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François Fillon : La Poste, "un grand service public stratégique"

06 Octobre 2009 | Durée: 3'03 |

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En réponse à une question de François Brottes (député socialiste de la Drôme), lors de la séance de questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale, mardi 6 octobre, le Premier ministre a défendu le projet de loi sur le changement de statut de La Poste : "Privatiser, c'est vendre une partie du bien public. Ce que le Gouvernement propose, c'est d'apporter 2,7 milliards d'euros de fonds publics à La Poste pour qu'elle puisse se moderniser et faire face aux changements qui sont ceux de notre économie".

Affirmant que "si l'on ne fait rien (...), ce seront des entreprises étrangères et par exemple la poste allemande qui viendront sur le territoire français pour distribuer des colis que les Français commanderont par l'intermédiaire d'internet (...). Nous ne voulons pas de ça. Nous voulons que La Poste soit un grand service public stratégique", François Fillon a expliqué que "maintenant la parole va être aux représentants du peuple, puisque au début du mois de novembre, le Sénat examinera le projet de loi du Gouvernement et au mois de décembre ce sera à l'Assemblée nationale de décider".

Informations complémentaires:

Lire l'intervention du Premier ministre

Transcript

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député Brottes,

Qui parle de privatisation ? La gauche. Et pourquoi la gauche parle-t-elle de privatisation ? Parce qu'elle a une grande expérience en la matière. Il faut en effet que les Français se souviennent que c'est la gauche, en 1997, qui a ouvert le capital de France Télécom. Une première fois à hauteur de 21 % et un an plus tard, une deuxième fois à hauteur de 13 %. C'est la gauche qui a ouvert le capital de Thomson, du GAN, de CIC, de la CNP, d'Euramet, d'Air France, du Crédit Lyonnais, de l'Aérospatiale et, pour finir, des Autoroutes du Sud de la France. Alors, vous avez beaucoup à vous faire pardonner. Mais ce n'est pas une raison pour travestir la vérité et pour refuser d'accompagner un grand service public dans sa modernisation.

Privatiser c'est vendre une partie du bien public. Ce que le Gouvernement propose au Parlement, avec le changement de statut, c'est d'apporter 2,7 milliards d'euros de fonds publics à La Poste pour qu'elle puisse se moderniser et faire face aux changements qui sont ceux de notre économie.

Tout le monde sait bien que l'activité de courrier est en diminution et qu'elle ne va cesser de décroître parce qu'elle est remplacée par le courrier électronique. Et en même temps, tout le monde sait bien que le développement de l'Internet va provoquer une croissance exponentielle de la messagerie, de l'activité de messagerie. Eh bien, si on ne fait rien pour La Poste, ce que vous proposez, La Poste va voir son cœur de métier disparaître, et ce seront des entreprises étrangères, et par exemple la poste allemande, qui viendront sur le territoire français pour distribuer les colis que les Français commanderont par l'intermédiaire d'Internet. Eh bien nous ne voulons pas de cela. Nous voulons que La Poste soit un grand service public stratégique, qu'elle soit sur l'ensemble du territoire. Et, pour cela, La Poste a besoin de fonds publics pour investir dans une nouvelle chaîne de logistique, pour investir dans des TGV, pour investir dans des avions, pour investir dans de nouveaux centres de tri et pour être présente sur l'ensemble du territoire national.

Le débat a eu lieu à l'intérieur de l'entreprise. La commission à laquelle vous avez participé, Monsieur Brottes, et qui était présidée par Monsieur Ailleret, a démontré qu'il était nécessaire de changer le statut de La Poste, et de la faire évoluer, et de lui donner les moyens d'investir. Eh bien, maintenant, la parole va être aux représentants du peuple, puisqu’au début du mois de novembre, le Sénat examinera le projet de loi du Gouvernement et, au mois de décembre, ce sera à l'Assemblée nationale de décider.