François Fillon : "L’intérêt du Japon n’est pas de se détourner de l’Euro"
Présentant l'Europe comme « un formidable vecteur de croissance pour toute l'économie mondiale », le Premier ministre a rappelé qu'elle était le plus grand marché développé du monde avec plus de 500 millions de consommateurs et 30 % du PIB mondial.
Accompagné de Christine Lagarde, Jean-Pierre Jouyet et de Jean-Pierre Landau, le Premier ministre a exposé la nature et les principes du projet européen. Il a rappelé que l'Union européenne est par essence un espace de débats et de compromis qui vise "à trouver des solutions qui soient au bénéfice de tous". Depuis soixante ans, "l'Europe n'a jamais cessé d'avancer et ses réussites surpassent de loin ses difficultés", a-t-il déclaré.
S'exprimant sur la crise grecque, le Premier ministre a défendu l'adoption en quelques semaines par les Etats membres d'un plan massif d'aide de 100 milliards d'euros et d'un plan de garantie financière de la zone euro de 750 millions d'euros. Face à cette crise sans précédent, l'Europe s'est montrée unie pour secourir l'un de ses membres. "La crise grecque a suscité un certain malaise sur l'avenir de l'euro. Mais cette crise n'a pas été provoquée par la faiblesse du système de la monnaie unique. Cette crise est liée à des finances publiques mal gérées", a précisé le Premier ministre.
Réduire le déficit public de la France à 6% du PIB en 2011
François Fillon a rappelé que la situation de la France était totalement différente de celle de la Grèce. Dans une perspective de réduction du déficit public, le Gouvernement a engagé un plan d'action destiné à ramener le déficit à 6 % du PIB en 2011 et à 3 % du PIB d'ici à 2013.
Des relations franco-allemandes renforcées
Le Premier ministre a rassuré ses interlocuteurs sur l'entente du couple franco-allemand dont les positions n'ont jamais été aussi proches. Elle s'illustre notamment par la volonté commune de renforcer le pacte de stabilité de la zone euro. Issue d'une longue tradition, elle s'est également traduite par le projet de création d'un gouvernement économique européen. L'enjeu ? Mettre en place une instance en charge, notamment, de statuer à la fois sur des choix d'investissement d'avenir et de réduction des déficits publics. Autre exemple de l'entente franco-allemande : la participation, dès la semaine prochaine, du ministre de l'Economie et des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, au Conseil des ministres français.
Le Japon, premier investisseur asiatique en France
Avec plus de 400 entreprises japonaises implantées sur son territoire, la France est le deuxième pays européen pour l'accueil des investissements japonais. Pour sa part, la France représente 8 % des investissements entrants au Japon, devant l'Allemagne et le Royaume-Uni.
Le Premier ministre souhaite nouer de nouveaux partenariats notamment dans le domaine du nucléaire, de l'énergie ou encore de l'environnement. L'enjeu est aussi de mettre en commun les atouts majeurs des deux pays sur le photovoltaïque, l'industrie automobile, les batteries et la gestion des réseaux intelligents.
Concernant la future présidence française du G20, François Fillon a affirmé que la réflexion sur le système monétaire international, engagée par la Corée sera poursuivie. Enfin, le Premier ministre a précisé que "la France partage avec le Japon le souci d'éviter une trop forte volatilité des changes, défavorable au secteur productif et aux décisions d'investissements".
En conclusion, François Fillon a précisé que les entrepreneurs et les investisseurs japonais ont depuis longtemps compris les bénéfices que pouvaient leur apporter le marché unique et l'euro. Aujourd'hui l'investisseur n'est plus obligé de composer avec une Europe divisée en 27 marchés séparés, avec des monnaies différentes, des normes et des protections douanières nationales. Et d'ajouter : "notre continent a les moyens de tenir son rang dans la mondialisation."
François Fillon, premier chef de gouvernement occidental à rencontrer Naoto Kan
Ce séjour est le second pour le Premier ministre français qui s’était rendu au Japon en avril 2008 à l'occasion du 150e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Il est le premier chef d'un gouvernement occidental à rencontrer son homologue japonais de centre-gauche, Naoto Kan, récemment nommé.
A l’issue de son séjour japonais, François Fillon se rendra ensuite en Nouvelle-Calédonie, pour une visite officielle de trois jours.