ai toujours préféré les mosquées ouvertes aux salles de prières fermées et exiguës, peu dignes d’une pratique religieuse" précisant que "le nombre de lieux de culte est passé d’une centaine en 1970 à environ 2 000."
"L’islam de France a su offrir aux pouvoirs publics un interlocuteur représentatif et les conditions d’un dialogue constructif", a-t-il déclaré, insistant sur le travail du Conseil français du culte musulman et soulignant que le "devoir de chaque responsable musulman [est] d’œuvrer au maintien de son unité."
Dans le même temps, il a rappelé que "les personnes de confession musulmane et leurs lieux de culte sont encore trop souvent l'objet de discriminations et la cible d'agressions que nous ne pouvons tolérer. Oui, il y a en France des actes anti-musulmans", a-t-il enchaîné, promettant "la fermeté [des pouvoirs publics] à l’encontre des auteurs." C’est d’ailleurs l’objectif poursuivi par la signature de la convention-cadre entre le ministère de l’Intérieur et le Conseil français du culte musulman qui vise à mettre en place un suivi opérationnel des actes hostiles aux musulmans de France.
Parallèlement, François Fillon a estimé que "l'ennemi de la cohésion nationale" était "le repli clanique et le communautarisme", dont l'une des formes les plus dangereuses était "l'intégrisme religieux."
Après avoir souligné que l’intégrisme n’est pas une particularité de l’islam mais qu’il frappe aussi cette religion, François Fillon s’est exprimé clairement sur le voile intégral considérant que cette "pratique minoritaire bafoue les règles fondamentales du vivre ensemble". "En renvoyant une image sombre et sectaire, les personnes qui dissimulent leur visage au prétexte de leur foi sont, consciemment ou non, les opposantes à l'islam de France que vous avez contribué à construire", a-t-il poursuivi, appelant les musulmans à se dresser au premier plan contre "ce détournement du message religieux." L’enjeu étant de "faire gagner l’intelligence contre l’obscurantisme, la tolérance face à l’intransigeance". Et de conclure, "j’ai confiance en vous, et suis convaincu que l’osmose réussie entre laïcité et islam peut être une source d’inspiration pour d’autres musulmans dans le monde."
Le Premier ministre a précisé que le projet de loi sur le voile intégral sera discuté le 6 juillet au Parlement. Parallèlement, sera créé "un délit immédiatement applicable, à l'encontre des personnes qui pratiquent la dissimulation forcée du visage". En revanche, François Fillon a insisté sur la période de six mois de pédagogie et de communication qui accompagnera l'interdiction de la dissimulation du visage. Elle doit permettre, en particulier grâce à l’accompagnement des responsables de la communauté musulmane, de "donner sa chance à l'explication et au dialogue".