François Fillon : "la sécurité est un droit fondamental pour les Français"
Le Premier ministre, venu inaugurer le nouveau commissariat d’Ermont (Val d'Oise), le 21 mai 2010, a dressé le bilan de la politique du Gouvernement pour la sécurité. Face à une violence qui prend sans cesse de nouvelles formes, il a plaidé pour une adaptation constante des moyens et de l'organisation des forces de sécurité, auxquelles il a rendu hommage. Depuis 2007, la volonté du Gouvernement est d'apporter une réponse ciblée à chaque type d'insécurité.
Après le décès d'une jeune policière municipale hier soir à Villiers-sur-Marne, le Premier ministre a rendu hommage à la victime. Au nom du Gouvernement, il a assuré l'ensemble des forces de sécurité du pays de "la reconnaissance de la nation pour le courage et le sens du devoir avec lesquels elles assurent la protection des Français".
"La sécurité des Français est un bien précieux que nous devons défendre", a-t-il souligné. "Depuis trois ans, nous avons prolongé sans relâche l’action engagée en 2002 par Nicolas Sarkozy. Notre exigence est restée la même : aucune population ne devait être oubliée, aucun territoire négligé", a poursuivi François Fillon. Depuis 2007, la délinquance a continué à baisser, de 5,8 %, et les atteintes aux biens de 10 %.
En 2009, des actions décisives pour l'organisation des forces de sécurité
La priorité a d'abord été donnée à l'organisation des forces de sécurité. L’année 2009 a été marquée par trois avancées :
- rattachement de la gendarmerie au ministère de l’intérieur pour plus d'efficacité ;
- création d’une première police d’agglomération en Ile-de-France, dont le principe sera prochainement étendu aux agglomérations de Lille, Lyon et Marseille ;
- renforcement des moyens de la police technique et scientifique afin qu’elle vienne apporter un appui systématique à l’action des enquêteurs.
Enfin, l'adoption de la Loppsi va permettre de "doter policiers et gendarmes de moyens nouveaux". Ainsi, en 2010, 500 véhicules seront équipés du système de lecteur automatisé des plaques d’immatriculation (Lapi), qui permet d’identifier les véhicules volés en temps réel pour davantage de réactivité. Les caméras embarquées à bord des véhicules de police vont être généralisées.
Une réponse ciblée à chaque type d'insécurité
"Pour améliorer encore nos résultats, nous allons doter nos forces de sécurité de nouveaux outils opérationnels", a expliqué François Fillon. Objectif : apporter une réponse ciblée à chaque type d'insécurité.
Plusieurs axes sont privilégiés :
- la lutte contre toutes les formes de violences aux personnes et les phénomènes de bandes, grâce à la loi sur les bandes violentes et à la création, le 1er octobre dernier, de cellules spécialisées contre les violences urbaines, à Paris et dans 34 départements. Pour mieux cibler les violences aux personnes au sein de la famille, le Gouvernement a créé les brigades de protection des familles et va mettre en place un "plan tranquillité seniors" ;
- l’amélioration de la sécurité des personnes dans les transports avec notamment le renforcement de la vidéoprotection. Les caméras de protection passeront de 20 000 à 60 000 d'ici à 2011 ;
- la lutte contre les cambriolages grâce aux 96 cellules anti-cambriolages créées dans les départements et à l'implication de plus en plus systématique de la police technique et scientifique. "Un travail approfondi sur les filières de recel est d’ores et déjà engagé", a précisé François Fillon ;
- la lutte contre les escroqueries et les infractions économiques et financières, notamment celles commises sur internet ;
- la lutte contre le trafic de stupéfiants et l’économie souterraine. Un plan national de lutte contre la drogue a été lancé par Brice Hortefeux en décembre dernier, et les saisies records se multiplient depuis début 2010.
Parallèlement, la coopération de la police avec le fisc et les douanes a été accentuée, pour mieux lutter contre le blanchiment d'argent. L’activité des Groupements d’intervention régionale (GIR) a été recentrée sur les stupéfiants, et ils y ont consacré près de la moitié de leur activité depuis début 2010. Depuis le 1er décembre dernier, 50 agents du fisc, répartis sur les 43 sites les plus sensibles, sont désormais associés aux sûretés départementales pour traquer les délinquants, a rappelé François Fillon. "Notre objectif, c’est de frapper les trafiquants au portefeuille."



